Le cybercriminel ZeroBytes affirme avoir récupéré 43 Go de données et 346 millions de lignes issues de plusieurs systèmes de l’Éducation nationale. Un périmètre bien plus large que celui décrit par le ministère fin juillet.

Mise à jour 17h00 : Sollicité par Numerama, le ministère a publié ce mardi 18 août un point de situation. Il y confirme que l’ensemble des personnels susceptibles d’être concernés par l’intrusion du 25 juillet ont été informés individuellement, et rappelle avoir déposé plainte contre X et saisi l’ANSSI et la CNIL. Sur les publications de la veille, qui revendiquent la mise en ligne des données et la détention d’informations sur des élèves, le ministère ne confirme ni ne dément : ses services indiquent poursuivre leurs expertises techniques pour établir « la nature exacte et l’étendue des données exfiltrées ».

La revendication a été mise en ligne par ZeroBytes, déjà connu pour avoir revendiqué les piratages de la DGFiP ou encore d’Intermarché Drive.

Relayée par le site French Breaches le 17 août 2026, le pirate y annonce environ 2 500 fichiers, 346 178 591 lignes brutes non dupliquées, et des extractions provenant de plusieurs systèmes internes. L’accès initial aurait été obtenu via un VPN.

Une revendication qui vient se greffer sur une intrusion que le ministère avait déjà confirmée fin juillet 2026, sans en détailler le périmètre à l’époque.

Ce que le ministère avait annoncé le 31 juillet

Dans son communiqué, le ministère indiquait qu’un accès frauduleux avait eu lieu dans la nuit du 25 juillet, à la suite de l’usurpation d’un compte professionnel, et qu’il visait le système d’information dédié à la formation des personnels. Le centre opérationnel de sécurité avait été alerté le lendemain, l’accès externe au système suspendu et une cellule de crise activée.

Selon l’organisme public, les données susceptibles d’avoir été exfiltrées concernaient les agents ayant exercé en académie depuis 2001 : identité, statut et fonctions, et pour une partie d’entre eux coordonnées, adresse postale, téléphone et numéro de sécurité sociale. Le ministère précisait alors explicitement que ce système ne contenait ni données bancaires, ni mots de passe, ni données relatives aux élèves.

Un écart qui reste à vérifier

L’écart entre les deux versions est notable. Là où le ministère décrivait un périmètre limité aux agents, sans mots de passe ni données élèves, ZeroBytes revendique un ensemble bien plus vaste : environ 4,35 millions d’identifiants de personnels, 1,22 million d’élèves distincts, plus de 600 000 comptes académiques via les annuaires de Créteil et Versailles, des données remontant par endroits au début des années 2000, et jusqu’à des empreintes cryptographiques de mots de passe.

Rien à ce stade ne permet de confirmer indépendamment l’authenticité ni l’exhaustivité de ce que le pirate affirme détenir, ni si l’ensemble de ces fichiers correspond bien à l’intrusion reconnue fin juillet plutôt qu’à d’autres accès.

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