La présidence de la République a réfuté les suspicions de piratage apparues jeudi dernier, suite à la découverte d'adresses IP attribuées au Palais de l'Élysée sur un site référençant les téléchargements illégaux réalisés sur les trackers publics BitTorrent.

Pouvait-il en être autrement ? Jeudi, nous rapportions que des adresses IP attribuées au Palais de l’Élysée ont été découvertes sur le site You Have Downloaded, qui affirme recenser les téléchargements illicites effectués via BitTorrent deuis des trackers publics. Des films récents, des morceaux de musique et même des livres électroniques auraient ainsi été piratés. Des suspicions que rejette évidemment l’Élysée.

Le service de la communication de la présidence de la République a en effet assuré qu’aucun collaborateur n’a utilisé le réseau informatique pour télécharger sans autorisation des œuvres culturelles. « Il n’y a pas eu de téléchargement illégal depuis le réseau de la présidence sur les derniers mois« , a affirmé sa responsable, citée par nos confrères de 01 Net. Il ne peut donc s’agir que d’une erreur.

Pour le prouver, l »Élysée a indiqué avoir procédé à une vérification sur les adresses IP utilisées ses locaux et rien de probant n’a été trouvé. Par précaution et pour lever tout doute, la présidence de la République va également initier une vérification supplémentaire sur la période précédente. En effet, les suspicions de piratage portent sur les mois de novembre et décembre 2011.

L’affaire, assez cocasse, a inévitablement fait jaser puisqu’elle a placé l’exécutif dans une situation quelque peu inconfortable. Et pour cause n’est-ce pas justement à l’Élysée que les accords Olivennes ont été signés, en 2007, donnant le coup d’envoi de l’élaboration de la loi Hadopi ? Il serait tout à fait malvenu que les services du principal artisan de la riposte graduée, Nicolas Sarkozy, piratent sans vergogne.

Soulignons toutefois qu’il est hautement improbable que la présidence de la République se soit livrée à un tel comportement. Rien n’indique en effet que les adresses IP de l’Élysée n’ont pas été injectées sur un tracker public pour jeter l’opprobre sur le gouvernement, quelques semaines après l’évocation d’une Hadopi 3 et les efforts de l’Hadopi contre le streaming et le téléchargement direct.

De ce fait, l’injection d’IP étant possible sur un réseau peer-to-peer ou dans une base de données, il faut se montrer extrêmement prudent sur les informations rapportées par You Have Downloaded. Aucune conclusion définitive ne peut être tirée. Rappelons à ce propos que The Pirate Bay avait songé à injecter le maximum d’adresses IP sur les réseaux, afin de rendre la riposte graduée dangereuse pour tous.

Comme nous l’indiquions jeudi, cela montre la grande fragilité de la riposte graduée en France. Car les doutes sur ce site peuvent se transposer sur TMG puisque la méthodologie employée par la société chargée de collecter les adresses IP envoyées à l’Hadopi n’a fait l’objet d’aucune certification, alors-même que ses constats sont utilisés comme preuves dans le cadre d’une procédure pénale.

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