Un Marocain de 37 ans a été condamné par la cour d'appel de Paris à cinq ans d'emprisonnement, et à quitter définitivement le territoire français à sa sortie de prison. Il avait une activité de militantisme djihadiste particulièrement vive sur internet.

La cour d'appel de Paris a prononcé mardi une peine de 5 ans de prison ferme à l'encontre de Fahd Jobrani, un pêcheur marocain de 37 ans installé à Notre-Dame-de-Bliquetuit (Seine-Maritime), près de Rouen. Il était poursuivi pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes terroristes", pour son activité intensive sur internet en faveur du djihad. La peine a par ailleurs été assortie d'une interdiction définitive du territoire français, alors qu'il est marié avec une Française résidant en France.

Le condamné appréhendé le 8 juillet 2013 "avait élu domicile dans un café dans lequel il passait une grande partie de ses journées et inondait la toile de ses diatribes djihadistes ainsi que de ses appels à mener des attaques terroristes en France", écrivait Le Figaro le 20 janvier dernier lors de sa première condamnation, intervenue dans le contexte très lourd des attentats contre Charlie Hebdo et l'épicerie juive de Vincennes. "Des heures durant, il se répandait en diatribes contre la France et l'Occident, écrivant : «On ne restera plus derrière nos claviers». En septembre 2012, il avait posté sur Youtube trois vidéos, qu'il avait retirées peu après, dans lesquelles il apparaissait enturbanné. Quelques mois plus tard, il s'était vanté sur un forum sur internet de créer une «katiba», une brigade, pour al-Qaïda au Maroc".

"Le cyberdjihadiste de 36 ans enjoignait ses interlocuteurs de «défendre le prophète» et évoquait la création d’une Katiba dont le but était de viser les intérêts occidentaux au Maroc afin de provoquer «une catastrophe qui sera à la télévision»", avait précisé Paris Match.

DES ÉCRITS MAIS PAS D'ARMES

Dans ses échanges écrits, l'homme se vantait d'avoir une Kalachnikov et de vouloir "la vider sur les chiens", en parlant des Français. Mais aucune arme, aucun explosif ni aucun élément matériel démontrant un début de préparation d'attentat n'avait été retrouvé chez lui lors des perquisitions. A l'audience, il expliquera qu'il voulait simplement s'amuser, que c'était "des paroles en l'air", pour passer le temps.

Contactée par Numerama, son avocate Me Anne-Sophie Laguens indique qu'elle avait plaidé la re-qualification des faits en "apologie d'actes de terrorisme", moins lourde sur le plan pénal, mais sans succès. Le parquet et les juges ont retenu qu'il y avait bien des liens entre le prévenu et les réseaux terroristes, même ne s'il s'agissait que de simples échanges épistolaires.

"Ce que nous contestions était moins la peine de cinq ans d'emprisonnement, puisqu'il en déjà effectué trois et que sa sortie est proche, que l'interdiction du territoire qui l'obligera à s'éloigner de son épouse qui est française et qui réside en France", ajoute Mme Laguens. "Nous allons profiter du temps restant pour nous battre sur les mesures d'aménagement de la peine".

Pour le moment, aucune décision n'a été prise sur un éventuel pourvoi en cassation, étape obligatoire d'accès à la Cour européenne des droits de l'homme.

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