Après six ans de bataille judiciaire, Sony a accepté d'indemniser aux États-Unis les clients qui avaient acheté une PS3 en pensant qu'ils pourraient toujours y installer Linux, alors que la fonctionnalité a été supprimée en 2010 lors d'une mise à jour du firmware.

C’est une vieille affaire qui resurgit, alors qu’on la croyait enterrée depuis qu’un tribunal américain avait rejeté une première class action, en décembre 2011. Finalement, après six ans de bataille, des clients qui avaient acheté une PS3 en pensant pouvoir y faire tourner Linux tout en profitant des jeux vidéo de la Playstation 3 seront bien indemnisés.

Pour mettre fin aux procès qui courent toujours, Sony a accepté de proposer une résolution amiable, par laquelle les clients concernés pourront obtenir 55 dollars de dédommagement , voire 64 dollars s’ils jurent sur l’honneur qu’ils avaient spécifiquement acheté la PS3 pour faire tourner Linux.

En 2006, alors qu’il cherchait à convaincre les consommateurs d’acheter une PS3 plutôt qu’une Xbox 360, Sony avait donné comme argument de vente le fait que la console de jeu permettrait de lancer d’autres systèmes d’exploitation, et en particulier qu’il serait possible d’installer Linux pour profiter de la puissance de calcul du système à moindre frais. Le système pouvait être booté au démarrage, en lieu et place du système Playstation.

Mais au printemps 2010, Sony décide de mettre brutalement un terme à cette fonctionnalité « Autre OS », qui pouvait être détournée pour installer des jailbreaks qui permettaient d’exécuter des jeux piratés. Le constructeur japonais impose alors le téléchargement d’une mise à jour du firmware de la PS3, qui supprime la possibilité d’installer un autre système d’exploitation sur la console.

Puisque l’accès au PlayStation Network (PSN) est interdit sans firmware à jour, et puisque certains jeux exigent eux-mêmes un firmware plus récent, les clients qui voulaient continuer à profiter de Linux sur leur console devaient abandonner toute possibilité de jouer en ligne, ou de jouer à des jeux plus récents.

Un nombre très limités de clients indemnisés

Les plaignants estimaient avoir été trompés par Sony, ou en tout cas que Sony avait altéré la valeur de leur console en imposant une telle restriction qui n’était pas prévue au moment de l’achat. Dans un premier temps, la justice avait considéré que le contrat d’utilisation de la PS3 couvrait le constructeur Japonais, qui précisait qu’il s’octroyait le droit d’ajouter ou de modifier des fonctions logicielles de la console, sans préavis.

Après des années de bataille, Sony a finalement cédé, et accepté sa responsabilité. Mais pour avoir le droit à une indemnisation, les clients devront « fournir une preuve quelconque de leur utilisation de la fonctionnalité Autre OS », ce qui limitera très fortement le nombre de clients éligibles. Ils devront aussi prouver qu’ils ont acheté leur console entre le 1er novembre 2006 et le 1er avril 2010.

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