Bernie Sanders s'oppose, avec d'autres figures politiques, aux négociations entre AT&T et Time Warner. Ce qui le trouble principalement c'est la possibilité de la création d'un monopole médiatique qui risque d'étouffer l'économie américaine.

Le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, n’a pas seulement causé de lourdes pertes en bourse à un labo pharmaceutique la semaine dernière : il s’oppose maintenant aux négociations entre AT&T et Time Warner. Toujours avec un tweet bref, mais efficace.

La raison de sa forte opposition est bien compréhensible : d’après Sanders, une fusion économique entre ces deux conglomérats américains pourrait bien empirer la situation financière du pays, notamment celle des classes sociales les moins aisées, communément appelées en anglais « underclass ». En effet, cet événement économique important pourrait bien causer une hausse des prix et un monopole trop puissant qui pourrait bien étouffer le marché et la concurrence.

D’autres femmes et hommes politiques n’ont pas tardé à donner leurs opinions sur le sujet. Tim Kaine, le démocrate nommé par Hillary Clinton à la vice-présidence en cas de victoire, a souligné l’importance de conserver un système qui ne se base pas sur une concentration médiatique. Le porte-parole de Clinton, de son côté, a fait savoir que la candidate démocrate reste prudente sur son jugement, mais qu’elle pense bien qu’il est nécessaire de réglementer cet achat grâce aux institutions.

Le candidat républicain Donald Trump, de son côté, a été plus direct en disant qu’il chercherait à dissoudre ce genre de négociations s’il est élu président puisqu’elles « détruisent la démocratie ».

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Les négociations autour de l’achat ont atteint un point culminant : AT&T est prêt à dépenser plus de 80 milliards de dollars pour obtenir la mine d’or qui produit les fameuses séries et univers Harry Potter, Batman ou Game of Thrones. En outre, elle pourrait même payer les dettes du géant hollywoodien et, dans ce cas-là, la somme s’élèverait jusqu’à plus de 108 milliards de dollars.

À vrai dire, si AT&T peut tenir ses promesses, toutes colossales soient-elles, elle prendra bien le contrôle d’un vaste royaume de production médiatique, puisque Time Warner ne possède pas seulement ses studios à Los Angeles, mais aussi la chaînes HBO, le réseau d’information CNN, le site people TMZ, les sites sportifs dédiés à la NBA, la PGA et la NCAA, et même la chaîne pour enfants Cartoon Network.

Si la possibilité d’un nouveau changement de taille dans un contexte économique américain peu joyeux pour les médias trouble pas mal de gens, les journalistes de CNN semblent apparemment sereins. En effet, Brian Stelter a tenu à rassurer sur Twitter en citant les paroles du PDG de l’AT&T qui témoignent de l’engagement du conglomérat à laisser de l’indépendance au vaste réseau d’information.

Reste à voir quelle valeur aura cet engagement dans quelques mois.

 

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