Située dans un monde fictif inspiré de la culture asiatique, Avatar, le dernier maître de l’air est l’adaptation en live-action de l’anime culte éponyme créé par Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko et diffusé sur la chaîne Nickelodeon entre 2005 et 2008. On y suit les aventures de Aang (Gordon Cormier), successeur d’une longue lignée d’Avatars, les maîtres des Quatre éléments, et de ses amis Sokka (Ian Ousley) et Katara (Kiawentiio), dans leur quête pour sauver le monde de l’impitoyable Nation du Feu, et restaurer l’équilibre des éléments.
Si la première saison d’Avatar, le dernier maître de l’air, était consacrée au peuple de l’eau et à la maîtrise de cet élément par Aang, pour la deuxième saison les nouveaux showrunners, Christine Boylan et Jabbar Raisani (qui remplacent Albert Kim) adaptent en sept épisodes les arcs narratifs majeurs du Livre deux : La Terre de l’anime. Accompagné de son cercle d’alliés, le jeune Avatar poursuit sa formation, tout en venant en aide aux victimes de la guerre destructrice menée par la Nation du Feu.

Un casting choral bien géré
Les fans de la série Netflix risquent d’avoir un petit choc : Aang, toujours incarné par Gordon Cormier, a bien grandi depuis ses premières aventures ! Il faut dire que plusieurs années se sont écoulées depuis le tournage de la saison 1. L’enfant est devenu un adolescent impatient de maîtriser les quatre éléments, et en particulier la Terre cette saison. Mais Aang, et ses amis Sokka et Katara, vont aussi devoir user de toutes leurs ressources pour échapper à la Nation du Feu, qui a décidé de s’en prendre au peuple de la Terre et à la ville fortifiée de Ba Sing Se.
La première saison d’Avatar, le dernier maître de l’air, aux retours critiques contrastés, avait fort à faire pour poser les bases d’un univers complexe (imaginez un héros qui part hibernation pendant 100 ans !) aux protagonistes nombreux. Débarrassée des besoins de l’exposition, cette deuxième livraison s’avère encore plus fluide et plaisante à suivre.
On ne boude pas notre plaisir de retrouver une bonne partie des personnages de la saison 1 : Aang et sa garde rapprochée, mais aussi le fidèle Appa, Suki (Maria Zhang), la leadeuse badass des guerrières Kyoshi, ainsi qu’une poignée d’antagonistes avec en tête la charismatique princesse Azula (Elizabeth Yu) et son frère torturé, le prince Zuko (Dallas Liu).

Les nouveaux venus de cette saison 2 s’insèrent organiquement dans ce monde : l’impertinente Toph Beifong (Miya Cech), la nouvelle mentor d’Aang et sa famille bourgeoise dont elle tente de s’émanciper, mais aussi Jet (Sebastian Amoruso), un mercenaire et ancien résistant traumatisé par les exactions de la Nation du Feu, ou encore divers protagonistes évoluant à Ba Sing Se, comme le ministre de la culture Long Feng (Chin Han) avec lequel Aang noue une relation amicale.
Une saison 2 enlevée
On n’a pas le temps de s’ennuyer devant cette deuxième saison, amputée d’un épisode par Netflix lors de son développement. Malgré cette contrainte, les scénaristes parviennent à jongler avec brio entre les divers enjeux d’une mythologie très dense – la guerre de la Nation du Feu, l’événement de la comète de Sozin qui se rapproche, les pouvoirs de l’Avatar – sans pour autant oublier sa ligne émotionnelle.

Clé d’une série chorale réussie : Avatar, le dernier maître de l’air donne de la substance à ses personnages secondaires ou tertiaires. Elle n’hésite pas non plus à humaniser ses méchants et à « salir » ses gentils pour leur conférer à tous davantage d’ambiguïté morale. Comme dans toute bonne histoire sur le combat entre le Bien et le Mal, ce sont les zones grises et les moments de doute qui donnent toute leur saveur à ce type de récit.
Les scénaristes maîtrisent parfaitement le ton de leur série, autant dans ses moments d’action épique que dans ses séquences plus posées, où se déploie une nouvelle fois toute la richesse de la culture asiatique, notamment quand nos héros pose le pied dans la ville de Ba Sing Se, aux décors traditionnels somptueux. Mention spéciale à une séquence à la fois drôle et émouvante durant laquelle Toph et Sokka règlent leur différend à coup de haïkus !

L’amitié et la loyauté sont au cœur d’une saison durant laquelle chacun se demande quel genre de personne il ou elle veut devenir. Et la réponse n’est pas si évidente ! Poursuivant sa quête initiatique, Aang a bien du mal à contrôler ses émotions, accusant injustement ses amis quand leur plan échoue. A l’image d’autres grandes quêtes mythologiques, du Seigneur des anneaux à Harry Potter en passant par Star Wars ou Buffy, la série met en avant les bienfaits du collectif et de la solidarité, derniers remparts contre l’adversité.
Les gros sabots mythologiques
Cette deuxième saison nous régale en scènes d’action spectaculaires. Côté effets spéciaux, si on n’atteint pas le niveau d’un House of the dragon quand les grosses bébêtes viennent pointer leurs museaux (un serpent des mer, une chouette géante mal lunée), les séquences restent divertissantes pour un public familial. La série se rattrape du côté des décors et des costumes raffinés, à la hauteur du folklore asiatique.

Tout n’est pas réussi à 100% dans cette saison : certains personnages voient leur destin mis en suspens sans plus d’explications (probablement par manque d’épisodes) quand d’autres connaissent des changements drastiques en très peu de temps. On sent parfois, après une scène chargée en émotion et très réussie, qu’il faut maintenant faire avancer l’intrigue au galop dans la séquence suivante.
Les fans de l’anime ne valideront probablement pas tous les choix des showrunners et se lamenteront de l’absence de certaines scènes puissantes dans la série d’animation. Mais on ne peut pas adapter sans trahir un petit peu la matière originale. La subtilité, présente en particulier dans la trajectoire de rédemption compliquée de Zuko avec son oncle Iroh (Paul Sun-Hyung Lee), prend parfois la tangente sans crier gare. Si elle couvait, l’engueulade générale de Aang avec son clan rapproché en fin de saison sonne aussi artificielle.

En dépit de quelques bémols, cette deuxième saison s’avère globalement un cours magistral sur comment gérer une mythologie ultra-dense sans perdre ses personnages de vue. Maîtrisée de bout en bout, la saison 2 d’Avatar, le dernier maître de l’air devrait à la fois contenter les fans de l’anime original et rassembler un public plus large.
Une troisième saison, déjà commandée par Netflix et teasée par Gordon Cormier comme un «sommet absolu de Netflix, de la télévision et du cinéma », viendra clore les aventures d’Aang et sa bande. En attendant, on vous laisse cogiter sur cette maxime du sage oncle Iroh, un des MVP de la saison : « Une bonne tasse de thé au bon moment peut sauver une vie ».
Le verdict

Avatar, le dernier maître de l’air (2024)
Voir la ficheOn a aimé
- Appa, Azula et Suki ❤️
- Iroh et son thé au jasmin ❤️
- Tout le casting
- Les costumes et décors
- La bataille finale, parfaite
On a moins aimé
- Certains effets spéciaux moches
- La direction d’acteurs, pas toujours justes
- Aang manque de légèreté
- Stop aux ralentis
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