Barack Obama a pavé la voie à son successeur pour lui permettre de décider de donner au Cyber Command plus d’autonomie par rapport à la NSA.

Le 20 janvier 2017, Donald Trump accédera officiellement à la Maison Blanche. En tant que nouveau président des États-Unis, il devra se pencher sur une multitude dossiers dont celui de la stratégie « cyber ». En particulier, il lui faudra réfléchir à l’organisation de la NSA et du Cyber Command, deux structures qui sont extrêmement proches et qui sont sous la responsabilité d’un seul directeur.

Michael S. Rogers

Michael S. Rogers
US Navy

Barack Obama n’a pas été en mesure de permettre aux deux organisations d’avoir un directeur dédié. Pourtant partisan d’une scission entre la NSA et le Cyber Command au niveau de la hiérarchie, le locataire de la Maison Blanche a été persuadé de ne pas toucher au modèle qui prévaut encore aujourd’hui. Son successeur, en revanche, n’a rien laissé transparaître de ses intentions.

À l’heure actuelle, c’est l’amiral Michael S. Rogers qui commande depuis janvier 2014 la NSA et le Cyber Command, en remplacement du général Keith B. Alexander. Mais à l’avenir, si une séparation a effectivement lieu, la NSA pourrait être dirigée par un civil tandis que le Cyber Command reviendrait à un militaire. Ce serait un changement radical, puisque les deux organisations ont toujours été chapeautées par un gradé.

Grande proximité

Née en 1952, la NSA a officiellement un rôle défensif, avec en particulier la gestion de la sécurité des systèmes d’information. Cela étant dit, les révélations de 2013 sur la surveillance électronique de masse ont démontré que l’agence a aussi un rôle de tout premier plan en matière d’espionnage, aussi bien économique que politique. Bref, elle fait du renseignement tous azimuts.

Le Cyber Command est beaucoup plus jeune. Sous-commandement militaire, il a été mis en place en mai 2010 et est subordonné au Strategic Command, qui a en charge l’arsenal nucléaire déjà fabriqué. Il a une dimension défensive comme la NSA mais aussi un volet offensif. Ce profil plus vindicatif a été confirmé par le secrétaire de la défense Ashton Carter, alors qu’il évoquait les attaques contre l’État islamique.

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Le Cyber Command, la NSA et le CSS.

Source : Fort George G. Meade

S’il était au départ justifié de maintenir le Cyber Command sous la tutelle de la NSA, puisque tout était encore à faire, ce n’est plus le cas aujourd’hui. C’est en tout cas la position d’Ashton Carter de James R. Clapper, le directeur du renseignement national. Le Cyber Command est considéré comme suffisamment mûr pour voler de ses propres ailes et libérer son plein potentiel.

Le Washington Post rapporte que Barack Obama a pavé la voie à son successeur, en promulguant une loi qui permet de scinder les deux structures mais à la condition que le secrétaire à la défense et le comité des chefs d’état-major interarmées certifient que cela ne va pas diminuer l’efficacité du Cyber Command, qui peut aujourd’hui largement profiter du savoir-faire de la NSA.

Cette séparation pourrait avoir l’avantage de redéfinir les missions de la NSA et du Cyber Command, ou en tout cas de les préciser, afin que les activités de l’une n’empiètent pas sur les plates bandes de l’autre. Cela étant, rien n’interdira à l’avenir que la NSA puisse venir ponctuellement en soutien du Cyber Command et inversement. Même si le cordon est coupé, les deux organisations restent très liées.

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