Le vent tourne vite à Hollywood. Le relancement du DC Universe (DCU) affichait jusqu’ici une confiance insolente. Mais alors que la machine promotionnelle de Supergirl passe à la vitesse supérieure ce jeudi 4 juin 2026, l’ambiance n’est plus tout à fait la même. Adapté du célèbre comic book Supergirl: Woman of Tomorrow, le long-métrage réalisé par Craig Gillespie et porté par Milly Alcock devait enfoncer le clou après le succès de Superman.
Pourtant, le dernier trailer a douché l’enthousiasme général. Sur les forums et les réseaux sociaux, les critiques fusent : la bande-annonce semble totalement déconnectée de l’âme de la bande dessinée d’origine. À tel point qu’une question commence à saturer l’espace : le DCU s’apprête-t-il à connaître son premier sérieux revers ?
Un visuel numérique terne et monochrome qui indigne les fans de Supergirl
Le premier point de friction, et sans doute le plus visible, concerne la direction artistique. Le comic book Woman of Tomorrow est universellement salué comme l’une des œuvres les plus colorées, lumineuses et picturales de l’histoire moderne de DC. Or, les images cinématiques présentées à l’écran affichent un rendu radicalement opposé.
« Pourquoi tant de films avec beaucoup d’effets spéciaux numériques optent-ils pour cet aspect marronnasse et sans vie ? Basé sur l’un des plus beaux comics jamais réalisés, et ça a l’air complètement délavé », se désole un internaute, résumant le sentiment général.
Le long-métrage souffre d’un syndrome bien connu des blockbusters contemporains, une saturation de fonds verts où les teintes grises et marron prédominent, privant l’univers de tout relief et de toute texture physique. Pour beaucoup, ce « micmac numérique » empêche de ressentir la moindre sensation de vertige ou de danger. L’absence de contrastes réels donne au film un aspect artificiel, presque plus proche d’un film d’animation technique que d’un grand space-opera. On est bien loin de la palette vibrante et solaire que James Gunn avait imposée sur Superman.

Le cœur émotionnel sacrifié sur l’autel des clichés d’Hollywood
Au-delà de la forme de Supergirl, le fond de la promotion interpelle. Le matériel d’origine est fondamentalement un western spatial calqué sur la structure de True Grit (le western de 1969 et le remake de 2010), où Supergirl joue les mentors endurcis auprès d’une jeune extraterrestre nommée Ruthye, en quête de vengeance. C’est un drame intime, centré sur le deuil et la psychologie des personnages.
Malheureusement, la bande-annonce choisit d’ignorer cette dynamique pour réciter poliment les pires tics marketing d’Hollywood :
- La recette sonore épuisée : une chanson pop des années 80 ralentie au piano, plaquée sur des percussions tribales assourdissantes.
- Des répliques prémâchées : des répliques jugées ringardes et insipides, qui désamorcent la gravité de l’enjeu.
- Un méchant de seconde zone : un antagoniste qui apparaît particulièrement fade et générique à l’écran, alors que sa menace réside normalement dans sa ruse psychologique.
En essayant de plaire à tout le monde avec un formatage abrutissant, le studio donne l’impression de proposer un film de super-héros lambda, vidant l’œuvre de sa singularité.
Un grand public indifférent face à un été 2026 ultra-compétitif
Le véritable danger pour Warner Bros. est ailleurs : l’engouement n’est tout simplement pas au rendez-vous. Si le public avait vibré lors de la brève apparition de Milly Alcock dans Superman, la hype grand public semble s’être évaporée. Supergirl reste un personnage moins identifié, et le film passe après une succession de monstres sacrés au box-office.
L’année 2026 s’annonce comme une année folle pour le cinéma. Le premier trimestre a été outrageusement écrasé par Project Hail Mary, tandis que l’horreur indépendante avec Obsession et Backrooms monopolise toutes les conversations. Avec les mastodontes Odyssey et le prochain Spider-Man qui pointent le bout de leur nez, la place est chère, très chère.
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