Sur Facebook, les plaisanteries vont bon train sur les administrés contrôlés ou arrêtés par la police. Plusieurs photos ont été diffusées sur le réseau social, sans prendre la peine de flouter le visage des individus. La direction générale de la police nationale a pourtant appelé l'an dernier ses effectifs à faire preuve de retenue sur les réseaux sociaux. Une instruction guère entendue ?

Nous l’avons dit et redit, les réseaux sociaux sont loin d’être des espaces fermés et privés. Tout ce qui est communiqué en ligne est non seulement lu par d’autres internautes, mais également indexé et archivé par les moteurs de recherche. Dans ce domaine, Facebook est en pointe de par sa taille sur le web. Au fil des ans, le réseau social est devenu une véritable machine à dévoiler sa vie privée et celles des autres.

Si les conseils de prudence sont souvent destinés aux plus jeunes d’entre nous, pas toujours conscients de l’importance que représente la confidentialité sur Internet, ils devraient aussi s’appliquer aux forces de police. Un article paru mercredi sur le site des Inrocks révèle que des policiers et leurs proches n’hésitent pas à « se foutre de la gueule » des administrés.

Pour cela, les policiers publient sur Facebook plusieurs photos, allant des manifestations étudiantes aux interpellations en passant par des contrôles d’identité ou des interventions dans des cités sensibles. Ces diffusions sont souvent accompagnées d’une légende moqueuse (« fallait être sage« , « occupation de petits collégiens… cours d’instruction civique lol« ) et de commentaires parfois déplaisants.

Ce comportement des forces de l’ordre est d’autant plus problématique que les visages visibles sur les clichés ne sont absolument pas floutés (ils l’ont été par Les Inrocks, ndlr). Les réactions portent sur l’origine ethnique des personnes, sur leur physique ou sur leur motivation apparente, explique la journaliste. Or, cela manifestement à l’encontre des obligations déontologiques de la police.

En novembre, l’AFP avait révélé que le directeur de la police avait diffusé une note interne au cours de l’été 2010. Dans celle-ci, Frédéric Péchenard rappelait qu’être le garant de l’ordre public impose aux personnels une certaine mesure sur les sites communautaires. Dans le cas contraire, le non respect des obligations déontologiques peut conduire à des poursuites pénales et des sanctions disciplinaires.

En particulier lorsque certaines publications peuvent porter à leur réputation ou à celle de la police nationale.

(capture d’écran réalisée par Les Inrocks)

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