Acculé pour les relations de son couple avec le régime de Ben Ali, le ministre des relations avec le Parlement accuse « les .fr » qui vont chercher leurs informations « dans les caniveaux ». C’est-à-dire dans le Canard Enchaîné ?

Mauvaise nouvelle pour Benjamin Lancar, qui nous jurait le week-end dernier que l’UMP et la hantise du net, c’était du passé. Patrick Ollier n’a pas eu le mémo. Le ministre des relations avec le Parlement, époux à la ville de la ministre des affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, a trouvé sur Public Sénat un coupable tout désigné aux critiques dont le couple fait l’objet à propos de leur relation ambigüe avec le régime de Ben Ali :

Pensez-vous que l’on puisse passer à travers ces attaques ? Il faut lire les .fr – je ne veux pas citer de nom, ils vont chercher leurs informations dans les caniveaux. Nous sommes salis en permanence. Pensez-vous que l’on puisse passer à travers tout cela sans douleur ? Nous avons un coeur qui bat dans notre poitrine (…) Nous sommes très affectés. Et surtout les parents de Michèle. Parce que franchement, c’est dégueulasse de tirer sur des personnes qui n’y sont pour rien, qui ont le droit de faire ce qu’ils veulent de leur argent.

Problème : l’essentiel des informations sur les relations du couple de ministres avec la Tunisie ont été diffusées non pas sur Internet, mais par un bon vieux journal papier d’ordinaire apprécié du pouvoir. C’est en effet le Canard Enchaîné qui a révélé les voyage en jet, ou le rachat d’une société du clan Ben Ali par les parents de Michèle Alliot-Marie. Internet n’a rien à voir dans l’histoire. Si ce n’est que Mediapart, aujourd’hui, ajoute que « l’ami » de MAM et de Patrick Ollier aurait transporté des mercenaires à la solde de Kadhafi.

Ainsi soit Patrick Ollier traite le Canard Enchaîné de caniveau, ce qui montrerait à Denis Olivennes n’a pas le monopole de l’odeur fécale. Soit le ministre tente une diversion en jouant une stratégie d’accusation systématique du net, bien huilée au gouvernement lorsque les siens sont mis en cause.

Brice Hortefeux avait été l’un des premiers à l’inaugurer dans l’affaire des auvergnats, qui vit Internet pris pour bouc émissaire par l’Elysée et par le ouvernement. C’est ensuite Eric Woerth qui lui avait emboîté le pas, après les révélations de Mediapart dans l’affaire Bettencourt. On se souvient également de la ministre Chantal Jouanno, qui avait accusé Internet pour sa défaite aux élections régionales.

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