À l'abordage ! Une BD sur la propriété intellectuelle dans le cyberespace
Julien L. -
publié le Mardi 13 Juillet 2010 à 12h04 -
posté dans Société 2.0
![]() Anders Benston est l'auteur d'une BD sur la propriété intellectuelle dans le cyberespace. Dans celle-ci, il retrace les grandes évolutions du droit d'auteur, notamment à travers certaines étapes-clés. Un travail remarquable, notamment enrichi de références à d'autres ouvrages, comme "Free Culture" de Lawrence Lessig ou "Free software, free society" de Richard Stallman.
Peut-être vous souvenez-vous de cette bande-dessinée publiée l'année dernière en Nouvelle-Zélande. Intitulée "Escape From Terror Byte City", celle-ci mettait en scène de jeunes enfants néo-zélandais essayant de télécharger sur leur ordinateur une version pirate de Transformers 2. Évidemment, leur tentative échoua et les deux jeunes furent alors exposés à de nombreux malheurs (virus, chevaux de Troie, vers...). Distribuée à la sortie des salles de cinéma, cette bande-dessinée avait en réalité un seul objectif : prévenir les jeunes enfants néo-zélandais des périls encourus lorsqu'ils s'adonnaient au téléchargement illégal sur Internet. Tirée à plus de 17 000 exemplaires, cette BD était soutenue par la MPAA, ne association nord-américaine chargée de défendre les intérêts de l'industrie cinématographique et bien connue pour ses positions fortes sur le piratage. Si nous vous parlons de cela, c'est parce qu'une nouvelle initiative a vu le jour tout récemment. Mais contrairement à son homologue néo-zélandais, ce nouvel ouvrage aborde une toute nouvelle thématique, à travers un point de vue bien différent de celui défendu par la MPAA. Car en effet, "À l'abordage" se présente comme une "BD sur la propriété intellectuelle et le cyberespace". Réalisée par Anders Bengston, cette bande-dessinée en français retrace la grande histoire du droit d'auteur et de la propriété intellectuelle à travers les âges, depuis l'apparition des premières idées jusqu'aux dernières évolutions, allant du traité international ACTA en passant par les licences Creative Commons. En 58 pages, l'auteur nous replonge donc dans certaines grandes étapes, comme l'invention de l'imprimerie par Gutenberg, le rôle du moine-copiste ou encore l'apparition du mécénat. Anders Bengston aborde également des thématiques survenues plus récemment, comme le concept du copyright anglo-saxon, l'arrivée du cyberespace, la genèse de la licence GPL, le procès Napster ou encore la naissance des mesures techniques de protection (ou DRM en anglais). La BD est richement documentée. En effet, pour réaliser "À l'abordage", Anders Bengston s'est appuyé sur des ouvrages clés pour saisir ces différents enjeux. Citons notamment "Content" de Cory Doctorow, "Free Culture" de Lawrence Lessig ou encore "Free software, free society" de Richard Stallman. Disponible sous licence Creative Commons BY-NC-SA (attribution de paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions à l'identique), cette BD est librement téléchargeable et partageable, pourvu qu'on respecte la licence de l'auteur. à lire aussi
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Commentaires à propos de «À l'abordage ! Une BD sur la propriété intellectuelle dans le cyberespace»
@quark.zurack --> Donc le concept même de propriété intellectuelle ("qui appartient à un esprit donné") est un abus de langage.
C'est marrant, parce que cette BD nie l'existence du droit intellectuel.
L'idée sous-jacente qui est exprimée, c'est que la valeur d'une oeuvre se résume à la valeur physique et au travail manuel : la valeur d'un livre, c'est celle du papier, de l'encre et du travail de l'imprimeur. C'est un peu léger, non ? Quant au protocole "www" de la page 24, c'est un grand moment d'hilarité ! Définition de la propriété intellectuelle en France, aux états unis, ailleurs dans le monde et selon les différents secteurs d'activités.
Si l'informatique aujourd'hui en Europe n'est pas brevetable, c'est bien que seule une idée est alors breveté. De même, il se pose la question de la brevetabilité des gênes vis à vis de leur relative variation et des expression différentes ou non en fonction de ces variation dans leur formules, dans les parties codantes où non et des conformations spatiales qui peuvent apparaitre. A certain niveau, aujourd'hui la propriété intellectuelle se résume à une propriété sur des idées. zabre, le 13/07/2010 - 13:16 C'est marrant, parce que cette BD nie l'existence du droit intellectuel. L'idée sous-jacente qui est exprimée, c'est que la valeur d'une oeuvre se résume à la valeur physique et au travail manuel : la valeur d'un livre, c'est celle du papier, de l'encre et du travail de l'imprimeur. C'est un peu léger, non ? Quant au protocole "www" de la page 24, c'est un grand moment d'hilarité ! Désolé mais la valeur d'une œuvre, c'est aussi sa valeur en occasion pour l'acheteur. Lorsque tu acheté un super coffret dvd collector de la mort qui tue et que le fait d'enlever la cellophane entourant l'objet amené à une valeur proche du zéros absolus, c'est aussi très marrant. Aucun collectionneur de dépenserait de l'argent chez sotherby's si l'œuvre d'art acheté valait zéros après le moment de la vente. Une œuvre d'art qui renie la valeur à son acheteur n'a pas de valeur. CounterFragger, le 13/07/2010 - 13:10
@quark.zurack --> Donc le concept même de propriété intellectuelle ("qui appartient à un esprit donné") est un abus de langage. Tout dépend de la définition exacte et officielle du concept. Le point de vue philosophique, étymologique et/ou culturel n'est pas nécessairement corrélée avec le sens officiel et légal de l'expression en question. Si tu dis que tu "connais" bien tes voisins, ça peut aussi être un abus de langage, de même si tu considères qu'avoir des photos de ses "gosses" dans son portefeuille n'est pas une déviance sexuelle (pour un québécois ce sera le cas). Là pour le coup, les jugements et autres tergiversations politico-économiques sont fondés sur les textes de lois etc. , pas sur le concept philosophique que tu sous-entends. En clair : ne jouons pas sur les mots. Non, ... Un BD qui déforme la réalité ????
C'est vrai, c'est possible ???? Mince alors, moi qui prenait les BD comme une source inépuisable de vérité, moi qui croyait que tous ce qui était dit dans la BD était vrai ... Flute alors, je vais devoir faire attention à ne plus croire ce qu'elles disent. Un peu comme les "études scientifiquement prouvées" qu'on te bassine à longueur de journée à la TV. (une ironie ou deux s'est glissé dans ce post, saurez-vous les retrouver ...) zabre, le 13/07/2010 - 13:16
Quant au protocole "www" de la page 24, c'est un grand moment d'hilarité ! je trouve pas, c'est quoi l'URL ? qaruk.zurack, le 13/07/2010 - 12:57 AH LA VACHE le raccourci !!En fait je crois que tu l'as mal compris parce que c'est mal exprimé. Il aurait simplement fallu lire "c'est COMME posséder une idée" (ce qui peut être sous-entendu, l'adjonction du "comme" n'est pas obligatoire). Effectivement, si tu voles une musique à un artiste, c'est bien comme si tu lui volais une idée. L'idée (comme sa musique), il l'a toujours, et tu en as une copie. Il n'y a rien à lui rendre, il ne perd rien. Mais la BD ne poursuit pas sur le fait qu'il reste proprio de l'idée et des droits d'exploitation de l'idée, elle s'arrête juste à la similarité. Je crois que c'était juste expliquer la duplication qui intéressait l'auteur dans ce passage. zabre, le 13/07/2010 - 13:16
C'est marrant, parce que cette BD nie l'existence du droit intellectuel. zabre, le 13/07/2010 - 13:16
L'idée sous-jacente qui est exprimée, c'est que la valeur d'une oeuvre se résume à la valeur physique et au travail manuel : la valeur d'un livre, c'est celle du papier, de l'encre et du travail de l'imprimeur. C'est un peu léger, non ? zabre, le 13/07/2010 - 13:16
Quant au protocole "www" de la page 24, c'est un grand moment d'hilarité ! Dites, dans une bande dessinée, il y aurait pas du dessin normalement ?
Nan nan juste une question comme ça en passant. Killua, le 13/07/2010 - 13:36
qaruk.zurack, le 13/07/2010 - 12:57 AH LA VACHE le raccourci !!En fait je crois que tu l'as mal compris parce que c'est mal exprimé. (...) Mais la BD ne poursuit pas sur le fait qu'il reste proprio de l'idée et des droits d'exploitation de l'idée, elle s'arrête juste à la similarité. Je crois que c'était juste expliquer la duplication qui intéressait l'auteur dans ce passage. Bah effectivement, dire que c'est mal expliqué, c'est peu dire... Du coup je ne comprends plus à quoi correspond cette assertion page 4 au regard de ce qui suit. C'est soit faux, soit inutile... OK j'ai enfin tout lu (hey ! les collègues sont en vacances, alors hein !)
Mon avis : - Le début souffre d'une vulgarisation outrancière (page 4) qui se résolve petit à petit dans la suite. - L'historique du droit d'auteur, bien qu'un peu orienté "le roi cé pa bien", est bien tourné. - Le virage portant sur les technologies informatiques mixée au GPL reste dans le sujet mais sert un peu trop à orienter la façon dont le droit d'auteur sur oeuvre artistiques est abordée ensuite : les fins ne sont pas les mêmes entre un logiciel de gestion et un tube de hip-hop, tout de même - Le passage "final" sur le "retour aux privilèges" est dans le fond une analyse subjective mais que je trouve juste, hormis le fait déplorable qu'elle joue avec le sophisme de la pente glissante alors même qu'il cherche à le dénoncer (pirates = pédophiles décrié d'un côté, ACTA & Co = recherche du contrôle quasi-royaliste d'un autre : cherchez l'erreur) (grammar nazi mode ON) page 37 (version web): "gangent" au lieu de "gagnent" page 42 (version web): "délégé" au lieu de "délégué" (grammar nazi mode OFF) Conclusion : je la donnerais volontiers bien à mon enfant, mais je lui ferais une explication de texte en plus. Le coup du complot des francs-maçons qui piloteraient les banquiers à des relents nauséabonds de "juiverie internationale". C'est un dérapage lamentable, sans aucun support documenté, qui ruine tout l'intérêt que pouvait avoir ce travail.
furaxxx, le 13/07/2010 - 14:42
Le coup du complot des francs-maçons qui piloteraient les banquiers à des relents nauséabonds de "juiverie internationale". C'est un dérapage lamentable, sans aucun support documenté, qui ruine tout l'intérêt que pouvait avoir ce travail. ouais non là par contre tu loupes un peu carrément le second degré volontaire de cette référence, je crois... furaxxx, le 13/07/2010 - 14:42 Le coup du complot des francs-maçons qui piloteraient les banquiers à des relents nauséabonds de "juiverie internationale". C'est un dérapage lamentable, sans aucun support documenté, qui ruine tout l'intérêt que pouvait avoir ce travail.Oula il a fait référence aux francs maçons, c'est forcément un anti sionniste, au bûcher ! Ce qu'il faut pas entendre... qaruk.zurack, le 13/07/2010 - 14:27
- Le virage portant sur les technologies informatiques mixée au GPL reste dans le sujet mais sert un peu trop à orienter la façon dont le droit d'auteur sur oeuvre artistiques est abordée ensuite : les fins ne sont pas les mêmes entre un logiciel de gestion et un tube de hip-hop, tout de même C'est là où tu te trompes : - On ne fait pas un tube, on compose un morceau qui, s'il est massivement apprécié et/ou diffusé, deviendra un tube par la suite. - On compose de la musique pour partager une émotion, on développe un programme GPL pour partager un savoir faire. Là est la nuance je te l'accorde, mais la notion de partage est toujours là. Croire qu'on fait de la musique pour gagner des sous, c'est forcément une mauvaise idée dès le départ, et tant mieux si on pouvait la piétiner bien fort. Une chose bien sympa, c'est le format. J'avais peur que ce soit un pdf, mais c'est bel et bien un cbz qui est le standard de facto pour les BD. CDisplayEx le lira très bien sous Windows, sous GNU/Linux, une recherche dans les dépôts trouvera ce qu'il faut.
Maintenant, l'expression "propriété intellectuelle" pose problème en elle-même, mais faudrait que je lise le bidule d'abord... zabre, le 13/07/2010 - 13:16 Quant au protocole "www" de la page 24, c'est un grand moment d'hilarité !Où ça ? On n'en parle pas page 24.
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Page 4 de la BD, je cite :
C'est carrément caricatural et complètement faux : le concept de propriété intellectuelle ne touche pas la "possession" d'une idée (c'est pas possible, en plus ils le disent bien après), mais le droit à un certain niveau d'exclusivité quant à jouir des fruits engendrés par son exploitation, ce qui n'est pas pareil du tout.
On peut diffuser une idée (c'est un peu le principe, d'ailleurs), mais les fruits engendrés par l'usage de cette idée reviennent à l'auteur de la dite idée (en clair : les sousous)
Après, que le concept lui-même soit injuste, et/ou que les peines s'appliquant aux "pirates" (c'est-à-dire les partageurs, ce qui n'est pas la même chose) soient autant aberrantes que débiles, c'est un fait, mais c'est pas la même chose.
Sérieux, faut savoir être un minimum sérieux et rigoureux quand on tente d'expliquer un truc aussi fondamental que ça, et surtout en ce moment. Car pour l'instant, ça relève plus de la caricature qu'autre chose.