Le projet BioShock est difficile à faire. Entre un protagoniste muet difficile à incarner, un univers « complètement déjanté » et le chaos politique qui secoue actuellement les hautes sphères du géant du streaming Netflix, le réalisateur Francis Lawrence brise le silence et avoue que le projet est loin d’être tiré d’affaire.
En pleine promotion de son prochain blockbuster Hunger Games: Sunrise on the Reaping (attendu en salles le mois prochain), le cinéaste Francis Lawrence (Je suis une légende, Catching Fire) a accordé un entretien exclusif au média The Direct ce 26 octobre. Alors que le producteur Roy Lee laissait entendre l’an dernier que BioShock serait le tout premier chantier du réalisateur une fois sa parenthèse à Panem refermée, la réalité du terrain se révèle bien plus sinueuse.


La malédiction du héros muet pour BioShock
Adapter un jeu vidéo d’une telle envergure ne relève pas du simple copier-coller. Dans le titre culte publié par 2K en 2007, le joueur incarne Jack, un protagoniste quasi mutique qui sert avant tout d’avatar immersif pour découvrir les horreurs de Rapture. Un parti pris brillant pour une manette en main, mais un véritable poison pour un scénariste de cinéma.
« C’est difficile sur plusieurs fronts », concède Francis Lawrence. Il ajoute : « On bosse toujours dessus, mais c’est un os très dur à ronger. C’est un monde et une histoire complexes, d’autant plus que vous ÊTES le personnage quand vous jouez. Créer ce protagoniste de toutes pièces dans cet univers, qui est franchement déjanté de la plus belle des manières, c’est extrêmement délicat. Mais on s’en rapproche. »
Pour contourner le piège d’un héros coquille vide, l’équipe d’écriture codirigée par Michael Green (Logan) envisagerait de réinventer de fond en comble le personnage principal, voire d’explorer la chute de la cité utopique d’Andrew Ryan avant l’arrivée de Jack. Une prise de risque créative indispensable pour éviter le bide visuel.

Le naufrage managérial chez Netflix
Si le scénario piétine, le véritable obstacle du film BioShock se situe à Hollywood, dans les bureaux de Netflix. La plateforme au N rouge traverse une tempête institutionnelle sans précédent : le départ de la directrice des contenus Bela Bajaria (remplacée par l’ancien exécutif de Fox/Disney Peter Rice) et le limogeage du patron de la division cinéma Dan Lin ont jeté un froid polaire sur les projets à gros budget en développement.
Interrogé sur l’impact de ce séisme interne sur le budget et le feu vert de BioShock, Francis Lawrence ne masque pas son agacement face aux lourdeurs du studio :« Il y a aussi toute la composante ‘Netflix’, parce qu’ils viennent de subir des changements de direction et tout ce genre de conneries avec lesquelles je n’aime vraiment pas avoir à composer. On verra bien. J’espère qu’on trouvera une solution, car j’aimerais plus que tout au monde pouvoir faire ce film. »
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