L'accord entre les FAI et le Cinéma touche à sa fin
Guillaume Champeau -
publié le Lundi 18 Décembre 2006 à 10h40 -
posté dans High-Tech
L'accord signé il y a un an entre les fournisseurs d'accès à internet et les professionnels du cinéma expire mercredi soir à minuit. Alors que seuls des détails semblaient devoir être renégociés, aucun accord de prorogation n'est encore intervenu. Que se passera-t-il jeudi ?
Il y a tout juste un an, Renaud Donnedieu de Vabres se félicitait qu'intervienne un accord entre le monde d'internet et le monde du cinéma. Souvent l'a-t-il rappelé pendant les débats sur la loi DADVSI, pour montrer que les négociations étaient possibles et surtout que les deux mondes a priori opposés pouvaient parvenir à un engagement commun. Mais c'était oublier l'acharnement des professionnels de l'audiovisuel et du cinéma à ne pas vouloir prendre en compte les réalités du marché parallèle du P2P.
L'accord signé le 20 décembre 2005 prévoyait entre autres mesures de permettre aux acteurs de la vidéo à la demande (VOD) de placer les films dans leur catalogue 33 semaines - 7 mois et demi - après leur ouverture en salle. Il devait mettre fin à une incertitude juridique. Il y avait en effet à l'époque débat pour savoir si la VOD devait s'aligner sur les services de Pay-per-view qui doivent attendre neuf mois après la sortie en salle, ou si elle devait s'aligner plutôt sur les ventes et locations de DVD, qui sont ouvertes six mois après le premier jour d'exploitation du film. La poire fut coupée en deux pour satisfaire les FAI sans se mettre à dos les vidéoclubs, qui restent un maillon fort de la chaîne économique du cinéma.Mais l'accord ayant été accouché après un travail difficile et douloureux, il avait été convenu de limiter son effet à un an, pour obliger tous les signataires à revenir à la table des négociations pour décembre 2006 : ARP, Blic, Bloc, Alpa, Canal+, France Télévisions, France Télécom, SACD, Afa et TF1. Nous y sommes et à deux jours de l'échéance, aucun accord de prolongation n'a encore été signé. La dernière réunion s'est tenue jeudi dernier sous l'égide du Centre National de la Cinématographie. "Pas de clash mais pas d'accord", s'est laissé dire Satellifax, qui rapporte l'information ce matin. Pour éviter le piratage, évitons de vendre des films La tension autour du piratage vidéo a augmenté en un an, et les industries du cinéma veulent davantage de garanties avant de signer un éventuel alignement de la fenêtre de VOD sur celle des vidéoclubs. Le BLIC, le Bureau de Liaison des Industries Cinématographiques, semble être le principal opposant au consensus. Ce lobby de l'industrie du cinéma en France, équivalent pour la pellicule du Snep pour le disque, ne veut pas revoir la chronologie des médias pour mettre fin à l'avantage concurrentiel des vidéoclubs et supermarchés, et exige des fournisseurs d'accès davantage d'engagement contre "la piraterie". Nicolas Seydoux, le président de Gaumont qui tient le BLIC d'une main de fer et est personnellement responsable d'une grande lenteur du cinéma français dans son adaptation aux réalités numériques (il préside également l'ALPA, l'Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle), apportait récemment aux Echos toute la lumière de sa brillante pensée. "Ce n'est pas parce que les délais de diffusion seront réduits que celui qui a décidé de télécharger gratuitement un film y renoncera", disait-il. Pour lui, les FAI se trompent lorsqu'ils demandent de pouvoir rivaliser davantage avec le P2P en ayant la possibilité d'offrir plus rapidement les films en téléchargement légal et payant. Mais en réalité, M. Seydoux cherche surtout à protéger un circuit de distribution dans lequel ses intérêts sont mieux servis. "Le producteur Gaumont reçoit plus d'un ticket de salle que d'un DVD, et plus d'un DVD que d'un téléchargement [payant]", reconnaissait-il dans le même journal économique.Pour satisfaire les exigences du Blic et de son alter-ego le Bloc (né d'un schisme du Blic à la fin des années 1990), l'Association des Fournisseurs d'Accès et Orange ont soumis un nouveau préambule relatif à la lutte anti-piratage, qui a été accepté lors de la dernière réunion au CNC. Ils proposeront en plus une déclaration commune, pour tenter de dénouer le noeud. Jeudi, fournisseurs d'accès et professionnels de l'audiovisuel et du cinéma doivent à nouveau se réunir pour tenter de signer un accord, qui sauvera in extremis l'accord de 2005. A défaut, les services de vidéo à la demande devront-ils revoir leurs catalogues et s'aligner sur la fenêtre du Pay-per-view, à neuf mois ? Pour le moment, personne n'ose l'imaginer. Et pour les internautes, ces discussions n'ont absolument aucun enjeu. Tous les films sont disponibles gratuitement sur les réseaux P2P dès leur sortie en DVD, voire quelques semaines ou plusieurs mois avant. Si aucun accord n'est signé cette semaine, ils continueront paisiblement à télécharger des films en toute illégalité, et l'industrie du cinéma continuera à ne rien toucher de ces téléchargements réalisés en marge de la chronologie des médias... Une chronologie des médias qui n'avait un sens que lorsque l'industrie cinématographique pouvait encore contrôler la mise à disposition de ses oeuvres. Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «L'accord entre les FAI et le Cinéma touche à sa fin»
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Celestus
le 18/12/2006 à 12:22
Espérons de tout coeur que ces gamins continueront de se chamailler pour espérer sauver un modèle périmé ou espérer créer un modèle inimposable (VOD). Pendant ce temps là, nous, on fait la fete...
L'eternel problème de ces mecs la
Comment continuer à s'engraisser comme un parasite sur le dos des artistes et des consommateurs? Je pense que le fond du problème est la al4az, le 01/01/1970 - 01:00
L'eternel problème de ces mecs la Comment continuer à s'engraisser comme un parasite sur le dos des artistes et des consommateurs? Je pense que le fond du problème est la Qui peut accepter de se reconnaitre comme un parasite ? Lorsque Mano s'exprimait sous le nom de RAOUL, il demandait une solution de rechange. C'est celle-ci. (Pour la musique en tout cas). Il faudrait que les majors reconnaissent le fait qu'ils sont des parasites, qu'ils abandonnent leurs privilèges en s'excusant auprès des auteurs, et qu'ils fondent des entreprises à petit budget chargées de diffuser de la musique via format téléchargeable sans DRM à moindre cout, et surtout qu'ils fassent plus de spectacles. Il serait bien plus logique pour un artiste chanteur de retourner aux sources et de vivre de la scène, car en fin de compte c'est son essence meme, la scène. Pas forcément dans des tournées phénoménales, mais dans des concerts répartis au gré de l'artiste, selon ses propres décisions, où il veut quand il veut. Il serait bien plus logique que les agents des artistes, qui ont aujourd'hui si peu de pouvoirs, se remettent à fréquenter les bars en quete de nouveaux talents, ou que les artistes eux-memes les invitent pour se faire découvrir. Il serait aussi bien plus logique que le monde des artistes soit un monde à part, un monde qui ne soit plus du tout pourri par la pub, car après tout, l'art, c'est à nous d'aller vers lui, pas l'inverse. Avez-vous déjà vu des publicités pour les musés vous ? Pour les galleries d'art ? Pour les concerts (ceux qui ne sont pas monumentales) ? En zappant la publicité, l'économie deviendrait énorme, et les majors, inutiles. Tout le piveau central du problème est là. Cette nom de Dieu de saloperie de pub ! En gros, il s'agit de donner aux artistes les pouvoirs, droits et responsabilités qui leur reviennent de droit. Bien sur, ce modèle est totalement irréalisable volontairement. Pourquoi ? Parce que le système actuel satisfait tout le monde. Tout le monde, sauf... le consommateur. (Enfin on dit plus consommateur de nos jours, mais pirate Croyez-vous que les majors vont abandonner leur fric si facilement ? Croyez-vous que les artistes vont abandonner leur situation confortable du "on me dit ce que je dois faire et du reste je gagne mon fric et j'en profite" ? (jusqu'à ce qu'on me jette) Croyez-vous que les fabriques de presse de CDs vont accepter de fermer si facilement ? Croyez-vous que la pub va accepter de lacher le morceau si facilement ? Le système utopique dont j'ai parlé plus haut est, et j'en suis sur à 100%, le système qui s'imposera de lui-meme dans l'avenir. Pour l'instant, la mise en place de ce système passe par l'auto-destruction lente de l'ancien par l'étouffement de ses propres racines (cad le consommateur, syn. voleur), et c'est déjà en marche. Pour le cinéma, c'est plus difficile de voir les choses, mais je suis sur qu'il y a pas mal d'économies à se faire, entre la publicité qui ne sert à rien, les bandes annonces qui ne servent à rien (celles du net suffisent), les images de synthèse et les effets spéciaux qui deviennent de plus en plus facile à faire (et donc moins cher) avec l'apparition des shaders, avec l'introduction des formats numériques dans les salles de cinéma, etc... je pense aussi que le cinéma va vers un model de VoD, mais sans majors dignes de ce nom, sans DRMs, et sans le prix incroyable qui est demandé en ce moment. Ce qui coute le plus, de toute façon, c'est souvent la pub. Cette saloperie de publicité. Après tout, c'est prouvé, seul un mauvais film a besoin de publicité pour faire de la recette. Les bons films font de la recette de toute façon, grace au bouche à oreille. Les bons films se vendent, les mauvais ne se vendent pas, ya pas de secret. Qu'en penses-tu Kad ? Nicolas Seydoux.
Pascal Nègre. Hervé Rony. La triplette de conservateur abrutis qui font en sorte que la culture soit la plus réduite et la plus rare possible ; en proportion inverse du remplissage de leur portefeuille. La triplette dont les déclarations donnent envie de pirater au plus honnête des internautes. La triplette qui partouze allègrement avec RDDVDVDL afin de mettre le politique à sa botte. Une catastrophe. Je les hais. Celestus, le 01/01/1970 - 01:00
Il serait bien plus logique pour un artiste chanteur de retourner aux sources et de vivre de la scène, car en fin de compte c'est son essence meme, la scène.La question n'est pas de le remettre en question, mais de le produire à un coût moindre (réduction de la pub, comme tu le soulignes) et de le vendre à un prix plus juste (moins cher pour l'auditeur mais avec une marge meilleur pour l'artiste). Il serait alors à la fois plus accessible financièrement et rentable à un nombre bien moindre de ventes. Car si un artiste doit vivre de son travail, avoir besoin d'en vendre moins rendrait les artistes moins vendeurs plus attractifs pour le public, les aiderait à se faire connaître, et permettrait à plus d'entre eux de vivre à 100% de leur musique. Qui y laisserait des plumes (moindres bénéfices)? Ah, les majors? C'est sans doute pour ça que là, ça coince. Avez-vous déjà vu des publicités pour les musés vous ? Pour les galleries d'art ? Pour les concerts (ceux qui ne sont pas monumentales) ? Ben oui Cette nom de Dieu de saloperie de pub !
Reste poli, s'il-te-plait! Le Bon Dieu n'y est pour rien si certains sont des assoiffés d'argent. le système actuel satisfait tout le monde. Tout le monde, sauf... le consommateur. Et les nombreux artistes qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts, car ils ne sont pas jugés rentables. la mise en place de ce système passe par l'auto-destruction lente de l'ancien par l'étouffement de ses propres racines (cad le consommateur, syn. voleur), et c'est déjà en marche. Pas sûr...les dvds et cds se vendent encore, ne serait-ce que parce qu'il y aura toujours de la demande pour la culture. Et maintenant que le confort d'avoir des films et de la musique à domicile fait partie de notre quotidien, je vois mal qui se limiterait aux salles de cinéma et aux concerts. il y a pas mal d'économies à se faire, entre la publicité qui ne sert à rien, les bandes annonces qui ne servent à rien (celles du net suffisent), les images de synthèse et les effets spéciaux qui deviennent de plus en plus facile à faire (et donc moins cher) avec l'apparition des shaders, avec l'introduction des formats numériques dans les salles de cinéma, etc... Je l'avais déjà dit, mais certains en doutaient. Le salaire de certains acteurs (au sens large) de la création d'un film serait aussi à revoir. La qualité ne vient pas du prix investi, mais le cinéphile non averti a parfois l'impression inverse, car les blockbusters sont souvent des films très coûteux. |
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