Une voiture autonome opérée par la startup nuTonomy a percuté cette semaine un camion sur la voie publique à Singapour. Aucun blessé n'est à déplorer.

2016 est-elle l’année des accidents de voiture impliquant des véhicules autonomes ? Après les soucis rencontrés par Google et Tesla Motors ce printemps et cet été, c’est au tour de la startup nuTonomy de faire face à son premier accrochage. Selon Reuters, qui rapporte la nouvelle, un taxi sans conducteur a percuté un camion alors qu’il circulait à Singapour dans le cadre d’un test sur la voie publique.

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L’incident est survenu alors que la voiture était en train d’effectuer un changement de voie, d’après les explications des autorités en charge des transports terrestres. Il n’y a aucun blessé à déplorer suite à la collision : nuTonomy ajoute pour sa part qu’il y avait deux ingénieurs à bord mais que le véhicule circulait à une allure très modérée ce qui a permis d’éviter de plus gros dégâts.

C’est la première fois qu’un accident implique un véhicule nuTonomy. Bien que cela puisse sembler inquiétant, cela ne remettra pas en cause les ambitions de la startup américaine ni les projets de Singapour de mettre en place des voitures autonomes pour décongestionner la ville. Le petit État s’est montré demandeur et a commencé à accueillir les voitures de la société cette année.

À lire sur Numerama : NuTonomy veut mettre taxis et VTC au chômage avec des robots

Le coup de projecteur donné sur un incident finalement relativement bénin offre toutefois matière à réflexion.

Chaque jour, des milliers d’accidents de voiture ont lieu dans le monde. Certains sont bénins, avec tout juste un peu de tôle froissée ; d’autres sont en revanche très graves, au point d’endeuiller des familles. D’après l’organisation mondiale de la santé, il y a environ 1,25 million de décès chaque année à cause de l’automobile. Mais parce que ce sont des humains au volant, tous les accidents ne font pas l’objet d’une couverture médiatique particulière.

Dans le cas des voitures capables de rouler sans l’aide d’un conducteur, le traitement est légèrement différent. Parce qu’il s’agit d’une technologie de rupture qui porte en elle un bouleversement à venir dans la manière d’appréhender la circulation avec un véhicule, le moindre écart obtient un écho particulier dans la presse. Avec le risque d’induire le sentiment que ce procédé n’est peut-être pas si fiable.

Prisme déformant

Google et Tesla Motors peuvent en témoigner. En mars, une Google Car californienne en mode autonome a percuté un bus à cause d’une erreur de jugement sur l’intention du chauffeur (il y avait déjà eu un premier incident l’année précédente, mais à cause du conducteur).

En juillet, une voiture Model S n’a pas su détecter l’arrière d’une remorque de camion, qui est venu percuter le pare-brise, provoquant la mort de l’automobiliste. Quelques jours plus tard, l’entreprise américaine s’est retrouvée face à un autre problème, fort heureusement moins grave que le premier.

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Une Google Car.

Dans les deux cas, le traitement médiatique a été prononcé.

Forcément, il s’agissait des premiers incidents sérieux impliquant des véhicules capables de manœuvrer sans conducteur. En outre, ces cas ont soulevé — ou remis sur le devant de la scène — des questions légitimes, comme la question de la responsabilité juridique et sur ce que fournit vraiment Tesla (une simple assistance à la conduite et non pas un dispositif pour se substituer totalement à l’automobiliste).

Mais cela a aussi joué le rôle de prisme déformant.

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