Après trois saisons couronnées de succès sur petit écran, Jon Favreau relève le pari de transposer les aventures du chasseur de primes Din Djarin et de son jeune apprenti sur grand écran avec The Mandalorian et Grogu. Né du recyclage des scénarios initialement prévus pour la saison 4 de la série, le film nous entraîne dans une mission de sauvetage intergalactique aux côtés de la Nouvelle République. Doté d’un budget confortable de 165 millions de dollars, le projet promettait du grand spectacle. Si le divertissement remplit son cahier des charges, l’expérience laisse un arrière-goût d’inachevé.
Points forts
- Des combats ultra-brutaux
- Une ambiance sonore au top (combats etc)
- Le spectacle visuel
Points faibles
- Le traitement de Sigourney Weaver
- L’effet « Compilation de série »
- Une intrigue qui stagne
Un divertissement efficace mais sans prise de risque pour le nouveau Star Wars
Visuellement, la transition vers le cinéma est particulièrement soignée et l’action franchit un cap évident. Jon Favreau et son directeur de la photographie profitent pleinement des grands espaces et des scènes d’action, dont près de 50 minutes ont été filmées au format IMAX, pour offrir de purs moments de bravoure. La grande surprise vient de la brutalité et de la précision des combats, qui affichent une inspiration évidente de la saga John Wick. Oubliez les affrontements parfois un peu statiques du petit écran : ici, le Mandalorien enchaîne les éliminations avec une fluidité et une classe folles, alternant les tirs de blasters à bout portant, les clés de bras et l’usage de ses gadgets avec une maestria mémorable. Les chorégraphies, d’une inventivité constante, ont un sacré style et exploitent à merveille la verticalité de l’armure beskar. On retrouve bien le côté badass du mandalo. On pense à la scène d’introduction qui est assez spectaculaire.
Cette maîtrise rythmique se retrouve aussi dans la variété des décors traversés, mention spéciale à la planète des jumeaux Hutt. Les effets spéciaux se révèlent d’une solidité à toute épreuve, qu’il s’agisse des combats spatiaux à grande échelle ou des textures des animatroniques. De plus, l’introduction de Rotta le Hutt (doublé par Jeremy Allen White) apporte un vent de fraîcheur bienvenu. Loin d’être une simple limace passive comme son père Jabba, cette version de Rotta participe activement aux scènes de gladiateurs et s’impose comme une vraie menace physique. Ces nouveautés, combinées à un bestiaire de créatures iconiques toujours aussi riche, apportent le quota nécessaire de grand spectacle pour maintenir l’intérêt du public du début à la fin. On aime bien le clin d’œil au Dejarik (le jeu de plateau sur lequel joue Chewbacca dans le Faucon Millenium) lors de la scène dans l’arène.

Du fan service à foison
Revers de la médaille ? À force de vouloir brosser le fan dans le sens du poil, le long-métrage se transforme par moments en un catalogue de visages familiers. Entre le retour du pilote Trapper Wolf (joué par Dave Filoni lui-même), les apparitions express du chasseur de primes Embo et les clins d’œil appuyés aux Anzellans, le film frôle l’indigestion de caméos. Cette profusion de clins d’œil se fait malheureusement au détriment du développement de la nouvelle venue, la colonelle Ward, incarnée par Sigourney Weaver. Pourtant prometteur, son personnage est relégué au second plan par une intrigue qui préfère enchaîner les références plutôt que de creuser ses propres enjeux dramatiques. Même la bande-son de Ludwig Göransson, bien que toujours très soignée, se contente de recycler les thèmes bien connus de la série sans parvenir à insuffler le souffle épique indispensable à une véritable tragédie spatiale. Ça n’en reste pas moins un très bon moment pour les oreilles, il faut reconnaître.
Ce manque d’épaisseur souligne la frilosité globale du projet. En choisissant de transformer ce qui devait être la saison 4 de la série en un long-métrage de cinéma, Lucasfilm a clairement privilégié la sécurité financière à l’ambition artistique. Le film refuse systématiquement de prendre le moindre risque narratif ou de bousculer la formule qui a fait le succès de la franchise sur Disney+. Cette stratégie marketing, si elle s’avère payante pour remplir les salles le week-end, s’avère particulièrement frustrante pour les spectateurs qui espéraient voir la saga Star Wars se réinventer. On se retrouve face à un produit calibré, plaisant à l’œil, mais totalement dénué d’audace et de folie. Et surtout l’intrigue sur Grogu n’évolue pas d’un poil, et ça, c’est quand même dommage quand on se souvient de tout le volet sur sa formation avec Luke Skywalker dans la série.
Le verdict

The Mandalorian and Grogu
Voir la ficheOn a aimé
- Des combats ultra-brutaux
- Une ambiance sonore au top (combats etc)
- Le spectacle visuel
On a moins aimé
- Le traitement de Sigourney Weaver
- L’effet « Compilation de série »
- Une intrigue qui stagne
Les abonnés Numerama+ offrent les ressources nécessaires à la production d’une information de qualité et permettent à Numerama de rester gratuit.
Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l’I.A, contenus exclusifs et plus encore. Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !













