Un site américain propose de lister les pages censurées par Google au nom du droit à l'oubli qu'il doit accorder aux personnes qui lui en font la demande.

Applaudie dans un premier temps par les observateurs et les responsables politiques qui n'ont voulu y voir qu'une protection de la vie privée pour les internautes, la décision de la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) d'imposer à Google qu'il accorde un droit à l'oubli dans les résultats de son moteur de recherche s'est avérée être aussi dangereuse que nous l'avions craint pour la liberté d'expression et d'information. Par effet de bord, elle provoque aussi un bouleversement dans la hiérarchie des pouvoirs, au profit d'une entreprise privée à qui est confiée une partie du pouvoir judiciaire.

La décision de la CJUE et sa mise en application délibérément provocatrice par Google sont donc de plus en plus contestés, par ceux qui prennent conscience que ce n'est pas à une entreprise privée de décider de quelles informations sont d'intérêt public (auquel cas le droit à l'oubli n'est pas accordé), et quelles informations peuvent être dissimulées sans conséquence pour la liberté d'expression.

Ainsi le développeur américain Afaq Tariq a mis en ligne Hidden From Google, un site qui propose aux internautes de référencer collaborativement les résultats censurés par Google. Chaque fois, le site référence non seulement la page web concernée, mais aussi et surtout les termes de recherches saisies qui provoquent la censure. Il s'agit le plus souvent du nom de la personne qui a demandé à bénéficier du droit à l'oubli, et qui se retrouve ainsi clouée au pilori.

Ne sont (actuellement ?) listés sur le site que des articles de presse censurés, et non des pages lambda qui référenceraient des informations personnelles de parfaits inconnus.

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