Ne parvenant pas à trouver son modèle économique dans un environnement numérique gouverné par la gratuité d’accès aux articles, la presse quotidienne nationale demande que les FAI et les acteurs les plus prospères du numérique participent à leur financement, via une nouvelle taxe. Une idée qui devient inconcevable lorsqu’elle est poussée dans ses retranchements.

Si la musique et le cinéma y ont droit, pourquoi pas la presse ? Le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) demande aux candidats à l’élection présidentielle de prendre position sur une proposition qu’il formule, visant à instaurer une taxe sur le numérique au bénéfice des titres de la presse. « Il s’agirait de taxer les acteurs du numérique, tels que les FAI, les portails, les fabricants de matériel, les moteurs de recherche, etc, et de redistribuer les sommes perçues aux éditeurs de presse en ligne« , résument Les Echos.

Selon le quotidien, « l’essentiel du marché du numérique, qui pèse 10 milliards d’euros par an, va aux FAI (fournisseurs d’accès à Internet), aux portails, ou encore aux moteurs de recherche. Sans compter les recettes captées par les fabricants. Résultat, les rédactions se paupérisent et risquent de disparaître, alors qu’elles contribuent largement à l’intérêt général« .

Le syndicat représente notamment Le Figaro, L’Equipe, Libération, Le Monde, La Tribune, La Croix ou… Les Echos. Son raisonnement est assez simple : puisque la presse en ligne ne trouve pas son modèle économique, il faut ponctionner le chiffre d’affaires de ceux qui dans le même environnement numérique parviennent à dégager une marge bénéficiaire conséquente.

« Un tel mécanisme existe pour l’audiovisuel, le cinéma ou la musique. En tant que créateur de contenus, il serait légitime pour la presse d’en bénéficier« , défend en toute logique Denis Bouchez, le directeur du SPQN.

Après tout, pourquoi pas. Sauf qu’un tel mécanisme ne peut être acceptable que s’il est juste. Or pour être juste, il faudrait que le montant de la taxe ne soit pas réparti simplement entre quelques uns, et dans l’opacité la plus totale comme c’est trop souvent le cas pour les aides à la presse, mais entre tous ceux qui participent à la création de contenus sur Internet. Que ce soit les producteurs de musique, de cinéma, d’articles de journaux, ou les blogueurs, les auteurs indépendants, les écrivains qui publient leurs ouvrages sur Internet, etc., etc.

On retrouverait alors l’idée d’une « licence globale globalisée », qui toucherait tous les contenus et tous les auteurs qui, par leur production, participent à donner de la valeur économique à ceux qui seraient taxés. Ca serait alors une véritable révolution économique, à la croisée entre le capitalisme et le communisme. Personne n’y est prêt, si tant est qu’une telle révolution soit souhaitable.

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