La décision du gouvernement de ne pas réserver de fréquences pour le service public ne change pas les plans du CSA, qui maintient son appel à candidatures. En revanche, la Coordination nationale pour le déploiement de la RNT, récemment constituée, critique le choix de l'exécutif, basé sur de mauvais arguments.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel ne déviera pas de sa ligne. Il n'a de toute façon pas le choix. La loi du 5 mars 2007 relative à la modernisation de la diffusion audiovisuelle et à la télévision du futur, qui concerne en particulier la radio numérique terrestre, l'oblige à tenir ses engagements pris devant le Conseil d'Etat. Le CSA va donc maintenir son appel à candidatures et procédera ce mois-ci à la sélection des candidats.

Le communiqué du CSA fait suite à l'annonce du ministère de la culture indiquant que le gouvernement ne réservera aucune fréquence pour la diffusion en radio numérique terrestre des programmes de Radio France et Radio France Internationale. Pour justifier son choix, la rue de Valois a souligné un environnement économique et technologique "très incertain" qui ne justifie pas d'aller plus loin.

Le CSA prend donc acte du choix du gouvernement, notant les contraintes budgétaires qui pèsent sur ses arbitrages. Le CSA note enfin avec satisfaction "que sa demande d’autoriser la norme de diffusion DAB+, qui peut permettre de réduire les coûts de diffusion en RNT pour les radios, ait reçu un accueil favorable du gouvernement" et dit partager sa "préoccupation" de réduire la fracture territoriale dans l'accès à la radio.

La position du gouvernement critiquée

Si l'autorité de régulation de l'audiovisuel accueille la décision du gouvernement avec distance, d'autres acteurs de la radio numérique terrestre ont marqué leur étonnement. C'est le cas de la Coordination nationale pour le déploiement de la RNT, qui a publié un communiqué (.pdf) dans lequel elle "s’étonne de la position ambigüe du ministère de la Culture en France sur le sujet".

Constituée au cours de l'été, la Coordination estime que les arguments budgétaires avancés par le ministère pour surseoir à la diffusion des programmes radiophoniques du service public sont "non fondés" au regarde la proposition visant à bâtir un "partenariat public/privé permettant le portage gratuit des programmes de Radio France sur la RNT pendant 5 ans pour les 10 premières villes de France".

La Coordination ajoute que sur le plan technique, les craintes n'ont plus lieu d'être "avec la généralisation de la norme DAB+ et les succès avérés du développement de la RNT en Europe et dans le monde", en citant les cas de la Suisse, de l'Angleterre, de la Chine, de l'Australie et du Danemark. "La RNT mobilise significativement les acteurs économiques qui voient en elle une voie de développement devenue évidente".

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