Bientôt chez SFR ? Vodafone, qui possède près de la moitié du capital de l'opérateur français, a annoncé l'expérimentation en Espagne d'une option d'accès premium à son réseau 3G, qui permettra au client d'avoir un accès privilégié au réseau haut-débit mobile dans les heures de congestion. Une option qui viole de plein fouet le principe de la neutralité des réseaux, encore mollement défendu par Bruxelles.

Si le principe de la neutralité du réseau est encore relativement bien respecté sur l’internet fixe, où le principe tient une place historique très importante, les opérateurs n’hésitent plus à le violer sur l’internet mobile où les entorses sont déjà nombreuses. On sait que Bruxelles s’est déjà penchée sur le problème en dénonçant notamment l’interdiction d’utiliser Skype avec des clés 3G. Mais la Commission Européenne qui s’est pour le moment surtout contentée de déclarations d’intention devra taper plus fort du poing sur la table si elle ne veut pas se faire dépasser par les pratiques commerciales débridées des opérateurs.

Lors du 31ème DigiWorld de l’Idate à Montpellier, Vodafone a annoncé qu’il allait tester en Espagne la commercialisation d’un accès privilégié à la 3G dans les périodes de congestion du réseau. Les clients qui souscriront l’option auront accès au haut-débit mobile de manière optimum, alors que les autres clients subiront les ralentissements dans les heures de la journée où le réseau est saturé. « Ce choix devrait dynamiser le développement de l’internet mobile tout en créant de la valeur pour les opérateurs« , s’est félicité Michel Combes, le directeur de Vofafone.

Réaction ulcérée de la Quadrature du Net, qui se bat au niveau européen pour faire respecter la neutralité du net. « Un tel  » business-model « , fondé sur l’organisation de la rareté de la ressource en bande passante plutôt que dans l’investissement dans de meilleures infrastructures est en total contradiction avec la nature d’Internet« , réagit le collectif dans un communiqué. Le modèle économique encourage en effet l’opérateur à ne surtout pas améliorer la qualité de son réseau, pour vanter au mieux l’intérêt de son option premium.

« Cette nouvelle entorse à la neutralité du réseau montre bien que de simples déclarations politiques ne suffiront pas à protéger les citoyens contre des restrictions arbitraires de leur accès Internet« , ajoute la Quadrature à l’attention de Bruxelles. « Une réglementation claire doit garantir ce principe fondateur« .

« L’annonce de Vodafone montre que les business-models basés sur la discrimination, le filtrage ou la priorisation des flux d’informations peuvent se développer dans l’état actuel de la réglementation. Nous avons besoin d’une vraie protection juridique visant à garantir qu’Internet reste une plate-forme de communication ouverte et égalitaire« , demande Jérémie Zimmermann, porte-parole du collectif.

Rappelons que Vodafone détient 43.9 % du capital de SFR. Il ne lui faudra pas beaucoup de mal pour convaincre la filiale de Vivendi de porter le modèle sur le marché français. L’opérateur est déjà le premier en France à avoir véritablement violé la neutralité du net avec ses DNS menteurs, et les déclarations du grand patron Jean-Bernard Lévy font peu de doute sur la stratégie du groupe.

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