La bande-annonce du reboot de Ghostbusters est la cible d'une campagne massive de dislikes teintée de misogynie.

Le 3 mars dernier, Sony Pictures a publié sur son compte YouTube la première bande-annonce complète pour le reboot de Ghostbusters. Avance rapide, 2 mai 2016, la vidéo de 2 minutes et 37 secondes est devenue la plus dislikée, ou non aimée en français de l’histoire de YouTube d’après ScreenCrush. Le film réalisé par Paul Weig réunit à l’écran quatre héroïnes incarnées par Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Kate McKinnon et Leslie Jones. Et il semblerait que ce soit un énorme problème pour le web.

En effet, comme le raconte Business Insiders, il est très rare qu’une bande-annonce récolte autant de mauvaises appréciations des spectateurs. Même un film extrêmement nul qui récoltera des critiques négatives en tous points à sa sortie en salle n’arrive pas à être autant détesté par le public. Batman v Superman ne récolte ainsi qu’un peu plus de 3 000 pouces vers le bas, Spider-Man 2 ne s’en prend que 2 200 et Aladdin avec Kev Adams n’en n’a que 984. Jurassic World fait un pic à 15 000 : on est loin des 612 000 dislikes du nouveau GhostbustersLe taux de dislike normal sous un trailer, qu’il soit national ou international, dépasse donc rarement les quelques milliers.

Comment le nouveau Ghostbusters a-t-il pu attirer autant les foudres sur lui ? Eh bien comme cela se produit parfois, il pourrait s’agir d’un mouvement concerté des fans de la franchise… ou une nouvelle occasion pour les communautés virtuelles de montrer à quelle point elles sont sexistes. On a en effet du mal à croire que ces dislikes soient des produits de la spontanéité des fans. Bien sûr, on peut entendre légitimement que certains d’entre eux correspondent à la qualité envisagée du film, l’humour qui semble tomber à plat, les images de synthèse un peu ringardes ou le casting qui, féminin ou masculin, peut être mal choisi.

Cela dit, si on jette un œil aux commentaires sous la vidéo YouTube de la bande-annonce, on s’aperçoit que les arguments bien connus du sexisme déguisé que l’on a vu à l’œuvre par exemple au cours du GamerGate se retrouvent au sujet de ce remake de Ghostbusters. Ainsi, on évoque pèle-mêle le politiquement correct, on blague sur le fait que le film est trop 2015, puisqu’en 2016, il aurait fallu que ce soit des femmes transsexuelles à l’écran. On trouve aussi le remake du « je ne suis pas raciste, j’ai un copain Noir  » avec un audacieux « Toutes les femmes que je connais détestent ce trailer  ».

Bref, un condensé de critiques qui transpirent la misogynie et la transphobie, affirmées ou déguisées — pas vraiment du jugement sur le septième art.

Capture d’écran 2016-05-02 à 11.53.42

Pour qui connaît le sexisme ambiant qui règne dans les communautés où se discute la culture geek, ces attaques n’étonneront pas : elles sont un triste lot commun qui discréditent malheureusement les critiques légitimes contre une œuvre, critiques qui pourraient être acerbes sans considération du sexe ou du genre des héros. Il est bien dommage, d’ailleurs, de voir en 2016 une telle guérilla organisée contre ce film qui, à coup sûr, deviendra malgré lui un champ de bataille et ne sera jamais jugé pour ce qu’il aurait dû être : un film reboot d’un classique des années 1980.

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