Face à une montée en puissance du cyber-harcèlement à l’école, le gouvernement tente une nouvelle tactique. Puisque les réseaux sociaux sont très prisés chez les jeunes, les autorités veulent obliger les élèves à se respecter entre eux sous peine de ne plus pouvoir accéder à leur profil Facebook. Une mesure qui pourrait être efficace, tant le site américain est populaire en France.

C’est une arme qui pourrait être très efficace. Dans le cadre des assises nationales sur le harcèlement scolaire, qui se terminent aujourd’hui, le ministre de l’éducation a dévoilé l’existence d’un partenariat avec le réseau social Facebook. L’objectif est de mettre un terme aux brimades qui pourrissent le quotidien de certains élèves, en suspendant le profil Facebook de leurs bourreaux.

« La solution que nous avons mise au point est simple : nous signalerons systématiquement à Facebook les élèves qui auront été convaincus de harcèlement sur ce réseau, et ils verront leur compte Facebook fermé » a détaillé Luc Chatel dans son discours. « Pour les cas les plus graves, nous ferons en sorte que les familles des élèves victimes puissent bénéficier d’un accompagnement adapté pour déposer plainte » a-t-il poursuivi.

S’attaquer au profil Facebook d’un élève est une approche redoutable, tant le site communautaire est populaire en France. Il y a en effet plusieurs millions de Français inscrits sur cette plate-forme, notamment chez les jeunes. Nombre d’entre eux s’en servent quotidiennement pour rester en contact avec leurs proches et animer leur vie sociale. Rares seront les élèves à risquer de perdre ce lien virtuel.

A priori, la suspension du profil Facebook ne devrait pas être définitive. Elle devrait prendre l’apparence d’un bannissement temporaire, vraisemblablement de quelques jours à quelques semaines. Par contre, cette mesure n’aura aucune incidence sur les jeunes qui ne sont pas inscrits sur le réseau social. Mais la lutte contre le harcèlement à l’école ne se limite heureusement pas à la fermeture de comptes Facebook.

Le cyber-harcèlement est un phénomène relativement nouveau, mais qui inquiète à la fois le gouvernement et la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Si le nombre de plaintes reste assez faible, la CNIL a constaté une progression des cas de harcèlement ou de lynchages sur Internet, en particulier sur les réseaux sociaux comme Facebook.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement fait appel à Facebook pour résoudre un problème. L’an dernier, le ministre de l’intérieur et l’ancien secrétaire d’Etat à l’économie numérique ont demandé au site communautaire de supprimer les appels à manifester sans déclaration auprès des préfectures, afin d’identifier plus rapidement les auteurs de ces mouvements.

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