Mort, le vinyle ? Aux États-Unis, le disque microsillon est véritablement revenu d'entre les morts, à tel point qu'il rapporte plus que le streaming gratuit.

Faut-il y voir la faiblesse du streaming gratuit ou bien la vigueur retrouvée du vinyle ? Sans doute un peu des deux. Alors que l'on constatait sa disparition progressive du paysage musical, terrassé par l'hégémonique CD, le disque microsillon revient en force depuis quelques années. Aujourd'hui, il se permet même de rapporter plus d'argent que les services d'écoute gratuite et financés par de la publicité.

Ce bouleversement a eu lieu aux États-Unis au cours du premier semestre 2014, selon une étude (.pdf) conduite par la Recording Industry Association of America (RIAA), une organisation dont la mission centrale est de défendre les intérêts de l'industrie du disque.

Au cours de cette période, les disques vinyles ont rapporté environ 145,8 millions de dollars, contre 128 millions pour les plateformes musicales gratuites, soit un écart de 17,8 millions. Un an plus tard, celui-ci s'est creusé pour atteindre 59,1 millions : le vinyle a rapporté 221,8 millions de dollars, contre 162,7 millions du côté du streaming gratuit.

Le retour en grâce du vinyle, qui était déjà perceptible dans les années 2000 avec des records de vente battus régulièrement, demeure toutefois relativement limité : la vente de musique sur support physique (ce qui inclut le vinyle) ne pèse "que" 24 % de l'ensemble du marché aux USA, tandis que les ventes par téléchargement et le streaming dans son ensemble (dont les abonnements) pèsent respectivement 40 et 32 %.

En France, il est plus délicat de mesurer le niveau d'intérêt que suscite le vinyle au sein de la population à cause de l'absence de calcul pour ce marché, selon le syndicat national de l'édition phonographique (SNEP), du fait de la non-affiliation de nombreux labels indépendants, qui sortent de facto de son radar. Mais, interrogés l'an dernier par Le Figaro, des disquaires ont noté eux aussi un certain retour en grâce.

Outre les qualités sonores qu'on lui prête, jugées par certains mélomanes comme meilleures que celles proposées par le CD ou le fichier numérique (on dit que le son est plus chaud et plus naturel, causé en partie par le craquement de la poussière), le disque vinyle profite aussi d'une image d'élégance, à la fois rétro et branchée.

Le plaisir du contact avec l'objet et la beauté des pochettes sont aussi, en tout cas pour le collectionneur, des éléments qui participent à cette représentation commune, alors que l'écoute elle-même donne parfois lieu à un véritable petit cérémonial, de la sortie du disque de sa pochette à son installation sur le lecteur, en passant par le petit coup de chiffon sur les sillons et le posé délicat de l'aiguille sur le disque.

( photo : CC BY Christian H. )

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