C’est la réponse du berger à la bergère. Attaqué par Yahoo sur le terrain de la propriété industrielle, Facebook a répliqué en accusant le portail web d’avoir enfreint dix de ses brevets.

En matière de propriété intellectuelle, les brevets sont à l’industrie ce que les armes nucléaires sont à la guerre. Ils servent à dissuader la concurrence de toute velléité, quitte à lui barrer la route de l’innovation. Il en résulte un délicat équilibre de la terreur où chacun, pour peu qu’il dispose de quelques titres de propriété intellectuelle pertinents, a les moyens de riposter à l’agression d’un rival sur le plan judiciaire.

L’exemple le plus parlant est bien sûr la guerre totale que se livrent actuellement Apple et Samsung. Chacun accuse l’autre d’avoir enfreint massivement sa propriété industrielle et une multitude d’actions en justice a été lancée dans de nombreux pays du monde. L’un des secteurs les plus procéduriers est la téléphonie mobile. La plupart des acteurs centraux sont engagés dans au moins une affaire.

Dans le domaine des réseaux sociaux, les tensions autour des brevets prennent aussi de l’ampleur. En perte de vitesse, Yahoo a décidé de sortir son porte-feuille de brevets pour attaquer Facebook et récupérer quelques deniers grâce au succès d’un site communautaire que lui-même n’a pas su développer. Une procédure très opportuniste, puisqu’elle survient au moment où Facebook entre en bourse.

Pas effrayé par l’action engagée par Yahoo, mais tout de même soucieux de préserver son image auprès des investisseurs, Facebook a sonné la charge contre le portail web en déposant à son tour une plainte contre le portail web. Le réseau social l’accuse d’avoir violé dix de ses brevets, dont certains portent sur la création d’un fil d’actualité personnalisé ou l’identification de médias numériques.

« Nous avions dit dès le début que nous nous défendrions vigoureusement contre la plainte de Yahoo, et aujourd’hui, nous avons répondu » a expliqué le directeur juridique de Facebook, Ted Ullyot. Pour le groupe, il s’agit d’abord de contrer les « décisions à courte vue de Yahoo! d’attaquer l’un de ses partenaires et de donner la priorité aux contentieux par rapport à l’innovation« .

Cette contre-attaque était attendue, dans la mesure où Facebook a acquis ces derniers mois plusieurs centaines de brevets. Fin mars, le réseau social a même conclu une transaction portant sur 750 brevets appartenant à IBM. Officiellement, il s’agit pour Facebook d’être en mesure de contrer une action judiciaire en menaçant l’attaquant d’une riposte sans merci.

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