EXCLUSIF : 48H de garde à vue pour un serveur eDonkey en France
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 28 Mars 2007 à 10h34 -
posté dans High-Tech
Selon des informations obtenues par Ratiatum, l'administrateur d'un serveur eDonkey installé en France, qui a arrêté ses activités depuis plusieurs mois, a été placé la semaine dernière en garde à vue pendant 48 heures. Alors que la SCPP avait abandonné ses poursuites, la Sacem a décidé de les maintenir...
Depuis que la CNIL a interdit la chasse aux internautes en France, les lobbys du droit d'auteur en France ont changé leur fusil d'épaule et décidé de s'attaquer aux structures techniques qui permettent aux échanges de fichiers d'avoir lieu. Au cour de l'année 2006, aidé par la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information (DADVSI), ils ont multiplié les attaques à l'encontre notamment des serveurs eDonkey en France. La Société Civile des Producteurs de Phonogrammes (SCPP) dit avoir "enjoint à 43 serveurs de réseaux P2P de mettre fin à leur activité", et indique que "27 ont obtempéré pour l'instant". Selon nos informations, à chaque fois que la SCPP a obtenu l'arrêt volontaire du serveur (parfois par simple demande formulée par e-mail), elle n'a pas amorcé de poursuite judiciaire.
Mais il n'en est pas de même pour la Sacem, qui a de son côté également entamé des actions à l'encontre de serveurs eDonkey, et souhaite aller jusqu'au bout. Ils se fondent sur l'amendement Vivendi de la la loi DADVSI, qui condamne l'édition d'un logiciel "manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés". La société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique a commencé en 2004 à réunir des preuves sur l'activité de certains serveurs eDonkey, et n'a pas abandonné ses poursuites après les fermetures intervenues il y a plusieurs mois. C'est donc suite à cette politique répressive, et sans qu'aucune mise en demeure n'ait jamais été envoyée, que l'un des administrateurs de serveurs eDonkey en France, qui avait arrêté toute activité liée à eDonkey, a subi la semaine dernière une garde à vue de 48 heures dans des locaux parisiens de la police judiciaire.Son seul tort serait d'avoir mis en ligne un serveur eDonkey qui, bien sûr, est utilisé massivement pour l'échange de fichiers piratés, mais sert également à la diffusion parfaitement licite de fichiers protégés par des licences plus souples (notamment les musiques de Jamendo, qui fêtait hier son millionnième album distribué par P2P, ou l'ensemble des téléchargements proposés depuis plusieurs années par Ratiatum). Toujours selon nos informations, les autorités qui agissaient selon les éléments réunis par la Sacem s'attendaient à retrouver chez le prévenu les quelques centaines de milliers voire millions de fichiers échangés grâce au serveur eDonkey. Evidemment, ils n'ont rien trouvé si ce n'est quelques CD gravés que l'on trouve dans tous les foyers. Contactée hier par Ratiatum, la Sacem n'a pas encore réagi à ces informations. Il ne reste plus qu'un seul serveur eDonkey en France Suite aux actions conjointes de la SCPP et de la Sacem, un seul serveur eDonkey reste debout malgré les pressions : Cortex. Contacté par Ratiatum, son administrateur indique qu'il n'a pas l'intention de céder mais qu'il a déjà indiqué à la SCPP qu'il était tout disposé à filtrer la liste des fichiers MP3 que lui communiquerait l'organisation qui protège les droits des grandes maisons de disques en France. "Aucun de nos membres n'ayant, à notre connaissance, autorisé des échanges sur le réseau eDonkey, seules les interprétations tombées dans le domaine public peuvent être échangées sans autorisation. Notre base de donnée étant librement consultable en ligne, tout administrateur de serveur eDonkey est en mesure de déterminer les interprétations tombées dans le domaine public en matière de droit voisin et de créer une base de données de celles-ci", nous indique Marc Guez, le directeur général de la SCPP. Selon Cortext, cette base de données est cependant inexploitable en l'état puisqu'elle permet uniquement de vérifier si un titre précis figure ou non au répertoire de la SCPP, mais aucune liste exhaustive de toutes les chansons à protéger ne peut être téléchargée pour être ensuite traitée de façon automatisée. La SCPP refuse de lui fournir une telle liste. "Des entreprises comme Audible Magic ou Snocap gèrent des bases de données de phonogrammes protégés que les administrateurs de serveurs pourraient utiliser pour filtrer les contenus non autorisés", explique M. Guez, pour qui "il appartient aux administrateurs de ces serveurs, et non à la SCPP, de prendre les mesures nécessaires pour filtrer les contenus non autorisés ou, au contraire, pour ne référencer que les contenus dans le domaine public ou faisant l'objet d'une licence libre, du type Creative Commons". Actuellement aucune jurisprudence en France ne permet d'affirmer que la SCPP a tort ou raison. La clé figure sans doute dans la qualification juridique du serveur eDonkey. S'agit-il, comme le souhaiteraient les organisations de droits d'auteurs, d'un logiciel d'échange de fichiers, auquel cas l'amendement Vivendi pourrait être appliqué par un juge ? Ou s'agit-il d'un simple intermédiaire technique au sens de la la loi sur l'économie numérique (LEN), auquel cas le régime favorable aux intermédiaries s'appliquerait et obligerait les producteurs à notifier aux serveurs chacun des fichiers à bloquer ? Si la SCPP maintient son action, Cortex est décidé à aller aussi loin qu'il le faudra pour que jurisprudence soit dite. Pour le gardé à vue de la semaine dernière, le débat juridique aura de toute façon lieu. Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «EXCLUSIF : 48H de garde à vue pour un serveur eDonkey en France»
'L-observateur', le 01/01/1970 - 01:00 tss tss les responsables sont les députés qui ont voté pour la loi et par conséquent les électeurs qui les ont nommé. des législatives arrivent, ne les oubliez pas, ces députés-là Si les députés UMP n'avaient pas été bien dociles, Dominique de Villepin aurait dégainé le 49.3 et on l'aurait dans le cul tout pareil. tout simplement l'industrie du divertissement. beaucoup d'argent et de subventions publiques dont une partie revient sous forme de - hum - donations pour les partis politiques...
et tout le monde croque en frais de fonctionnement, même la SACEM ^^ Le 49.3 n'était pas possible après le vote de la licence globale en décembre. Après son dégagement il redevenait possible mais alors c'était moins nécessaire et plus difficile à faire en toute discrétion (Le conseil constitutionnel, la cela permettait de jouer en toute discrétion par contre).
'Guillaume, le 01/01/1970 - 01:00
Ils se fondent sur l'amendement Vivendi de la la loi DADVSI, qui condamne l'édition d'un logiciel "manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'œuvres ou d'objets protégés" D'où tiens-tu ça ? De la SACEM ? C'est étonnant qu'ils se basent sur cet article pour faire fermer un serveur ou pour leur imposer un filtrage... 'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
'Guillaume, le 01/01/1970 - 01:00
Ils se fondent sur l'amendement Vivendi de la la loi DADVSI, qui condamne l'édition d'un logiciel "manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'œuvres ou d'objets protégés" D'où tiens-tu ça ? De la SACEM ? C'est étonnant qu'ils se basent sur cet article pour faire fermer un serveur ou pour leur imposer un filtrage... Pas de la Sacem elle-même non, elle n'a pas encore répondu à ma demande de commentaire. Mais ma source semble bien informée. Mais pour imposer un filtrage, l'amendement Vivendi est justement prévu pour (dans son volet civil). Qu'appelles-tu l'amendement Vivendi, donc ? Le 267 ?
D'après un ancien article tu évoquais l'amendement 150. Dans ton article, c'est du volet pénal dont tu parles avec la notion de "logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'œuvres ou d'objets protégés". Même s'il s'agit du 267, je vois pas trop le rapport avec les serveurs... 'neo2004pf', le 01/01/1970 - 01:00
'L-observateur', le 01/01/1970 - 01:00 RDDV n'obéit qu'aux désirs de son chef de gouvernement et du chef de l'Etat, qui eux sont pressionnés par les lobbys. Sarkozy n'est pas responsable de tout. Je ne dis pas que Sarkozy est responsable de tout. Je dis que le fait que des policiers puissent mettre des gens en garde à vous pour un oui ou pour un non est dû à sa politique ultra-sécuritaire et à son principe de tolérance zéro. tu dis vraiment n'importe quoi... Je soutiendrais toujours le p2p, que ce soi par l'entretien de serveurs ou autre ...
Si des Français soucieux de ne pas encourir de risques souhaite monter un serveur eDonkey, sa sera avec plaisir que je leur offrirai l'infrastructure et/ou moyen financier pour le faire. Il est normal de défendre notre outil de travail ... tout le monde sait qu'un serveur p2p sert à la piraterie.
Pitié arrêter de parler de ce que vous ne connaissez pas ... 'Buzé', le 01/01/1970 - 01:00
'neo2004pf', le 01/01/1970 - 01:00
'L-observateur', le 01/01/1970 - 01:00 RDDV n'obéit qu'aux désirs de son chef de gouvernement et du chef de l'Etat, qui eux sont pressionnés par les lobbys. Sarkozy n'est pas responsable de tout. Je ne dis pas que Sarkozy est responsable de tout. Je dis que le fait que des policiers puissent mettre des gens en garde à vous pour un oui ou pour un non est dû à sa politique ultra-sécuritaire et à son principe de tolérance zéro. tu dis vraiment n'importe quoi... Oui c'est vrai, on dit tous n'importe quoi bien sur. D'ailleurs nous ne sommes pas les seuls bizarrement: Ruptures 'Le, le 01/01/1970 - 01:00
'Buzé', le 01/01/1970 - 01:00
'neo2004pf', le 01/01/1970 - 01:00
'L-observateur', le 01/01/1970 - 01:00 RDDV n'obéit qu'aux désirs de son chef de gouvernement et du chef de l'Etat, qui eux sont pressionnés par les lobbys. Sarkozy n'est pas responsable de tout. Je ne dis pas que Sarkozy est responsable de tout. Je dis que le fait que des policiers puissent mettre des gens en garde à vous pour un oui ou pour un non est dû à sa politique ultra-sécuritaire et à son principe de tolérance zéro. tu dis vraiment n'importe quoi... Oui c'est vrai, on dit tous n'importe quoi bien sur. D'ailleurs nous ne sommes pas les seuls bizarrement: Ruptures nan mais j'ai jamais dit que ce qu'avait fait Sarko au ministère de l'intérieur était bien mais faut arrêter de tout mélanger c'est pas à cause de la politique de Sarko que les types ont été placés en garde à vue enfin bref ça se saurait si Neo savait argumenter 'Buzé', le 01/01/1970 - 01:00
nan mais j'ai jamais dit que ce qu'avait fait Sarko au ministère de l'intérieur était bien mais faut arrêter de tout mélanger c'est pas à cause de la politique de Sarko que les types ont été placés en garde à vue enfin bref ça se saurait si Neo savait argumenter Bah si, faut suivre, on t'a déjà répondu : Sarkozy est très largement responsable de l'adoption de DADVSI. Il a placé d'amicales pressions sur tous les députés UMP un tant soit peu réfractaire et a orchestré le tout. De plus, il a aussi largement facilité les possibilités de garde à vue, d'allongement de celles-ci, etc. Faut arrêter de mettre tout sur le dos de Sarko, la gauche c'est la même chose.
Eric Besson (l'ex-économiste du PS) était le PDG de Vivendi. je cite Neo
e ne dis pas que Sarkozy est responsable de tout. Je dis que le fait que des policiers puissent mettre des gens en garde à vous pour un oui ou pour un non est dû à sa politique ultra-sécuritaire et à son principe de tolérance zéro.
donc d'après vous c'est à cause de la politique ultra sécuritaire de Sarko que les types ont été mis en garde à vue ? 'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
Qu'appelles-tu l'amendement Vivendi, donc ? Le 267 ? D'après un ancien article tu évoquais l'amendement 150. Dans ton article, c'est du volet pénal dont tu parles avec la notion de "logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'œuvres ou d'objets protégés". Même s'il s'agit du 267, je vois pas trop le rapport avec les serveurs... C'est toi qui extrapole, je n'ai pas parlé de demande de filtrage de la part de la Sacem. Elle semble attaquer sur le volet pénal de l'amendement Vivendi. Mais rien n'exclu qu'elle se serve également du volet civil pour exiger un filtrage (cela dit vu que le serveur est fermé... la question ne se pose pas tellement). 'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
C'est toi qui extrapole, je n'ai pas parlé de demande de filtrage de la part de la Sacem. C'est toi qui extrapoles car je n'ai jamais dit le contraire Je suis juste surpris que la SACEM utilise "l'amendement Vivendi pénal" alors que cela ne concerne pas l'éditeur du logiciel. Bref, vu que cela ne provient pas de la SACEM, je doute de ta source 'Tartiflou', le 01/01/1970 - 01:00
'Kad, le 01/01/1970 - 01:00
C'est toi qui extrapole, je n'ai pas parlé de demande de filtrage de la part de la Sacem. C'est toi qui extrapoles car je n'ai jamais dit le contraire Je suis juste surpris que la SACEM utilise "l'amendement Vivendi pénal" alors que cela ne concerne pas l'éditeur du logiciel. Bref, vu que cela ne provient pas de la SACEM, je doute de ta source Ca ne concerne pas l'éditeur ? Ah bon... Article 21 (de la loi DADVSI) Après l'article L. 335-2 du code de la propriété intellectuelle, il est inséré un article L. 335-2-1 ainsi rédigé : « Art. L. 335-2-1. - Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 300 000 EUR d'amende le fait : « 1° D'éditer, de mettre à la disposition du public ou de communiquer au public, sciemment et sous quelque forme que ce soit, un logiciel manifestement destiné à la mise à disposition du public non autorisée d'oeuvres ou d'objets protégés ; « 2° D'inciter sciemment, y compris à travers une annonce publicitaire, à l'usage d'un logiciel mentionné au 1°.
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