L'avenir de l'intégration des décodeurs de vidéos (codecs) dans les navigateurs est-il de ne plus en intégrer du tout ? Alors que la bataille sur les formats vidéo standards pour le HTML5 fait toujours rage, Mozilla a présenté une technologie entièrement basée sur Javascript, en partenariat avec OTOY. Brendan Eich, le créateur de JavaScript et actuel directeur technique de Mozilla, affirme sur son blog que la bibliothèque ORBX.js, écrite en javascript et WebGL, est capable de décoder une vidéo 1080p à 60 images par seconde, directement depuis le navigateur, sans utiliser les formats VP8 ou H.264, ni Flash. 

Il n'y a plus besoin pour le webmaster de s'inquiéter de savoir si le navigateur du client sera capable de décoder la vidéo proposée, puisqu'il suffit de lui fournir le javascript de décodage, et la vidéo à décoder. Tant que le navigateur gère le javascript et WebGL, la vidéo pourra être décodée. 

Pour Otoy, la technologie vise à soutenir ses services d'utilisation à distance de logiciels et de jeux vidéo. La société est en effet spécialisée dans l'hébergement d'applications à distance et le cloud gaming. Plutôt que d'exécuter les logiciels et jeux vidéo les plus gourmands en capacités de calcul sur des machines locales, qui coûtent très cher, l'idée est de faire réaliser tous les calculs par des batteries de serveurs, et de ne renvoyer à l'utilisateur que la sortie vidéo. Un watermark peut être ajouté en filigrane dans l'image, pour identifier l'utilisateur au cas où la vidéo est copiée illégalement. 

Des démonstrations ont ainsi faites sur 3DS Max 2014 (dont l'éditeur Autodesk est actionnaire d'Otoy), Photoshop CS6 et des jeux vidéo Steam, qui étaient exécutés "dans le cloud" mais affichés dans le navigateur à l'aide de la bibliothèque ORBX.js, sans aucun plugin à installer. Otoy espère ainsi louer l'accès à son cloud, à quelques dizaines ou centaines d'euros par an selon l'utilisation faite.

Reste que si technologiquement la solution est séduisante du côté du décodeur, on ne sait rien de ce qui concerne l'encodage lui-même. Il serait étonnant que Mozilla se soit associé à une forme de codec qui n'est qu'à demi ouvert, mais le silence sur ce point reste troublant. Or sur son blog, Brendan Eich indique que la licence n'a pas encore été décidée. Ni pour l'encodeur… ni même pour le décodeur.

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