Kindle : Amazon efface à distance des centaines de livres achetés légalement (MAJ)

Julien L. - publié le Samedi 18 Juillet 2009 à 14h20 - posté dans Société 2.0

Amazon a supprimé des centaines de livres achetés légalement sur son site. À l'origine de cette décision se trouve le revirement de l'éditeur, MobileReference, qui a changé d'avis sur les versions électroniques de certains romans. Cette mesure inattendue n'incitera certainement pas les internautes à se porter massivement vers les offres légales si les éditeurs peuvent ordonner la suppression des contenus achetés légalement.

Mise à jour : Amazon aurait supprimé d'autres livres achetés récemment sur le Kindle. Des consommateurs ont ainsi rapporté la disparition des versions numériques d'Harry Potter et des romans d'Ayn Rand.

Les conditions d'utilisation d'Amazon ne mentionnent apparemment pas le droit de supprimer un bien après achat. En revanche, Amazon indique garantir aux consommateurs le droit de garder "une copie permanente du contenu numérique".

Voilà une affaire qui risque de jeter véritablement le trouble sur l'intérêt pour un consommateur lambda d'acquérir un contenu légalement. David Poque, chroniqueur au New York Times, a révélé sur son blog qu'Amazon a détruit sciemment des centaines de livres achetés légalement sur le site marchand. Une décision pour le moins étrange puisque Amazon commercialise justement un lecteur de livres électroniques, le Kindle.

Selon David Poque, ce n'est pas Amazon qui est à l'origine de cette décision, mais l'éditeur lui-même. Ce dernier aurait fait volte-face en refusant finalement de voir certains titres de son catalogue exister en version électronique. Le comble de l'histoire ? Les deux romans retirés de la boutique en ligne et effacés de tous les Kindle sont... signés George Orwell ! Il s'agit de "La Ferme des Animaux" et de "1984", les deux oeuvres majeures de l'écrivain anglais. Evidemment, ceux qui ont lu les deux romans saisissent toute l'ironie de l'histoire...

Le plus dérangeant dans cette étonnante mésaventure, ce n'est pas tant que l'éditeur change d'avis et demande au site marchand de retirer les éditions électroniques. Cette décision peut éventuellement se justifier par diverses raisons. En revanche, ce qui est vraiment problématique, c'est bien la suppression unilatérale des contenus achetés légalement.

Bien entendu, Amazon a remboursé les personnes lésées et assure que cet épisode est absolument exceptionnel. Sans doute l'entreprise ne pouvait-elle pas faire autrement, puisqu'elle est bien obligée de s'en remettre au bon vouloir des différents éditeurs si elle veut continuer son commerce. Mais quel est désormais l'intérêt d'acheter une oeuvre légalement sur une plate-forme spécifique si c'est pour avoir en permanence une épée de Damoclès au-dessus de la tête ? Quel est l'intérêt d'acheter légalement un contenu si du jour au lendemain un ayant-droit décide non seulement de le retirer des plate-formes de téléchargement, mais en plus demande la suppression totale des fichiers déjà téléchargés ?

"À quand le livre qui s'auto-détruit à sa lecture ?" demandait il y a quelques jours un auditeur de BFM Radio lors du face-à-face entre Lionel Tardy et Franck Riester à propos de la nouvelle mouture d'Hadopi. Cette histoire vient de nous en donner un aperçu pour le moins effrayant. Et encore, il n'est même pas certain que tous les internautes qui ont acheté La Ferme des Animaux ou 1984 aient eu le temps de le terminer. La frustration doit être grande, inévitablement.

Malheureusement pour les ayants-droits, avec cette histoire surréaliste non seulement les internautes ne risquent pas de se porter massivement vers les offres légales, mais en plus cela va très certainement les inciter à y réfléchir à deux fois avant d'abandonner le bon vieux papier. En effet, si les internautes ne peuvent avoir la certitude de posséder un bien acheté, ils ne vont certainement pas de se rendre sur les plate-formes légales, quand bien même ces dernières afficheraient un catalogue exceptionnellement riche.

Selon un porte-parole d'Amazon, la suppression des romans était une mauvaise idée. Drew Herdener a expliqué que la société allait modifier leurs systèmes pour que ces désagréments ne surviennent plus. Toujours selon le porte-parole, le souci viendrait également d'un problème de droits d'auteur. En effet, le roman a été ajouté par une société qui ne détenait pas les droits pour le faire.

Il faut cependant relever que ces différents livres ne sont pas encore dans le domaine public, du moins aux Etats-Unis (la licence dure jusqu'en 2044), contrairement au Canada, à la Russie ou encore à l'Australie. Or, le Kindle n'est pour l'instant destiné qu'au marché américain.

Inévitablement, ce souci pose le problème différentes problématiques sous-jacentes, comme l'obligation de passer par un seul et unique fournisseur de contenus. L'AppStore d'Apple en est un exemple, puisqu'il est le seul fournisseur officiel des appareils de la marque à la pomme (iPhone, iPod...). De plus, cela entraine aussi des questions sur les verrous numériques et sur l'importance des formats ouverts et standardisés.

Publié par Julien L., le 18 Juillet 2009 à 14h20
 
 
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Commentaires à propos de «Kindle : Amazon efface à distance des centaines de livres achetés légalement (MAJ)»
 

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Hiro, le 18/07/2009 - 13:40
Chez numerama Hiro on cherche à faire du click troll avec des titres posts complètement faux vides d'arguments, provocateur et accrocheur ? Ou on cherche juste à détecter ceux qui ne lisent que les titres nourissent les trolls ? Image IPB
Tiens, rions un peu.



Imaginez que vous achetez un tableau. Cher, sinon ça n'est pas drôle.

Imaginons que l'auteur en est toujours vivant.

Imaginons qu'un jour l'auteur toque à votre porte et demande à voir son tableau. Légalement parlant, vous n'avez pas le droit de lui refuser l'accès à son oeuvre.

Imaginons que, une fois arrivé devant son tableau, l'artiste sorte une bombe de peinture et repeigne la toile en blanc.

Hé bien vous n'avez PAS le droit de lui péter la gueule, tant qu'il est vivant, il conserve un droit moral sur son oeuvre, même après achat, et il a le droit de la retoucher de la façon qu'il veut. (bon, allez-y, pétez-lui la gueule quand-même, il l'a cherché)



C'est bizarre, tout de même, parfois, la propriété intellectuelle, et cette bizarrerie ne date pas d'hier  <img src='http://www.numerama.com/forum/public/style_emoticons/default/wink2.gif' class='bbc_emoticon' alt=';)' />

j'ai trouvé cela très drôle, et pourtant, tellement vrai !!!
Tiens, rions un peu.



Imaginez que vous achetez un tableau. Cher, sinon ça n'est pas drôle.

Imaginons que l'auteur en est toujours vivant.

Imaginons qu'un jour l'auteur toque à votre porte et demande à voir son tableau. Légalement parlant, vous n'avez pas le droit de lui refuser l'accès à son oeuvre.

Imaginons que, une fois arrivé devant son tableau, l'artiste sorte une bombe de peinture et repeigne la toile en blanc.

Hé bien vous n'avez PAS le droit de lui péter la gueule, tant qu'il est vivant, il conserve un droit moral sur son oeuvre, même après achat, et il a le droit de la retoucher de la façon qu'il veut. (bon, allez-y, pétez-lui la gueule quand-même, il l'a cherché)



C'est bizarre, tout de même, parfois, la propriété intellectuelle, et cette bizarrerie ne date pas d'hier  <img src='http://www.numerama.com/forum/public/style_emoticons/default/wink2.gif' class='bbc_emoticon' alt=';)' />

J'ai trouvé cela très drôle, et pourtant, c'est bien vrai !!! ça se passe comme ça, et pas que chez mc Do
bon 2 messages pour l'prix d'1, dsl !
Ecrans revient sur cette affaire en rappelant un billet de Jules diner's room.

Les droits d'auteurs sont-ils l'antichambre de la tyrannie ?
http://www.ecrans.fr...eurs-sont-ils-l,7756.html

Mais on se pince, tout de même.

Car Amazon n'a pas fait autre chose que de s'introduire dans un système qui ne lui appartenait pas pour procéder à l'altération de données.

En droit, français, il s'agit d'un délit prévu à l'article 323-3 du Code pénal :

« Le fait d'introduire frauduleusement des données dans un système de traitement automatisé ou de supprimer ou de modifier frauduleusement les données qu'il contient est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende. »

Tous les états américains prévoient des infractions analogues (1). Par exemple, le Code pénal de Californie dispose dans sa section 502 que :

« [A]ny person who commits any of the following acts is guilty of a public offense :
â€
(4) Knowingly accesses and without permission adds, alters, damages, deletes, or destroys any data, computer software, or computer programs which reside or exist internal or external to a computer, computer system, or computer network. »

........

Au demeurant, ce ne sont pas seulement les droits des titulaires de copyright qui étaient en jeu, mais également ceux des utilisateurs en tant qu'auteurs : un étudiant qui avait annoté le fichier supprimé a tout simplement perdu le produit de son travail.
le problème me semble qu'il y a tripatouillage chez les gens aprèsleur acaht. On vient récupérer qq chose qu'ils ont acheté.
Hé bien vous n'avez PAS le droit de lui péter la gueule, tant qu'il est vivant, il conserve un droit moral sur son oeuvre, même après achat, et il a le droit de la retoucher de la façon qu'il veut. (bon, allez-y, pétez-lui la gueule quand-même, il l'a cherché)

Non, tu n'as pas le droit de lui péter la tronche. Tu as par contre le droit de lui demander de sortir le chéquier.

Car si lui a le droit de retirer son ?uvre, les gens lésés par ce retrait sont ne droit de demander compensation.
la lecture s'avère souvent très gênante à long terme sur un support électronique.



Pour dire ça, tu n'as probablement pas essayé le Kindle ;)

Notez aussi que les gens malins conservent une copie du livre sur leur disque dur. Le livre s'efface du Kindle quand le wireless est activé, mais rien n'empêche de désactiver le wireless, et de copier le livre sur son kindle depuis son disque dur. Hop, le livre est là à nouveau. Bon c'est sûr, c'est dommage de désactiver le wifi sur cette machine, mais ça règle le problème.

Par ailleurs il me semble que la décision était d'ordre légal puisque la société qui vendait cette copie de 1984 n'en détenait pas les doits (aux Etats-Unis, puisque dans la plupart des autres pays il est dans le domaine public).
Dire que "MobileReference a changé d'avis" est donc un peu gros. La vraie version, c'est "MobileReference vendait un livre dont ils ne détenaient pas les droits et se sont fait secouer les oreilles par les ayant droits".

Le problème de fond, dans ce cas, au delà des DRM, ce sont les lois sur le copyright aux US qui sont encore plus pourries que les notres. Un livre aussi vieux devrait être dans le domaine public PARTOUT.
Mindo, le 18/07/2009 - 16:59
À ce sujet, selon le blog cité dans l'article, les droits sur 1984 aux USA vont jusqu'en 2044.
Bizarre, car George Orwell est mort en 1950 et les droits sont valables aux USA jusqu'à 70 ans après la mort de l'auteur. Ca devrait donc donner 1950 + 70 = 2020 ! Seules les oeuvres collectives créées par des entreprises ont, aux USA, un copyright qui s'appplique jusqu'à 95 ans après leur publication, ce qui donnerait effectivement dans ce cas-là, "1984" ayant été publié en 1949 : 1949 + 95 = 2044. Cependant, c'est George Orwell qui a écrit ce livre, pas une entreprise, donc selon toute logique il devrait tomber dans le domaine public en 2020, et aux USA, et en Europe.
wololo, le 21/07/2009 - 14:13
Par ailleurs il me semble que la décision était d'ordre légal puisque la société qui vendait cette copie de 1984 n'en détenait pas les doits (aux Etats-Unis, puisque dans la plupart des autres pays il est dans le domaine public).
Côté légal, la grande question est : est-ce qu'une entreprise privée (Amazon) a le droit de s'introduire de sa propre volonté dans un système d'information qui ne lui appartient pas (le kindle d'un client) pour en modifier le contenu (effacer des ebooks) ?
Parce que si c'est le cas, je ne vois pas pourquoi on court après les malins qui s'introduisent dans le SI d'un commerçant en ligne pour aller piquer des coordonnées bancaires par exemple.
On s'en fiche. àa fait depuis avant Napster qu'on télécharge ce qu'on ne peut pas acheter, ce à quoi quelqu'un ne veut pas qu'on accède. Et en 2009, malgré toute les tentatives de ceux qui voudraient avoir tout pouvoir sur l'humanité, c'est toujours le cas.

Je compte bien scanner chaque livre, chaque magazine, chaque journal, numériser chaque cassette, chaque vinyl, chaque photographie, filmer chaque pièce, chaque opéra et partager le tout sur des réseaux libres et indestructibles. Pas pour économiser de l'argent, ça on s'en fiche tous royalement, mais parce que je ne reconnaît à personne le droit de décider ce que je peux ou ne peux pas voir, lire, entendre ou faire. Parce que la diffusion de la culture et du savoir est un élément indispensable à la liberté des peuples et que je ne laisserai jamais personne en prendre le contrôle.

C'est un combat pour la liberté et c'est surtout un combat pour demain, pour nos enfants. Tant pis pour ceux qui ne peuvent pas comprendre l'importance de cette guerre, l'armée est déjà en marche depuis bientôt 10 ans et nous sommes légions.

Adhérez au parti pirate de votre pays! Partagez tout votre patrimoine culturel! Connectez-vous à travers un VPN! Boycottez tous les produits issus de l'industrie culturelle grand public! Rejoignez l'armée numérique ODEBI! Faites cela pour nos enfants, pour qu'ils grandissent libres dans un monde meilleur.

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