La ville de San Francisco doit décider si elle interdit la circulation des robots coursiers sur ses trottoirs. Si plusieurs appareils sont en cours de test depuis plusieurs mois, un membre du conseil municipal cherche ainsi à protéger les piétons les plus fragiles comme les enfants et les personnes âgées.

En janvier dernier, Starship lançait ses robots livreurs sur roues dans plusieurs villes américaines. Si certains États ont plutôt bien accueilli l’initiative, comme la Virginie ou l’Idaho, qui ont tous les deux légiféré depuis pour autoriser leur circulation, San Francisco se montre bien plus réticente.

La grande ville californienne, pourtant proche de la Silicon Valley, va étudier une proposition de loi visant à interdire la circulation de ce type de robot. L’initiative provient l’un des membres de son conseil municipal, Norman Yee. Il résume ses principaux arguments dans un tweet redirigeant vers un article sur le sujet : « Les trottoirs sont faits pour les humains, pas pour les robots. La sécurité avant tout, surtout pour nos personnes âgées et nos enfants. »

Norman Yee estime en effet que ces deux populations — et les personnes à mobilité réduite — ne sont pas assez réactives ou rapides pour esquiver ces appareils lors de leur passage jusqu’à 6 km/h. Il évoque aussi la menace qui pèserait sur certains emplois. Son texte, s’il est adopté, interdirait donc les robots de livraison autonome, et exposerait les contrevenants à des sanctions judiciaires.

Le casse-tête d’une régulation dédiée

« [Ce texte] est conforme à la manière dont nous opérons dans cette ville, où nous n’autorisons pas les vélos ou les skateboards sur les trottoirs  » se justifie Norman Yee. Les principales sociétés concernées seraient donc Starship mais aussi Marble et son service Yelp Eat24.

Si des discussions ont eu lieu entre ces entreprises et les pouvoirs publics, elles ont été jugées « non convaincantes  » par Norman Yee. En cause, principalement, la difficulté d’imposer et de faire respecter par les forces de l’ordre des limites de vitesse ou le nombre d’appareil en circulation simultanée. Autant d’éléments qui justifient selon lui une interdiction, jugée plus simple. Il pointe également du doigt la volonté, à terme, de se passer d’un superviseur dans la surveillance de ces robots à roulettes.

Malgré tout, Norman Yee ne se montre pas non plus à 100 % réfractaire à la technologie. Il estime simplement qu’elle n’a pas sa place dans une grande ville comme San Francisco : « Je pense que ce genre de robots peut être utile dans les campus, que ce soit ceux de Google ou d’universités, qui sont des environnements relativement clos.  »

Sa proposition devrait être débattue dans les prochaines semaines, alors que de l’autre côté des États-Unis, le Wisconsin et la Floride commencent à envisager de s’ouvrir à ces robots coursiers.

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