Interrogé dans Le Nouvel Obs, l'acteur Tom Sisley confie qu'il a déjà téléchargé illégalement, et estime que les internautes vont avant tout vers l'offre la plus pratique à utiliser.

C’est un discours pragmatique que l’on entend trop rarement, surtout d’un professionnel de l’industrie culturelle. Interrogé par Boris Manenti dans le Nouvel Obs, l’acteur Tomer Sisley (qui se révèle par ailleurs en véritable geek et hardcore gamer) dit comprendre pourquoi les gens téléchargent illégalement :

Ce n’est pas pour pirater, mais parce que c’est sacrément pratique ! Si tu veux voir un film, tu peux l’avoir d’un clic et en faire ce que tu veux. Quand internet est arrivé, il n’y avait rien. On rêvait d’un portail global pour récupérer morceau de musique ou film dématérialisé facilement. Aujourd’hui, Napster est passé par là et les mauvaises habitudes ont été prises. Mais encore maintenant, quand je cherche un vieux film précis, l’offre n’existe pas. Bien sûr, j’ai déjà téléchargé. Et si quelqu’un me dit : « je n’ai jamais téléchargé », je le catégorise directement comme « menteur »

Pour lui, l’Hadopi a sa légitimité parce qu’il « faut une sanction » pour changer ces habitudes prises depuis Napster. Mais « avant même de penser une sanction pour une infraction, je voudrais d’abord penser à une offre plus visible, plus simple« , demande-t-il. Tom Sisley critique en particulier l’indisponibilité d’un grand nombre de films sur les plateformes de VOD.

Dans son étude (.pdf) publiée à l’occasion des Rencontres de Dijon, l’Hadopi avait identifié différents « freins au développement » de la vidéo légale sur Internet. Les deux principaux étaient les délais de disponibilité des œuvres sur les offres de VOD, et la taille jugée trop réduite des catalogues des plateformes. Elle avait par ailleurs noté d’autres reproches faits par certains aux plateformes :

  • la faible disponibilité des versions originales et sous-titrées des œuvres cinématographiques et de ses séries ;
  • la territorialité de certaines offres réservées aux utilisateurs de zones géographiques limitées ;
  • la visibilité de l’offre illicite des sites de direct download, qui bénéficient parfois d’un meilleur référencement sur les moteurs de recherche ;
  • une interopérabilité limitée sur les plateformes d’offres légales qui sont rarement disponibles pour les systèmes d’exploitation open-source.

Evidemment, le prix est aussi un obstacle. En moyenne, le prix d’une séance de VOD est de 4,25 euros par film, ce qui reste beaucoup trop onéreux si l’on considère que la vidéo à la demande est appelée à remplacer progressivement le film que les spectateurs regardaient gratuitement sur les chaînes de télévision. D’où la tentation de s’en remettre au piratage lorsque l’on paye déjà un abonnement Canal+, un abonnement Deezer, des places de cinéma pour toute la famille, et les livres que l’on veut lire…

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