Inquiets des positions exprimées par Donald Trump sur le climat et des nominations qu'il a déjà effectuées, des scientifiques ont décidé de dupliquer des données de recherche sur des serveurs indépendants, au cas où.

Avec un Donald Trump qui a affirmé que le dérèglement climatique n’est rien d’autre qu’un canular inventé par les Chinois pour nuire à l’industrie américaine, la possible nomination de Rick Perry en tant que secrétaire en charge de l’Énergie, un poste que l’intéressé veut voir disparaître, et le choix de Scott Pruitt pour administrer l’agence de protection de l’environnement malgré ses liens avec l’industrie pétrolière, il y a de quoi être raisonnablement inquiet sur la politique à venir des États-Unis en matière environnementale.

Cette tendance climato-sceptique qui existe dans l’administration que Donald Trump est en train de constituer, et dont l’accès au pouvoir sera officiel le 20 janvier 2017, n’a évidemment pas échappé à la communauté scientifique, aussi bien américaine que mondiale. Malgré un large consensus des chercheurs sur la question, étayé par une littérature abondante d’études et de rapports s’étalant sur des dizaines d’années, le fait est que la réalité du changement climatique du fait de l’activité humaine n’est pas intégrée dans le logiciel de pensée du président-élu.

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CC Claudiu Sergiu Danaila

C’est pour cette raison que des scientifiques américains ont pris la décision, à titre préventif, de copier des données gouvernementales sur le climat pour les stocker sur des serveurs indépendants, au cas où la nouvelle administration Trump chercherait à les cacher, les minimiser ou même les détruire. C’est ce que signale le Washington Post : un mouvement a commencé à émerger ce week-end et a depuis pris une ampleur tout à fait conséquente, avec le souci de se prémunir contre toute forme d’ingérence ou d’interférence venant de la Maison-Blanche.

Espérons qu’ils laissent tout en place. Mais si ce n’est pas le cas, nous avons prévu le coup

« Faire ça ne peut-être que bénéfique. Espérons qu’ils laissent tout en place. Mais si ce n’est pas le cas, nous avons prévu le coup », a commenté Nick Santos, l’un des chercheurs qui a décidé de dupliquer des données climatiques vers d’autres serveurs au cas où il y aurait un problème avec ceux gérés par le gouvernement. Car il serait dramatique pour l’état de la recherche de ne plus avoir accès à l’historique de la fonte des glaces, aux archives du suivi du climat ou encore aux modèles d’évolution de l’atmosphère. Peut-être ne se passera-t-il rien, mais prudence est mère de sûreté.

Une prudence d’autant plus justifiée que l’équipe de transition de Donald Trump a envoyé un signal très négatif cette semaine en demandant au département américain de l’énergie de lui fournir les noms des fonctionnaires qui ont travaillé sur le changement climatique au cours des cinq dernières années, notamment dans le cadre des discussions annuelles sous l’égide de l’ONU. Pour savoir quelles sont les personnes qu’il faut écarter sous l’ère Trump ? L’équipe de transition n’a pas précisé sa pensée. Quant au département, il a refusé de se plier à cette demande, pour les protéger.

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