Riposte graduée : le texte a été amendé par le Conseil d'Etat
Guillaume Champeau - publié le Mardi 17 Juin 2008 à 12h41 - posté dans Société 2.0

Jeudi, la ministre de la Culture Christine Albanel a publié un communiqué laconique pour se féliciter de ce que "le Conseil d’Etat qui s’est livré, au cours des deux derniers mois, à un examen particulièrement approfondi du texte, a validé les différentes options retenues par le Gouvernement pour mettre en œuvre les « accords de l’Elysée », signés le 23 novembre 2007 par 47 entreprises ou organismes représentatifs du cinéma, de la musique, de l’audiovisuel et de l’Internet". Or il semble que la vérité soit légèrement différente.

Comme l'avaient laissé entendre des "rumeurs" aujourd'hui avérées, le Conseil d'Etat n'a pas validé dans son ensemble le texte du projet de loi Hadopi, rebaptisé "Loi Création et Internet". Il a en effet émis quelques réserves et amendé le texte à travers plusieurs modifications révélées par Les Echos, et relayées par PC Inpact :

  • La riposte graduée doit être effectivement graduée. Dans une lecture littérale du texte présenté au Conseil d'Etat, les mesures préconisées (avertissement par email, par lettre en recommandé avec avis de réception, et suspension de l'accès à Internet) pouvaient être ordonnées sans graduation, dans un ordre discrétionnaire. Le Conseil demande à ce que ce point soit corrigé.
  • Le recours de pleine juridiction contre les décisions de l'Hadopi devront être présentés devant l'autorité judiciaire, et non plus administrative.
  • La suspension de l'abonnement pourra être réduite à 3 mois en cas d'accord amiable (et non 6 mois comme le prévoyait le texte), dont la nature reste flou.
  • La Haute Autorité ne pourra pas ordonner de mesure de filtrage aux FAI ou aux éditeurs de services en ligne, cette compétence restant du domaine exclusif de l'autorité judiciaire.

Mais le Conseil d'Etat, dont l'avis n'est d'ailleurs pas impératif, ne fait ici que des ajustements à la marge. Il valide l'essentiel du texte, dont le point le plus contestable : le principe même de sanctionner un abonné à Internet sans qu'il ait la possibilité matérielle de se défendre, et sans qu'il soit nécessairement l'auteur du fait générateur du dommage cause (voir notre liste de 10 bonnes raisons de rejeter la loi Hadopi pour en savoir plus). Il a totalement ignoré la question essentielle de la matérialité des preuves qui seront utilisées pour mettre en oeuvre la riposte graduée, alors-même qu'il a été démontré que ces preuves étaient faillibles.

En réalité, le Conseil d'Etat prépare le terrain pour que le texte soit validé plus facilement par le Conseil Constitutionnel.

 
 
16
Commentaires à propos de Riposte graduée : le texte a été amendé par le Conseil d'Etat
 
manbu
Le 17 Juin 2008 à 13h21
"En réalité, le Conseil d'Etat prépare le terrain pour que le texte soit validé plus facilement par le Conseil Constitutionnel."

Il faudrait déjà ,qu'il soit validé par l'assemblée nationale et ce projet pue tellement le totalitarisme,
que s'il passe la France aura réellement basculée du côté obscur de la démocratie...
fcna2005
Le 17 Juin 2008 à 14h26
c'est bientot fini le pillage des oeuvres... bien fais pour nous
spqr13
Le 17 Juin 2008 à 15h19
Bientot fini?
Et Kad, les groupes de discussions les peer to peer cryptés + les recours européens........Z'ont pas fini, croyez moi
Butterfly
Le 17 Juin 2008 à 15h43
Les 2ème et 4ème points montrent au moins que le Conseil d'Etat n'est pas complètement inconscient! Avec ces deux points, c'est l'autorité judiciaire qui prendra des décisions et non l'Hadopi!
Malgré tout, espérons que les dépûtés et les sénateurs remettront Christine à sa place et lui faisant comprendre que son projet de loi est une usine à gaz.
kkali
Le 17 Juin 2008 à 15h57
c'est bientot fini le pillage des oeuvres... bien fais pour nous


m'en fout, ça fait longtemps que je ne sais plus quoi télécharger...j'en ai déjà beaucoup trop...
harakiri26
Le 17 Juin 2008 à 16h29
Bof ... Totalement inapplicable leur machin.
Je crains beaucoup plus le filtrage volontaire des FAI le jour où le P2P fera concurrence à leurs services de VoD ...
POur l'instant ya des intérêts financiers contradictoires qui jouent en faveur du P2P ... Mais cela ne va pas durer (cf article comme quoi Orange prépare son portail multimédia).

Tant pis ... On passera à autre chose ... Mais on ne repassera jamais par la FNAC, ça ... c'est TRES clair.
lildadou
Le 17 Juin 2008 à 16h41
@harakiri26 : +1

Pourront faire des lois aussi dur qu'ils voudront les habitudes ne RÉGRESSERONS pas.
Plunk
Le 17 Juin 2008 à 17h36
"En réalité, le Conseil d'Etat prépare le terrain pour que le texte soit validé plus facilement par le Conseil Constitutionnel."

Il faudrait déjà ,qu'il soit validé par l'assemblée nationale et ce projet pue tellement le totalitarisme,
que s'il passe la France aura réellement basculée du côté obscur de la démocratie...

Je crois qu'ils sont bien capables de la faire passer, à l'Assemblée Nationale. Une bonne partie des députés n'ont sûrement rien compris à cette loi, n'ont aucune idée des enjeux, n'y connaissent pas grand chose en informatique, mais vont suivre quand même parce que c'est tellement plus simple de suivre ceux qui se font le plus remarquer...
bibousiq
Le 17 Juin 2008 à 18h06
De toute façon, si ce texte est adopté, il suffira qu'un jour une affaire soit portée devant une juridiction européenne et tout leur édifice s'écroulera !
TotoRhino
Le 17 Juin 2008 à 18h23
Il ne faut oublier que le souci n°1 c'est de laisser des entreprises nous accuser de télécharger n'importe quoi (une démo ?) et de se voir condamner sans avoir de recours réel pour clamer notre innoncence.
Que ferez-vous si l'on vous accuse d'avoir téléchargé des fichiers et que ce n'est pas le cas ? La question, elle est là !
Spomky
Le 17 Juin 2008 à 19h00
Petite question à 2 sesterces :
mis à part naviguer sur le web, mon accès internet me permet aussi de regarder la télévision, téléphoner et recevoir des appels. Si on me prive de mon accès à internet, je perds tous ces services (et surtout le téléphone à vrai dire).
N'y a-t-il pas là une privation allant au-delà de la simple mesure anti piratage?
Plunk
Le 17 Juin 2008 à 20h39
Petite question à 2 sesterces :
mis à part naviguer sur le web, mon accès internet me permet aussi de regarder la télévision, téléphoner et recevoir des appels. Si on me prive de mon accès à internet, je perds tous ces services (et surtout le téléphone à vrai dire).
N'y a-t-il pas là une privation allant au-delà de la simple mesure anti piratage?



Ben justement, c'est un des nombreux points pas clairs du texte de loi...
lildadou
Le 17 Juin 2008 à 21h09
Non tu ne les auras probablement pas alors que c'est très simple techniquement puisque des offres television+telephone sans avoir le net.

Par contre tu devra continuer à payer
darthbob
Le 17 Juin 2008 à 22h25
oui, c'est le forfait obligatoire à 29,90 euros où tu n'auras ni téléphone, ni internet, ni TV !

Elle est pas belle la vie !
totoisthere
Le 17 Juin 2008 à 23h07
je pense qu'il est urgent pour notre chére ministre de prendre des vacances....

Votre projet de loi est illégal et anticonstitutionel...
Et en plus techniquement inapplicable.....

Bref il faut retouner faire la guide touristique a Versailles...
Neuro
Le 17 Juin 2008 à 23h47
I y a un bon article qui résume la situation : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=859
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