Publié par Guillaume Champeau, le Mardi 15 Juillet 2014

Un site pour se souvenir de ceux qui ont eu droit à l'oubli

Un site américain propose de lister les pages censurées par Google au nom du droit à l'oubli qu'il doit accorder aux personnes qui lui en font la demande.

Applaudie dans un premier temps par les observateurs et les responsables politiques qui n'ont voulu y voir qu'une protection de la vie privée pour les internautes, la décision de la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE) d'imposer à Google qu'il accorde un droit à l'oubli dans les résultats de son moteur de recherche s'est avérée être aussi dangereuse que nous l'avions craint pour la liberté d'expression et d'information. Par effet de bord, elle provoque aussi un bouleversement dans la hiérarchie des pouvoirs, au profit d'une entreprise privée à qui est confiée une partie du pouvoir judiciaire.

La décision de la CJUE et sa mise en application délibérément provocatrice par Google sont donc de plus en plus contestés, par ceux qui prennent conscience que ce n'est pas à une entreprise privée de décider de quelles informations sont d'intérêt public (auquel cas le droit à l'oubli n'est pas accordé), et quelles informations peuvent être dissimulées sans conséquence pour la liberté d'expression.

Ainsi le développeur américain Afaq Tariq a mis en ligne Hidden From Google, un site qui propose aux internautes de référencer collaborativement les résultats censurés par Google. Chaque fois, le site référence non seulement la page web concernée, mais aussi et surtout les termes de recherches saisies qui provoquent la censure. Il s'agit le plus souvent du nom de la personne qui a demandé à bénéficier du droit à l'oubli, et qui se retrouve ainsi clouée au pilori.

Ne sont (actuellement ?) listés sur le site que des articles de presse censurés, et non des pages lambda qui référenceraient des informations personnelles de parfaits inconnus.

Publié par Guillaume Champeau, le 15 Juillet 2014 à 10h24
 
18
Commentaires à propos de «Un site pour se souvenir de ceux qui ont eu droit à l'oubli»
Inscrit le 16/10/2011
1615 messages publiés
surtout les termes de recherches saisies


C'est plutôt les termes des recherches qui sont saisis, non ?
Inscrit le 11/05/2010
119 messages publiés
Hmmm.... La prochaine étape, vous allez voir, ce sera un plugin pour navigateur qui va réinsérer automatiquement les résultats censurés lorsqu'on fait une recherche dans les moteurs censurés....
Inscrit le 23/09/2006
3237 messages publiés
owi owi owi c"est clair que c'est le genre de blague susceptible d'arriver
Inscrit le 05/04/2011
1585 messages publiés
J'adore.

je plussoie ce gars.
Inscrit le 03/10/2011
6282 messages publiés
Demos                               Numerama.com                    source

Où commence la censure par rapport à la liberté d'expression au profit des entreprises privées ?

Vous avez 4h, je passe chercher les copies.
Inscrit le 23/09/2008
1781 messages publiés
Hm, ok pour l'idée mais y'a que 15 liens pour l'instant.
On ignore si la mayo va prendre ou si le site va sombrer rapidement dans [le droit à] l'oubli.
Inscrit le 20/11/2004
2088 messages publiés
Question, on ne peut pas faire ça de façon peu ou prou automatisée, en comparant Google sans restriction géographique ( .com/ncr , quoi, "ncr" pour "no country redirect", les vrais résultats mondiaux sans filtrage ou préférence locale) avec google FR ?
Car, si je ne m'abuse, Google supprime seulement les résultats des recherches locales.

Ce matin, j'avais soupçonné que l'auteur d'un article du Monde n'était pas blanc-blanc (il avait écrit, grosso modo, que les médicaments génériques "saydla merdeuh", qu'il faut continuer à acheter très cher les médicaments originaux youpla-boum, enfin, vous voyez l'idée, il avançait avec ses gros sabots sans la moindre subtilité). Donc, j'ai cherché son nom suivi de "conflit d'intérêt".
Sur google.fr : mention en bas de page qu'il y a peut-être des résultats supprimés au nom de blablabla.
Sur google.com/ncr : pas cette mention, plus de résultats.

Je me dis qu'il y a peut-être moyen d'automatiser les comparaisons...
[message édité par Sabinou le 15/07/2014 à 13:12 ]
Inscrit le 06/07/2014
246 messages publiés
Qu'est-ce que tu connais du processus de fabrication des médicaments génériques qui te permet de dire que ce n'est PAS de la merde?
Inscrit le 05/06/2010
32 messages publiés
C'est l'auteur de l'article du Monde qui a écrit ça, pas Sabinou. Cela s'appelle un propos rapporté.
Inscrit le 08/06/2007
922 messages publiés
C'est l'éternel combat entre les censure et le droit à l'oubli.

Nous vivons dans un monde où, bientôt, la mémoire collective sera sans limite. Un fait commis à 17 ans se verra regardé comme rédhibitoire pour une embauche à 42 alors que le rapport, 25 ans plus tard est loin d'être assuré. Et que le fait, s'il était délictuel aurait toutes les chances d'être prescrit.

Il me semble important d'arriver à trouver un juste milieu entre la censure de certaines pages au nom d'un droit à l'oubli et à la vie privée et la censure pure et simple de l'information. Je ne suis pas sur que la méthode "c'est la faute à google" soit la meilleur. On pourrait parfaitement envisager des dates à partir desquels certaines informations se "périment" et disparaissent d'elle même.

Sans compter pour les individus des distorsions en fonction des noms de famille. Appelez vous Martin Durant (toutes ressemblance avec une personne existante serait fortuite) et vous êtes assuré que les pages disparaîtrons vites sous les avalanches de réponses. Ayez un prénom et un nom plus rares et vous allez mettre des années avant qu'une informations ne passe en quatrième page de google.

Il me semble indispensable d'arriver à un compromis viable. Et je pense que la vie privé est importante. Par contre, confier à une société américaine la charge de définir ce qui peut ou non faire partie de la sphère privée alors que son intérêt et que le projet soit abandonné est le comble de la mauvaise idée.
Inscrit le 20/11/2004
2088 messages publiés
Le problème ce serait de savoir où se situe le compromis viable.

Ce matin, je soupçonnais un chercheur français de conflit d'intérêt, et en cherchant son nom sur google.fr j'ai vu mention de pages masquées, alors que chercher son nom sur google.com donnait davantage de résultats.

Qui décide, de quelles informations sont suppressibles, de quelles informations doivent rester ? Au cas par cas, ça prendrait des années.

Alors, soit on ne retient rien, soit on retient tout. On doit s'y faire, à l'idée que la façon de faire a changé, et que la mémoire devient permanente. A la rigueur, s'il est prouvé qu'il s'agit de choses faites avant sa majorité, passe encore, on peut exclure l'association d'un mot-clé à des résultats, mais sinon, mieux vaut qu'il n'y ait pas d'exception.
Inscrit le 08/06/2007
922 messages publiés
Pas d'exception signifie que votre vie (privée) ne vous appartient plus et que tout un chacun peut en disposer à sa guise, quelque soit les conséquences pour vous. Est-ce ce que vous souhaitez réellement ?
Inscrit le 10/08/2010
1450 messages publiés
La prescription, c'est uniquement pour la justice.

Y'a aucune prescription dans les faits et l'histoire: Peu importe ce que tu as fait y'a xx années, tu l'as fait, et faut l'assumer. Sur le fond, y'a aucune raison d'effacer cela.

Après, si une personne décide d'en tenir compte, alors que pour toi, ça n'a plus d'importance, c'est uniquement elle que ça regarde.

Le droit à l'oubli n'est qu'une façon détourner d'autoriser la censure.

Il faut savoir pardonner (ne plus poursuivre en justice des faits trop anciens pour avoir un sens), mais il ne faut pas oublier (les faits qui ont eu lieu doivent toujours être connus comme tel, et ne pas être "effacer")
[message édité par Chitzitoune le 15/07/2014 à 19:43 ]
Inscrit le 08/06/2007
922 messages publiés
L'oubli à toujours exister, il est très récent que la petite histoire immédiate ne disparaisse pas. Par petite histoire immédiate j'entends un fait divers sans importance qui est arrivé dans la semaine.

Notez que vous confondez l'histoire et ce qui ne fait pas l'histoire. On se foutra dans 100 ans de ce fait, mais la personne en question verra sa vie foutue.

Notez que vous vous donner le droit de juger sur vos critères, hors toutes considérations morales sauf les vôtres que personne ne connait, ne reconnait. Vous vous donner ainsi une importance global que vous n'avez pas.

Le droit à la mémoire perpétuel est une violation de la vie privée.
Inscrit le 10/08/2010
1450 messages publiés
Je me donne pas le droit de juger, mais le droit à chacun d'avoir ces convictions.

Chaque personne doit pouvoir décider, en ce qui la concerne elle, ce qu'elle estime utile ou pas de prendre en compte, en fonction des dates, des faits, de leur importances, etc.... C'est purement subjectif, et aucune limite légale n'a de sens.

La durée de la "mémoire" ne change rien à la vie privée:

Soit les faits relève de la vie privé, et les faits n'ont pas à être rendu public, même quelques minutes.
Soit les faits sont rendus publics, et à partir de la, y'a aucune limite de durée à avoir.
Inscrit le 08/06/2007
922 messages publiés
Donc l'avis de chaque personne serait plus probant que l'avis de la justice par exemple ? Prenez le cas d'une personne accusée, nombreux article, ... l'affaire se termine sur un "non lieu" trois ans plus tard, un peu discret, la presse n'aime pas se tromper.

Trois ans plus tard n'apparaissent que les articles de mise en cause, ceux du non lieu ce retrouvent à la page 3.

Et vous, vous considérez que chaque personne doit pouvoir décider, alors que la justice, dans ce cas, à donner une décision qui s'impose à tous. Je ne sais pas si vous me faîte rire ou pleurer.

Effectivement, il faut que notre société se pose des questions sur la limite entre la sur-exposition sans limite de temps et la possibilité de garder certaines choses par derrière sois. Et si la vie de chacun des habitants de la planète doit se solder par un peu de "censure" et bien tant mieux., même si je suis viscéralement opposé à toute forme de censure. Ou presque.
Inscrit le 10/08/2010
1450 messages publiés
La justice rend un avis sur la prescription en matière judiciaire

Elle n'a pas à prendre quoique ce soit comme décision quand à l'histoire et les avis personnels de chacun.


Pour rependre votre exemple, une personne mise en examen, et qui se retrouve avec un non lieu par la suite, y'a absolument rien qui doit empêcher le fait de pouvoir en parler. Ce sont des faits qui se sont bien déroulés, avec une potée publique, en justice (que ça soit la mise en examen ou le non lieu d'ailleurs. La quasi totalité s'en servant uniquement comme moyen d’effacer ce qui les dérange eux)
[message édité par Chitzitoune le 16/07/2014 à 18:36 ]
Inscrit le 26/03/2014
9 messages publiés
Dommage pour ceux qui avaient une vraie raison de faire appel à leur droit à l'oubli.
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