Taxe pour Copie privée : la Commission vidée de ses membres !
Guillaume Champeau - publié le Lundi 18 Février 2008 à 18h40 - posté dans Société 2.0
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Selon les informations de PC Inpact, une crise qualifiée "d'institutionnelle" aurait frappé lundi soir la Commission copie privée présidée par Tristan d'Albis, qui est chargée d'étudier et de fixer la rémunération pour copie privée. "Une bonne partie des représentants des redevables ont décidé de claquer la porte de cette commission dont le fonctionnement est aujourd'hui ouvertement contesté", indique notre confrère. A force de trop tirer sur l'élastique, celui-ci aurait donc enfin cédé et éclaté.

Pour revenir à la table des négociations, les industriels et importateurs redevables de la taxe pour copie privée exigeraient :

  • L'exclusion du piratage dans le calcul de la base de rémunération : une telle exclusion, que nous avons nous-mêmes appelée de nos voeux à plusieurs reprises, est logique, puisqu'on ne peut taxer d'une main ce qu'on pénalise de l'autre. Or en pratique, les deux sont confondus dans la plus incroyable mauvaise foi, sous l'oeil bienveillant du ministère de la Culture, notamment parce que 25 % des recettes de la copie sont reversés à des actions culturelles qu'il aurait pour charge de financer lui-même. Trois associations ont attaqué la Commission d'Albis sur ce point devant le Conseil d'Etat.
  • Des études d'usages et de préjudices : contrairement à ce qu'un état de droit normal exigerait, la fixation de la rémunération pour copie privée se fait dans la plus grande opacité, sans que ne soit jamais abordée la qualification et la quantification des usages qu'elle est censée compenser. Evidemment, le rapport avant le premier point est direct. Etudier les usages et les préjudices serait reconnaître que la taxe pour copie privée est assise sur des pratiques de piratage que les bénéficiaires de la taxe veulent (et parviennent à) pénaliser.
  • Un rétablissement de l'équilibre et de la sérénité démocratique entre les collèges : c'est ici le minimum d'une négociation dont le résultat se veut légitime, mais la force est actuellement clairement du côté des industries culturelles, grâce aux yeux fermés du gouvernement et une répartition des voix qui favorise dans les faits les organisations d'ayant droits.

La Commision d'Albis doit se réunir le 19 février pour entériner la taxe sur les téléphones mobiles MP3, mais le quorum nécessaire à la validation du vote ne devrait pas être réuni, selon nos confrères. Le Président Tristan d'Albis, qui a voix prépondérante, pourrait alors passer en force lors de la convocation d'une seconde réunion dans laquelle la réunion du quorum ne sera plus une obligation statutaire. Une décision politiquement lourde, mais qui ne devrait lui poser aucun problème. Reste que pour la suite, la Commission ne pourra fonctionner sans le collège des industriels et importateurs redevables de la rémunération.

Entamera-t-on alors enfin un vrai débat sur la légitimité de la taxe pour copie privée dans le contexte de la mission Olivennes et de la loi DADVSI ?

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Copie privée, Politique
 
 
12 commentaire(s)
 
Natasha
Le 18 Février 2008 à 19h23



Je pense que le Président Tristan d'Albis, fera "passer en force" la décision de taxer les téléphones mobiles.

Et là ce sera l'opération "bas les masques".

Après c'est à nous les utilisateurs et clients qu'il appartiendra de faire entendre nos réclamations en ce qui concerne cette Commission et les décisions qui y sont prises, au sein de laquelle les représentants des industries de la culture décident ce qu'elles veulent et ce qui les arrange..
Harry_T...
Le 19 Février 2008 à 00h23
Pour chaque CD-R acheté, un tube de vaseline offert.

Là, ça passerait mieux....
polar_bear
Le 19 Février 2008 à 00h27
Jean_R
Le 19 Février 2008 à 00h28
Pas de 49-3 qu'il disait ! !
Blastm
Le 19 Février 2008 à 07h22
 


Veux pas dire de bêtises, mais ca n'est pas déjà arrivé lorsque la commission avait cherché à recalculer la taxe des baladeurs à mémoire flash (après la sortie de l'ipod nano)?
les associations de consommateurs et les industriels avaient choisi de pratiquer la politique de la chaise vide pour protester; mais pour éviter que l'affaire fasse trop de bruit à l'approche de noël, Albis et les ayant-droits sont passés en force (le produit star était quand même taxé 50€.. et il aurait été fâcheux qu'un journaliste traditionnel lève le lièvre..)
bon, la c'est un peut différent, il n'y a pas de prise d'otage d'un produit, et les industriels sont visiblement seuls (quoique je vois pas comment les asso de consommateurs pourraient être contre ces propositions)
Gaffiste
Le 19 Février 2008 à 16h06
Les industriels ayant claqué la porte montre bien leur desaccord pa rapport à la comission Albis, ont-ils le droit ou le pouvoir de faire un boycote de la france? C'est à dire de ne plus nous fournir en supports trop taxés? Car là se serait le moyen ultime de faire plier le gouvernement!
Natasha
Le 19 Février 2008 à 18h39



Les industriels ayant claque la porte, le Président fera, sans doute, voter la taxe sur les téléphones mobiles, à mémoire dédiée pour lire les mp3, lors d'une prochaine réunion, même si le quorum de membres présents n'est pas atteint.

MAIS, si ces industriels refusent aussi de participer aux prochaines réunions de la commission, je crois savoir qu'aucune taxes nouvelles ne pourront être décidées dans l'état actuel de leurs statuts...

En ce qui concerne le "boycott", il est déjà exercé par certains consommateurs français, qui refusent d'acheter les supports numériques enregistrables en France où ils sont trop taxé, et qui aussi, comme la loi le leur permet, achètent ces supports numériques enregistrables dans d'autres pays membres de l'UE, où cette taxe n'est pas appliquée.

Ce phénomène ne va, à mon avis ne faire que s'accentuer...

Et pourtant notre gouvernement qui n'empoche pas la TVA, sur les produits acquis au sein de l'UE, ne semble pas réagir à ce que cette Commission d'Albis ne protège en fait que les intérêts des sociétés de l'industrie culturelle ...


Blastm
Le 20 Février 2008 à 08h45
 

c'est pas tout a fait vrai, de tête, tout magasin faisant plus de 50% de sont CA hors de ses frontières en europe; est tenu de s'acquitter de la tva du pays client.
c'est comme ca qu'étonnament, de nombreux sites de ventes de supports vierges ne t'appliquent pas la TVA de leur pays, mais la TVA française (ce qui ne fait pas grande différence en général, vu qu'elle est de 21% en Belgique, 19% en Allemagne, 17,5 au royaume unis et 15% au luxembourg..)

par contre, c'est vrai que l'état ne touche pas la TVA qu'il perçois en france sur la redevance.
Natasha
Le 20 Février 2008 à 10h11


Je ne parlais évidement pas des achats réalisés par les magasins ? ? ?

Je parlais des achats de supports numériques vierges enregistrables réalisés directement par les consommateurs sur les sites de ventes en ligne, dans des pays de la CE ou la taxe française sur les supports numériques enregistrables ne s'applique pas.

Ce qui a pour conséquence, qu'outre le manque à gagner concernant ladite taxe, il y a effectivement un manque à gagner sur la TVA qui n'est pas encaissée par la France.

Et je te rappelle qu'il y a de plus en plus de consommateurs français qui n'achètent plus leurs supports numériques vierges en France, mais à partir d'un pays membre de la CE !


Blastm
Le 20 Février 2008 à 12h24
 


Ben on parles de la même chose.
De très nombreux Magasins/sitesweb étrangers appartenant à l'UE font tellement de business avec la France (ou d'autres pays de l'union) qu'ils sont donc tenus de te faire payer la tva française. je pourrais te donner des exemples, mais bon...
étonnant, non?
Natasha
Le 20 Février 2008 à 14h38



Ben non justement nous ne parlons pas de la même chose !

Effectivement les sites étrangers en question sont obligés de faire payer la TVA au même taux que celui qui est applicable dans le pays où réside l'acheteur.

Mais, à ma connaissance, ils ne reversent pas la TVA au pays en question.

Si tu as des textes ou des exemples à me donner qui prouvent le contraire, ne te gène pas pour me les montrer.
Blastm
Le 20 Février 2008 à 22h53
 

si c'etait le cas, je trouverais ca très con.
mais en même temps je suis pas gestionnaire d'une boutique internationale, je sais pas comment ils font leur compta.
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