Alors qu'il avait consenti à les supprimer, Facebook est revenu à son premier choix, et décide d'autoriser de nouveau les internautes à publier les vidéos de décapitations, pourvu qu'il s'agisse de les condamner.

Curieuse philosophie que celle de Facebook, qui condamne la publication consentie d'images de corps nus sur son réseau social, mais qui laisse des images d'une violence inouïe se diffuser entre ses membres. Alors que Facebook avait cédé aux pressions et décidé d'interdire les vidéos de décapitation diffusées sur le réseau, la BBC révèle que le site de Mark Zuckerberg a fait marche arrière et mis fin à son moratoire.

"Le réseau social a indiqué lundi après un reportage sur la BBC que les photos et vidéos gores étaient permises sur son site, dès lors que le contenu était publié d'une manière destinée à ce que ses utilisateurs "condamnent" les actes plutôt que de les célébrer", rapporte le Guardian.

Dans un communiqué, Facebook a expliqué que son site était un endroit vers lequel "les gens se tournent pour partager leurs expériences, en particulier lorsqu'ils sont connectés à des événements controversés sur le terrain, tels que les violations des droits de l'homme, actes de terrorisme et autres événements violents". "Les gens partagent des vidéos de ces événements pour les condamner. S'ils sont célébrés, ou s'ils encouragent les actions qui y figurent, notre approche serait différente", assure Facebook.

La polémique avait enflé en début d'année avec la diffusion sur le réseau social d'une vidéo difficilement soutenable, montrant un membre du gang des Zetas décapitant une femme face à la caméra, parce qu'elle était accusée d'avoir trompé son compagnon. Dans un premier temps, Facebook avait refusé de censurer la vidéo, déjà au nom du droit de faire prendre conscience de la violence et du danger du monde.

L'été dernier, Google avait dû mettre en place un filtre pour éviter la suggestion de cette vidéo dans ses propositions de recherche.

En France,  le codé pénal interdit toute diffusion d'un "message à caractère violent (…) de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine". Mais il reste une ambiguïté que seule la jurisprudence effacera. Faut-il interpréter le "message violent" dans sa globalité, comme le fait Facebook en prenant en compte le contexte, ou faut-il considérer la vidéo comme un message violent à part entière ?

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