La MPAA a fermement dénoncé le blackout qui a été mis en place pour dénoncer les projets de loi anti-piratage SOPA et PIPA. Le président de l'association pointe du doigt l'irresponsabilité des entreprises high tech, en les accusant de dresser les internautes contre ces textes destinés à protéger la propriété intellectuelle américaine et fournir de nouveaux outils pour contrer le piratage et la contrefaçon sur le net.

Si Go Daddy a retiré son soutien au projet de loi anti-piratage SOPA (Stop Online Piracy Act) suite à la rébellion d’une partie de ses clients, d’autres entités beaucoup moins sensibles aux humeurs de l’opinion publique continuent de soutenir mordicus le texte. C’est bien entendu le cas des ayants droit et des organismes chargés de défendre la propriété intellectuelle américaine aux États-Unis et à travers le monde.

Ces entités ont évidemment un intérêt tout particulier à voir la répression contre le piratage et la contrefaçon sur durcir. Clamant haut et fort que ces deux phénomènes jouent un rôle crucial dans la perte de valeur, la baisse des revenus et la destruction d’emplois, les soutiens à SOPA et PIPA n’ont évidemment pas dutout apprécié le blackout initié aux USA pour dresser les Américains contre les deux textes.

La Motion Picture Association of America (MPAA), chargée de défendre les droits de l’industrie du cinéma aux États-Unis, s’est ainsi fendue d’un communiqué (.pdf) pour vigoureusement contester cette initiative. Son président, Christopher Dodd (qui est également un ancien sénateur démocrate), pointe surtout du doigt les entreprises high tech, qui se livrent à des basses manœuvres pour orienter l’opinion des Américains.

À ces yeux, ces sociétés non seulement « punissent » les utilisateurs en les empêchant d’accéder aux contenus (à l’image de la version anglophone de Wikipédia, fermée pour 24 heures) ou en les considérant comme des pions destinés à défendre leurs positions auprès des élus. Christopher Dodd va même jusqu’à souligner le manque de coopération de ces firmes, qui auraient pu participer aux discussions.

« Il s’agit d’une réponse irresponsable et un mauvais service rendu aux gens qui comptent sur [ces sociétés] pour accéder aux informations et utiliser leurs services. C’est également un abus de pouvoir au regard des libertés dont jouissent ces entreprises aujourd’hui« . Pour un peu, Chriss Dodd ferait presque sien le fameux slogan des activistes qui clament que l’information veut être libre pour protester contre le blackout.

« C’est une évolution troublante et dangereuse quand des plates-formes servent de points d’accès à l’information biaisent volontairement les faits pour inciter les utilisateurs à agir pour leurs intérêts commerciaux« , poursuit-il. Si l’argumentaire de Christopher Dodd peut être entendu et compris, le président de la MPAA semble oublier un peu vite les risques que font peser SOPA et PIPA.

La loi, aux États-Unis comme en France, doit être l’expression de l’intérêt général et non de l’intérêt particulier de quelques corporations ou industries, aussi puissantes soient-elles. Or, la protection du droit d’auteur ne peut se faire en portant atteinte à des principes fondamentaux, comme la liberté d’expression, en grevant l’innovation ou en aggravant la résilience d’Internet.

C’est ce qu’a rappelé l’administration Obama ces derniers jours, en prenant ses distances avec les lois SOPA et PIPA. Car si le gouvernement américain est toujours résolu à lutter contre le piratage et la contrefaçon, la fin ne justifie (heureusement) pas les moyens.

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