CNIL : les titres de transports anonymes ne sont pas mis en avant

Julien L. - publié le Samedi 06 Février 2010 à 15h39 - posté dans Société 2.0

Si la RATP et le STIF ont répondu à l'appel de la CNIL en instaurant un passe anonyme, le Navigo Découverte, la Commission nationale de l'Informatique et des Libertés juge que ce ticket de transport n'est pas correctement mis en avant. Pire, l'autorité administrative estime que tout est fait pour dissuader les usagers de le prendre.

Lancé en septembre 2007 (.pdf) à la demande de la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL), le passe Navigo Découverte est une déclinaison du passe Navigo classique qui permet à tous les voyageurs de se déplacer de façon anonyme. À l'époque, l'autorité administrative avait justifié la nécessité d'un tel passe en rappelant qu'"aller et venir librement, anonymement, est l'une des libertés fondamentales dans nos démocraties".

Plus de deux ans après son introduction, la CNIL a donc procédé à un deuxième contrôle des passes anonymes. Si le premier test effectué en 2008 s'était révélé particulièrement "médiocre", la deuxième "opération de testing" qui a lieu fin 2009 s'est révélée bien meilleure, relève la Commission nationale. Non seulement les points de vente proposant le passe Navigo Découverte se sont multipliés, mais en plus "les personnels de la RATP sont maintenant en mesure de renseigner les usagers sur les caractéristiques de ce titre de transport. C'est un progrès".

Toutefois, la Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés estime que la RATP cherche à dissuader d'une façon ou d'une autre les utilisateurs de prendre ce passe anonyme. D'une part le passe est facturé 5 euros (la version classique est gratuite dans le cadre d'un forfait) et d'autre part "ce passe ne permet pas de bénéficier d'abonnements à tarifs réduits ou sociaux ni d'en obtenir un nouveau gratuitement en cas de vol, perte, ou de destruction de son titre de transport contrairement au passe Navigo".

La CNIL demande donc au Syndicat des Transports d'Ile-de-France (STIF) et à la RATP d'aligner les "conditions de vente des passes anonymes sur celles des passes nominatifs afin de garantir, pour toutes et tous, le droit au respect de sa vie privée". Selon l'organisme administratif, il est en effet anormal de devoir débourser une somme supérieure à la tarification en vigueur pour jouir du plein respect de ses droits.

Publié par Julien L., le 6 Février 2010 à 15h39
 
 
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Commentaires à propos de «CNIL : les titres de transports anonymes ne sont pas mis en avant»
 

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Changaco, le 08/02/2010 - 11:40
Il y a une autre solution beaucoup plus simple: les transports gratuits.
Il me semble que c'était ce qu'avait fait Chartres, si je ne me trompe pas. C'est pas non-plus idiot mais il faut un prélèvement sur l'ensemble des utilisateurs ce qui n'est pas toujours possible en fonction des limites d'agglomérations.
Par ailleurs le système à un autre problème c'est que le budget est toujours en retard par rapport à la demande, exemple si tout à coup il y a un afflue de personnes, le prélèvement s'effectuera certainement sur le calcul de la taxe d'habitation, l'augmentation de ton budget pour augmenter les capacités court un an minimum et deux au maximum derrière l'augmentation des usagers.

Pour revenir sur le sujet des tickets nominatifs, il n'y a que deux intérêts :
-S'il faut inscrire son nom, impossible de passer le ticket une fois terminé, donc là c'est clairement pour obliger le rachat et empêcher le partage.
-Si c'est électronique, et c'est le cas dans l'article me semble-t-il, ça permet de déterminer les trajets donc en théorie de répondre mieux au besoin des utilisateurs par une étude des flux.
Cependant dans les deux cas on peut faire sans, lors d'un contrôle une seule personne à un ticket donc pas de fraude possible, enfin le repérage des trajets peut très bien s'effectuer par un simple code sans association à un nom.
Sur l'aspect "nominatif" des tickets, les contrôles, et les statistiques :
Je ne suis pas choqué qu'on interdise de passer à quelqu'un d'autre un ticket valable une semaine, mais rien n'impose que l'information nominative soit enregistrée par un ordinateur au moment de l'achat. On peut très bien inscrire au stylo le nom sur le ticket afin que le contrôleur puisse s'assurer que le ticket ne passe pas d'une personne à l'autre. Puisque le billet est électronique, cela permet aussi à l'exploitant de faire ses statistiques, et l'utilisateur continue à circuler dans l'anonymat. Ce qui est inacceptable c'est qu'on nous demande de présenter un document d'identité lors de l'achat et qu'on introduise les données dans un système informatique, PUTAIN LEUR RACE ! (excusez moi ça m'énerve un peu là)

Sur la gratuité des transports :
L'argument du budget en retard n'est pas bon. Tous les collectivités locales rêvent (ou prétendent rêver) que tout le monde utilise les transports en commun. Les arguments anti-gratuité sont bidons. En réalité ils veulent maintenir le statu quo, pas vraiment mettre un terme à l'hégémonie des voitures dans les villes. A Montpellier, faire un AR dans le centre à 4 en famille en tram coûte au moins 6 euros en plein tarif. Pourquoi je ne connais pas le prix de manière plus précise ? Parce que je ne le fais jamais : je préfère prendre ma voiture et aller au parking souterrain, c'est plus simple, plus rapide et moins cher....

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