Hachette et Google ont entériné leur accord portant sur la numérisation de près de 50 000 ouvrages épuisés dont les droits sont contrôlés par le groupe d’édition français. Un premier protocole avait été signé en novembre 2010, au grand dam du ministre de la culture, Frédéric Mitterrand.

Les réprobations de Frédéric Mitterrand n’y auront rien changé. Jeudi, Google et Hachette ont gravé dans le marbre leur partenariat sur la numérisation d’ouvrages épuisés et dont les droits sont possédés par le groupe d’édition français. L’accord définitif entre les deux groupes fait suite à la signature d’un protocole d’accord conclu en novembre dernier. Au total, 50 000 œuvres sont concernées par ce programme.

Trois grands principes régissent l’accord entre Google et Hachette. Tout d’abord, le groupe d’édition français sera le seul à déterminer quelles sont les œuvres littéraires épuisées exploitables en version numérique. La firme de Mountain View devra attendre le feu vert de Hachette, qui sélectionnera les ouvrages, avant de numériser à tour de bras. La sélection d’abord, la numérisation ensuite, et non l’inverse comme Google avait tendance à le faire.

Le partenariat établi entre les deux sociétés doit permettre également de dégager de nouvelles opportunités commerciales. Grâce à la numérisation, ces ouvrages vont pouvoir assurer « de nouveaux revenus à leurs auteurs et à leurs éditeurs« . Une des pistes les plus prometteuses pour Hachette repose dans l’émergence de l’impression à la demande, qui se concentre sur des ouvrages peu demandés ou épuisés.

Enfin, Hachette ne veut pas oublier les institutions publiques. Le troisième principe de l’accord permet au groupe d’édition de fournir les ouvrages numérisés par Google aux institutions, comme la Bibliothèque nationale de France. D’une certaine façon, la firme américaine se renforce dans le débat sur la numérisation en participant de manière détournée à la numérisation du patrimoine culturel français.

L’AFP indique que les œuvres épuisées représentent environ 70 % du fonds de Hachette Livre et des maisons d’édition qui font partie du groupe. Les ouvrages concernés sont multiples : littératures, dictionnaires ou encore livres universitaires

L’an dernier, le ministre de la culture avait désapprouvé le rapprochement entre Hachette et Google, regrettant que le groupe d’édition fasse cavalier seul. Il avait ainsi indiqué « à Google l’importance qu’il attachait à ce sujet, et la priorité qu’il donnait, avant toute collaboration de Google avec des grandes institutions nationales comme la Bibliothèque nationale de France, à ce que le respect des droits des auteurs et éditeurs soit assuré« .

Reste à savoir si l’initiative de Hachette influencera les autres éditeurs. Rappelons que trois d’entre eux (Gallimard, Flammarion et Albin Michel) ont engagé une procédure judiciaire en mai dernier auprès du TGI de Paris contre Google. Ils reprochent à la société américaine de numériser des livres français se trouvant dans les bibliothèques américaines, sans aucune autorisation.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez les suivants : ne les manquez pas en vous abonnant à Numerama sur Google News.