L'affaire est tellement grave que le peuple doit la juger. C'est en tout cas ce que souhaite l'éditeur Wiley, qui demande aux Etats-Unis que ceux qui ont piraté ses livres "pour les nuls" soient jugés par un jury populaire.

Mise à jour : TorrentFreak indique que l’éditeur a obtenu un la condamnation d’un internaute, accusé d’avoir partagé « WordPress tout-en-un pour les nuls ». Il devra payer 7 000 dollars à John Wiley & Sons, dont 5 000 dollars au titre des droits d’auteur, et (ce qui est plus original) 2 000 dollars au titre de la violation de la marque commerciale. Le jugement a été prononcé sans que l’accusé ne soit pas présenté. Il risquait jusqu’à 150 000 dollars de dommages et intérêts.

Article du 19 avril 2012 –

En 2005, l’éditeur John Wiley & Sons qui édite la cultissime collection des livres « pour les nuls » avait sorti un « BitTorrent pour les nuls » en anglais. « Partagez et téléchargez des logiciels et des fichiers vidéos immenses en quelques minutes« , vendait la couverture. Au dos du livre, il était précisé que « ce livre ne montre pas seulement comment acquérir BitTorrent, mais aussi comment l’utiliser sans récupérer des vers, des virus ou des procès« . Sur les 316 pages du livre, l’auteur en réservait une dizaine à la question du respect du droit.

Mais il faut croire que les amateurs de la collection n’ont pas correctement lu le livre ou ne se souviennent pas des passages qui expliquent ce qu’il ne faut surtout pas faire avec BitTorrent. Puisque sept ans plus tard, l’éditeur a lancé plus d’une douzaine de procédures massives visant des centaines d’utilisateurs de BitTorrent, accusés d’avoir téléchargé et partagé illégalement des livres « pour les nuls ». L’objectif était d’obtenir leur identification en justice, pour leur proposer de régler l’affaire à l’amiable (c’est-à-dire qu’ils signent un gros chèque pour éviter un procès encore plus coûteux).

Cependant TorrentFreak rapporte qu’au moins quatre internautes visés par la procédure n’ont pas cédé aux sirènes de Wiley, et que l’éditeur a décidé de mettre ses menaces à exécution en portant l’affaire en justice. Il demande qu’un procès avec jury populaire soit mis en place contre les quatre têtus, qui risquent jusqu’à 150 000 dollars de dommages et intérêt pour chaque contrefaçon dont ils auront été jugés coupables.

Comme le note TorrentFreak, l’affaire pourrait donner pour la première fois l’occasion à un jury populaire de décider si la seule adresse IP est suffisante pour condamner un individu, alors-même qu’elle identifie une connexion à internet et non l’internaute qui l’utilisait au moment de l’infraction.

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