WiFi : la protection WPA cassée en 15 minutes

Guillaume Champeau - publié le Vendredi 07 Novembre 2008 à 11h08 - posté dans High-Tech

Deux chercheurs ont réussi à casser la protection WPA qui équipe aujourd'hui une majorité des routeurs et des appareils Wi-Fi du marché. Se basant sur une faille du protocole et quelques astuces mathématiques, ils affirment qu'il est possible de craquer la protection en moins d'un quart d'heure.

Elle était réputée quasiment incassable sans un arsenal de guerre. Elle ne l'est plus. La protection WPA (Wi-Fi Protected Access) qui sécurise un grand nombre d'accès à internet sans-fil a été cassée par des chercheurs en sécurité informatique, qui expliqueront leur méthode lors de la conférence PacSec de Tokyo la semaine prochaine. Plus étonnant et plus inquiétant, ils auraient trouvé une méthode qui permet de casser la protection en 15 minutes seulement.

Les chercheurs Erik Tews et Martin Beck ont trouvé une faille sur la clé TKIP (Temporal Key Integrity Protocol) utilisée dans le protocole WPA, qui permet de lire les données transitant entre un routeur et un ordinateur, et même de les modifier. Ils n'auraient pas réussi cependant à casser les clés de protection qui servent à envoyer des données de l'ordinateur vers le routeur.

Pour la première fois, l'attaque n'utilise pas de méthode de "force brute", qui consiste à tester un maximum de clés en un minimum de temps jusqu'à tomber sur la bonne. Ils ont d'abord trouvé le moyen de se faire envoyer de larges paquets de données par un routeur Wifi en WPA, qui leur donne une base de déchiffrage. Ils appliquent ensuite sur ces données quelques tours de passe-passe mathématique, qui finissent par ouvrir le coffre.

L'attaque doit rappeler au législateur qu'aucune protection quelle qu'elle soit ne peut garantir la sécurité des données sur un ordinateur ou sur un réseau. La loi Création et Internet, qui veut faire supporter de fait aux abonnés une obligation de résultat dans la protection de leur accès à Internet, est en cela redoutable. S'il n'est pas possible techniquement de prouver que l'on a fait l'objet d'une attaque, cette obligation de sécurisation doit être refusée puisqu'elle est incompatible avec les droits de la défense. Une partie du code utilisé pour l'attaque a déjà été ajoutée au logiciel open-source Aircrack-ng, que n'importe quel internaute peut utiliser avec quelques connaissances techniques.

Selon Tews et Beck, l'attaque n'est pas efficace sur les protections de type WPA2, qui ajoutent un niveau de sécurité supplémentaire. Mais ces protections sont très coûteuses en ressources et en batterie pour les équipements mobiles, sont encore loin d'être généralisées sur les équipements Wi-Fi, et seront probablement à leur tour craquées lorsqu'elles auront atteint un niveau d'adoption massif.

Publié par Guillaume Champeau, le 7 Novembre 2008 à 11h08
 
 
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Commentaires à propos de «WiFi : la protection WPA cassée en 15 minutes»
 

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@CounterFragger
>Un recours contre une procédure Hadopi n'est pas suspensif : on te coupe Internet que tu contestes ou non
Tes sources ?
Je vais t'aider : voici le lien vers le projet de loi
http://ameli.senat.f...7-2008/405.html
Indique nous quelle partie explique que le recours n'est pas suspensif.

>Les PV, ce sont des fonctionnaires qui relèvent les infractions, pas des employés d'une entreprises privée comme dans le cas d'Hadopi
La commission de protection des droits agit sur saisine d'agents nommés par les organismes professionnels. Ces agents sont agréés et assermentés. Mais ce ne ne sont pas les agents qui envoient les avertissements et qui prononcent les sanctions, c'est la commission.
Cette commission est composée de 3 membres nommés par le vice-président du Conseil d'Etat, du premier président de la Cour de Cassation et du premier président de la Cour des Comptes.
Aucun de ces membres ne devra avoir été dirigeant ou salarié dans le domaine du cinéma, de la musique ou même de la diffusion (télé, radio, ...) depuis moins de 3 ans.
Tu trouves que les membres de la commission sont des suppôts des majors ?
@CounterFragger
>il n'est pas normal qu'une procédure aussi expéditive et arbitraire que l'Hadopi

Expéditive et arbitraire ?
On t'envoie un 1er avertissement sans frais. On t'envoie un 2e avertissement avec éventuellement un recommandé. On te permet de te justifier. Il y a une procédure contradictoire. Il y a une possibilité de transaction. Il y a une possibilité d'appel.

Et c'est ça que tu appelles expéditive et arbitraire ? Va en parler aux internautes chinois, ils vont bien rigoler !
Au fait, j'ai oublié de dire que les membres de la commission qui vont envoyer les avertissements et éventuellement prononcer la sanction sont respectivement membres du Conseil d'Etat, de la Cour de Cassation et de la Cour des Comptes.
>Une effraction sur une serrure est très facile à prouver : ça se voit !
:) Amène moi ta voiture et je te montre comment on l'ouvre et on la démarre avec la tige métallique d'un balai d'essuie-glace.
C'est rigolo : les pirates informatiques que vous évoquez sont tous des experts qui ont toutes les connaissances voulues pour ne pas laisser de traces, tandis que les voleurs de voitures sont des gougnafiers incompétents.
Si je puis me permettre, du haut du peu de choses que je sais :

WEP : chiffrement par RC4
WPA : chiffrement par RC4 + contrôle des clefs par TKIP
WPA2 : chiffrement par AES + contrôle des clefs par CCMP

à noter : il est possible d'utiliser CCMP à la place de TKIP dans WPA et il est possible d'utiliser TKIP à la place de CCMP dans WPA2.

La raison d'être de WPA est simplement de pouvoir améliorer la sécurité de WEP en attendant la norme 802.11i (alias WPA2) et ce sans changer de hardware (chiffrement identique) mais avec une simple mise à jour software dans la plupart des cas (adjonction de TKIP).

Corrigez moi si je me trompe...
Comme Le dit clavelm

utiliser plutôt le protocole de cryptage WPA+AES CCMP ou WPA+TIKS AES si votre carte PCI ou clé USB vous le permet, le problème c'est le risque que les consoles de jeux, les téléphone wifi, PDA ne seront pas comptables, de plus certaines BOX ne permettent pas d'avoir un cryptage supérieur au WPA+TIKS, chez free on peut pousser jusqu'au cryptage précédemment cité, pour l'instant pas de WPA2, je sais utilise la box d'origine, d'ailleurs le WPA2 ce n'est pas pour les entreprise pour l'instant.

à lire sur l'utilisation de la connexion WIFI
ht
tp://yves.maguer.free.fr/WiFi/page_wifi_...a_sans_materiel


http://www.cameroun-...pratique/15.php

super logiciel à testé avec une édition Linux comme Backtrack le ying et le yang, permet de faire de la triangulation si récepteur GPS connecté
http://fr.wikipedia....met_(programme)
http://www.kismetwir...mentation.shtml
Vous avez l'air très bien informés, je vais donc pas rentrer dans une discussion juridique:
-Il y aura ceux qui arrêterons de télécharger.
-Il y aura ceux qui téléchargeront: Rapidshare, les p2p cryptés, grabbit, et consorts...
-Et malheureusement, ils y aura ceux qui ont prêtés l'Ordi à un copain 10 Mn et qui recevra son premier avertissement,....faudra qu'il ait confiance la prochaine,...pas grave il restera posté devant son PC.....

Mais ceux la n'auront plus Internet!!!Je vous prédis 1 pourcentage d'au moins 25 pour cent, prés a prendre les paris!!!Seront contentes les FAI...
Je suis peut être allé eu peu loin.
Mais finalement la différence ne va pas être si difficile à démontrer (Ne prenez pas en compte la question de la sécurité, c'est juste mon coté vicieux).
Attention ça va allé très vite :
Appliquez Hadopi à un casse de banque.
Vous obtenez donc -> On ne regarde pas se qui concerne l'effraction, mais comme de l'argent est parti de la banque, ce sont forcément les employés puisque c'est eux qui y ont accès.
Les employés devant alors prouver qu'il y a eu effraction.

J'avoue ça à l'air très con... Mais c'est là loi.
( futur ? )

"vous êtes en train de justifier le piratage illégal. "
Wabon ?

Mon idée était juste de démontrer comment les protections misent en place pouvait ce retourner très rapidement contre un utilisateur innocent .

Pour finir "Mais peut-être ce qui gêne certains ici"
Je ne suis pas tellement gêné, mais surtout impressionné par la souplesse de ces personne censé représenter les valeurs de la france et qui sont capable, en même temps, de se mettre à genou ( pour l'industrie musicale ) tout en s'essuyant les pieds sur les principes fondateurs de notre république
( Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789
Article 9 - Tout homme étant présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable. )


Sur ce bonne journée. Amis des libertés fondamentales, nous ne pouvons les imposer à des gens qui se satisfont de leurs suppressions.
Ah la la si le peuple de Numérama (des personnes qui au passage dans le même temps brandissent effrontement l'état de droit!) dépensait autant d'énergie pour oeuvrer à l'amélioration de la loi création et internet qu'il en passe pour la torpiller...

Non sérieusement vous êtes tellement habiles pour détruire cette loi, je pense que vous auriez le talent de mettre un place un outils judiciaire infaillible !

@ Kad "Protéger ses droits, oui (je trouve ça économiquement inutile et socialement rétrograde, mais peu importe)"
Très intéressant..tu peux développer ??
Et c'est ça que tu appelles expéditive et arbitraire ? Va en parler aux internautes chinois, ils vont bien rigoler !

Justifier une procédure liberticide ( Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 ) simplement parce qu'il y a pire ailleurs est le plus bas des arguments possible.
Et puis au fond, ne plus avoir internet, c'est pas la mort surtout que depuis le temps, tout ce qui plait musicalement à une personne a du être téléchargé depuis le temps par le quidam en question!!!!


ceci dit:Sarko, c'est plus du Bush que du "Chinois"
"Un type qui entre par effraction dans votre réseau Wifi, ce n'est plus un pirate, c'est un délinquant : ce n'est plus du piratage, c'est de l'effraction. Ce n'est plus une coupure d'Internet qu'il risque, c'est la prison. Il faudrait veiller à ne pas mélanger tous les problèmes. "


Oui sauf que la personne qui se fait cambrioler ne risque pas d'avoir une amende ou d'avoir sa maison confisquée...
Numeme

"je ferais ce qu'il faut pour que le type ne puisse plus passer par mon réseau"

Vous êtes peut être un génie de l'informatique qui a mis au point une méthode infaillible pour protéger son accès wifi.

Parce que dans votre liste, de fiable, je ne vois que WPA2 (pour combien de temps) et l'extinction de votre Box.


Et l'extinction de la box ne vous protège pas contre hadopi. Si l'ip est publié par TPB, comment prouvez vous que vous avez débranché votre connexion ? Vous demandez les logs du FAI ?


"C'est à la défense d'apporter la preuve ? Où avez-vous vu ça ? Lisez la loi les gars"

Non. La loi dit que la contestation permet une procédure contradictoire dans laquelle l'internaute peut prouver qu'il n'est pas le responsable.

On est bien en contradictoire, puisque les deux points de vue sont donnés, mais la charge de la preuve change de côté.


Vous donnez l'exemple des PV. Grossière erreur d'analogie. Lorsque vous contestez le PV, c'est à la Justice de prouver que vous avez tord (présomption d'innocence oblige, c'est l'accusation qui doit apporter la preuve formelle de votre culpabilité), pas à vous de prouver que vous avez raison.


"Et quand il aura piraté un 2e réseau, puis un 3e"

Encore une fois. Il faut des éléments pour prouver le piratage.

Le téléphone ? Vous avez la facture. La facture prouve que l'acte "appel à New York à XX.XX" est réel. Si en plus vous pouvez prouver l'impossibilité que ce soit vous (ex : au travail au moment des faits), alors il peut y avoir une enquête.


Là, c'est différent. Votre preuve, ce sera, je suppose, le courrier d'Hadopi. Qui dira que comme votre IP a été trouvé sur un tracker, vous êtes un pirate.

Qui vérifie si l'IP a réellement servi ? on revient à la box éteinte. Vous débranchez votre box, et TPB publie votre IP fixe. Comment vous prouvez à la justice que vous aviez débrancher votre box ? la bonne foi ? Ce n'est pas une preuve. La bonne foi ne fonctionne que si c'est à l'accusation de prouver la faute.

Alors vous ferez quoi ? vous porterz plainte. Les policiers, qui ne sont pas aussi abrutis que certains le pensent, se diront
1) est-ce que c'est une fausse adresse IP retenue par Hadopi, dans ce cas je ne me fatigue pas à faire 3j de paperasse pour ca.
2) c'est son adresse IP, mais peut il prouver que personne dans son entourage proche n'est susceptible d'avoir réellement télécharger un truc, et simultanément que ses ordis étaient dans l'impossibilité de faire ce téléchargement en son absence (et oui, l'absence ne suffit plus, dans ce cas, puisque les ordis peuvent rester allumés et continuer à télécharger en votre absence, n'est-ce pas ?). Sans élément, il est plus probable que ce soit son fils qui lui mente qu'un vilain pirate qui a pris le controle de sa ligne internet. Donc, bin, on va faire une main courante, comme ca monsieur votre plainte est enregistrée, s'il y en a d'autres, on enquêtera (pipeau : la main courante n'a aucune valeur juridique).


Par ailleurs, le fait que vous portiez plainte, en supposant que la plainte soit retenue, ne vient pas stopper l'application de CetI. Donc vous pouvez vous voir suspendre ! Même en portant plainte pour "introduction frauduleuse dans un système informatique ou de télécommunication".

Vous me trouvez peut être pessimiste, je préfère réaliste. Il me semble que vous êtes optimiste sur le sujet.


"Donc, je trouve très bien que pour les avertissements qui vont permettre d'arrêter l'immense majorité des téléchargements illégaux,"

et
"ce projet de loi va permettre de gérer très rapidement l'immense majorité des cas "

Toujours le même oubli de votre part. La présence de votre adresse ip sur les réseaux "de piratage" suffit pour hadopi.

Si votre ip est générée aléatoirement, vous ne pourrez pas prouver un piratage. Mais vous ne pourrez pas non plus prouver votre innocence (sauf si vous étiez à Tombouctou au moment des faits).

Je vous donne un exemple qui est arrivé à l'un de mes proches. Il a vu la police débarquer chez lui, dans le cadre d'une enquête concernant la pédophilie. Plutôt sérieux, comme sujet. Son adresse IP avait été relevé. Sauf qu'à la date des faits ... sa ligne n'existait pas encore, a fortiori son IP n'était pas la sienne. Bilan : une journée au poste, et la violation de sa vie privée (vérification complète de ses données).

LA magie du relevé d'adresse IP !
Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
>Une effraction sur une serrure est très facile à prouver : ça se voit !
:) Amène moi ta voiture et je te montre comment on l'ouvre et on la démarre avec la tige métallique d'un balai d'essuie-glace.
C'est rigolo : les pirates informatiques que vous évoquez sont tous des experts qui ont toutes les connaissances voulues pour ne pas laisser de traces, tandis que les voleurs de voitures sont des gougnafiers incompétents.

@Numémé

Tu ne t'es jamais servi de youtube ? Il y a tout en vidéo sur comment faire et avec quel logiciel, le paramétrage etc... sans parler des innombrables tutoriaux disponibles partout ?

J'ai lu ta remarque sur ton ami qui s'est fait piraté sa ligne téléphonique, figure toi que sa laisse énormement de traces et que l'on peut retrouver très facilement un phreaker (j'en ai une bonne expérience), ça n'est pas comparable avec un piratage wifi.

Si il y a un vol dans une banque, comme dans 95% des cas on interroge toujours le personnel car c'est de là que viennent généralement les informations pour procéder à l'effraction ou au vol, il y a des stats à ce sujet pour les vols dans la grande distribution ce sont généralement les employés eux-même qui volent le plus, hé oui...

Le pb, c'est que tu t'imagines qu'il n'y a que les vrai hackers qui veulent pirater, je connais un tas d'étudiant qui, lorsqu'ils viennent en ville avec leur portable tout le long de la semaine (le week-end ils rentrent dans leur bled aux alentours) ont envie de surfer ou récupérer des trucs et piratent des accès wifi pourtant ils sont loin d'être compétent en informatique, quand je leur ai demandé comment ils si sont pris connaissant leur niveau proche du néant en informatique : c'est eux-même qui m'ont montré les vidéos qu'ils ont visionnés (youtube) pour savoir comment faire...
Et AC/DC, on l'a la solution: La Licence globale, vous vous souvenez?
40 euros en plus par moi pour 20 millions d'internautes, soient 800 millions d'euros, pour exemple, pour l'industrie du disque-cine etc... et par mois!!!
Le jour ou la chance de Warner, Vivendi et consort est passée........Snif
Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
Ouh la, que d'arguments qui n'ont rien à voir. En particulier, la loi ne s'occupe pas de technique, de wifi ou que sais-je encore : ce n'est pas son rôle. Une loi sur le cambriolage des maisons ne va s'occuper du fait que le type a utilisé un marteau ou un passe-partout ou que la maison est protégée par une alarme ou un verrou.
Sauf qu'une loi qui indique une obligation de sécurisation doit rentrer dans la technique pour indiquer ce qui caractérise une sécurisation valide.

Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
Alors, si je me fais pirater mon wifi, même si la police ne bouge pas, je ferais ce qu'il faut pour que le type ne puisse plus passer par mon réseau.
Encore faut-il que tu t'en aperçoives avant de recevoir un courrier d'HADOPI, et que tu aies la possibilité de le sécuriser pour que ça ne se reproduise pas (chose que tu ne peux faire). En l'absence de preuve que ton réseau a été piraté, le fait que tu aies porté plainte n'aura aucun effet quant à l'action d'HADOPI.

Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
C'est à la défense d'apporter la preuve ? Où avez-vous vu ça ? Lisez la loi les gars (combien d'entre vous l'ont fait ou parlent seulement à partir de ce que d'autres ont dit sur la loi) : le projet de loi dit que la sanction est prononcée après une procédure contradictoire, exactement de la même manière que devant un tribunal, une condamnation est prononcée après un débat contradictoire. Le projet de loi prévoit également une possibilité d'appel devant une autorité judiciaire. Mais à aucun moment, il ne parle de charge de la preuve dans un sens ou dans l'autre.

Soyons réaliste : ce projet de loi va permettre de gérer très rapidement l'immense majorité des cas : les gens qui mettent à dispo illégalement de la musique ou des films et qui arrêteront de suite. Après, pour les cas les plus complexes, il y a
1) débat contradictoire et éventuellement sanction
2) appel devant une autorité judiciaire
Il n'y aura aucun débat, contradictoire ou quoi que ce soit. Pour qu'il y ait un débat contradictoire, il faut que l'usager ait la possibilité de se défendre avant que quelque mesure que ce soit ne soit appliquée (y compris l'avertissement par email), et que les "preuves" de sa prétendue culpabilité soient étudiées et jugées recevables. Ce n'est pas le cas avec HADOPI. Certes les modifications apportées par le sénat ont donné la possibilité à l'usager de faire appel de la sanction, mais il ne pourra contester que la suspension de l'abonnement. De plus, pour procéder à cette contestation, il devra prouver que son accès était correctement sécurisé (sachant qu'il n'y a aucune définition de ce qu'est le "correctement sécurisé" dans la loi). Il n'est pas prévu que les "preuves" de contrefaçon apportées par les ayants-droits soient contestables, le seul élément contestable est le manquement de sécurisation, et c'est au citoyen d'apporter la preuve de son innocence avec cette loi, sachant que le recours n'est pas suspensif.

Pis, les prévisions de fonctionnement communiquées par la ministre de la culture prouvent qu'aucune étude des dossiers ni vérification des preuves n'est possible, encore moins la tenue d'un débat contradictoire laissant à l'accusation la charge de la preuve. En effet, HADOPI sera composée de 3 magistrats, et devrait procéder chaque jour à 10000 envois de courriers électroniques, à 3000 envois de recommandés, et 1000 suspensions. Ce sont ainsi 14000 dossiers par jour pour 3 magistrats, qui, 35h oblige, travailleront donc 7h par jour (et on va supposer pour simplifier que les chiffres de la ministre sont valables pour des jours ouvrés, et ne sont pas des chiffres moyens sur un base de 365 jours par an).

Ceci nous fait donc environ 4666 dossiers par jour et par magistrat, 666 dossiers par heure et par magistrat, 11 dossiers par minute et par magistrat. En admettant que les deux premières étapes sont entièrement automatisées (et donc en admettant que pour tout le début de la procédure, il n'y aura donc aucune étude du dossier ou de la validité des preuves), on garde donc 1000 décisions de suspension par jour pour 3 magistrats (sachant qu'il devrait y avoir des dossiers ne menant pas à une suspension, s'ils sont réellement étudiés, pour motif de preuves insuffisantes), ce qui nous fait 333 décisions de suspension par jour et par magistrat, soit 47 décisions par heure et par magistrat, soit encore 1mn15s pour décider de chacune des suspensions.

À qui fera-t-on croire qu'en 1mn15s il est possible d'étudier le dossier, vérifier la validité des preuves, permettre au justiciable de se défendre, et décider si oui ou non la preuve a été faite du délit ? Et je le rappelle, ces calculs ne prennent pas en compte le nombre de dossiers "étudiés" qui aboutissent à une "relaxe" (pas de sanction décidée), présupposent déjà qu'il n'y aura aucun débat quel qu'il soit lors des deux premières étapes, et qu'il n'y a pas le moindre temps de consacré à la gestion des recours.

Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
Exactement comme ce projet de loi dont on peut peut-être rappeler les modalités :
1) en cas de mise à disposition d'une oeuvre protégée par le droit d'auteur et dans le cas où vous êtes repérés, envoi d'un email d'avertissement pour des faits remontant à 6 mois maximum.
2) En cas de récidive dans les 6 mois, envoi d'un 2e avertissement doublé éventuellement d'une lettre en recommandé
3) A ce moment, possibilité pour l'abonné de faire parvenir ses remarques.
4) En cas de récidive dans un délai d'un an et si une lettre recommandée a été envoyée, procédure contradictoire et prononcé d'une sanction
5) Possibilité de faire une transaction en lieu et place de la sanction
6) Possibilité de faire appel devant une autorité judiciaire
Reformulons ces points pour obtenir la réalité.
1. plus précisément, dans le cas où les ayants-droits fournissent à HADOPI votre IP en prétendant qu'elle a servi pour mettre à disposition une œuvre protégée par des droits d'auteurs dont ils possèdent les droits, HADOPI vous enverra un email d'avertissement sans la moindre vérification de la légalité du relevé, et encore moins de la validité de la preuve. Il est d'une part prouvé que les "relevés" effectués par les ayants-droits ne prouvent aucunement une mise à disposition depuis cette IP (des chercheurs d'une université américaine ont ainsi reçu des dizaines de plaintes de la RIAA pour téléchargement illégal sur des IPs attribuées à... des imprimantes, des fax, etc.). Il est d'autre part clair que quand bien même l'adresse IP aurait été utilisée pour télécharger ces œuvres, ce n'est aucunement une preuve de la culpabilité du titulaire de l'accès : piratage de la ligne, piratage du WiFi (aussi sécurisé soit-il, cet article indiquant que même le WPA ne permet pas cette sécurisation), utilisation de la ligne par une autre entité légale que le titulaire de la ligne (une personne majeure vivant sous le même toi, par exemple).
2. dans le cas où les ayant-droits signalent à nouveau votre adresse IP, sans plus de vérification que la première fois, HADOPI vous enverra un 2e avertissement en recommandé.
3. l'abonné peut faire ses remarques auprès d'HADOPI, qui n'aura aucune obligation de les écouter ni même de les prendre en compte. Cela ne mènera en aucun cas à une étude des soi-disant "preuves". Confirmation par toi-même dans le rappel du fonctionnement tel que tu le vois qu'il n'y aura eu aucune contradiction possible jusqu'ici, ni aucun besoin de prouver la culpabilité du présumé coupable.
4. en cas de récidive dans le cas où les ayant-droits persistent et fournissent à nouveau à HADOPI votre adresse IP, HADOPI décidera de la suspension de votre ligne sans plus avoir étudié les preuves et s'être assuré qu'elles prouvaient réellement quoi que ce soit, et sans même avoir entendu le justiciable.
5. Possibilité de faire une transaction en lieu et place de la sanction : cette transaction n'est absolument pas encadrée dans la loi, ne remet aucunement le compteur HADOPI à zéro (le lendemain les ayant-droits peuvent décider de fournir à nouveau votre adresse IP - et même probablement pour exactement le même "relevé" - s'ils le souhaitent), et, comme les autres sanctions, n'empêche nullement des poursuites judiciaires pour contrefaçon de la part des ayant droits. Pis, une telle transaction deviendrait alors un aveu de culpabilité de contrefaçon que pourraient utiliser les ayant droits dans un procès pour contrefaçon.
6. Une fois sa ligne suspendue, possibilité de faire appel devant une autorité judiciaire, sans que cela ne suspende l'application de la sanction. Ce sera à l'abonné de prouver la bonne sécurisation de son réseau au moment des faits et l'absence de contrefaçon (notre cher gouvernement et les sénateurs ayant proposé plusieurs façons aussi stupides les unes que les autres pour apporter cette preuve, parmi lesquelles : présenter son disque dur pour prouver qu'il ne contient pas de fichiers contrefait, ou encore avoir installé un spyware enregistrant les actions sur la machine et supposé empêcher l'utilisateur de pirater, et présenter les logs de ce spyware pour prouver qu'il était actif au moment des faits). À aucun moment lors de ce recours les ayant-droits n'auront à faire la preuve que le présumé coupable déjà sanctionné sans aucune forme de procès est effectivement coupable de ce qui lui est reproché.

Pour rappel : les points 1. et 2. sont facultatifs, HADOPI peut décider de passer directement à la suspension.

Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
Mais en attendant, le téléchargement illégal, c'est du vol.
Syntax Error! Le téléchargement illégal n'est pas du vol, mais de la contrefaçon. Il n'y a pas dépossession de l'objet, et ce ne peut donc de fait pas être du vol.

Pour tes voleurs de supermarché, bien que le téléchargement illégal ne soit pas du vol (voir ligne précédente), voici ce que serait HADOPI appliqué à cette situation :
1. les gérants de supermarché contactent HADOPI et affirment avoir un témoin que quelqu'un qui se baladait avec une pancarte donnant ton adresse à volé dans leur magasin, tu reçois un mail d'avertissement.
2. les mêmes gérants refont pareil, tu reçois un recommandé
3. tu peux contacter HADOPI pour leur dire "c'est pas moi", mais que tu le fasses ou non ça ne changera rien
4. revoilà les gérants, cette fois on t'assigne à résidence
5. tu peux faire une transaction pour qu'on ne t'assigne pas à résidence
6. tu peux faire un recours devant la justice, mais tu devras prouver que ce n'était pas toi, que tu n'as rien volé dans le magasin. Les preuves apportées par le gérant ne seront jamais examinées pour en vérifier la validité et vérifier qu'elles prouvent bien que tu as fait ça.
Bien sûr, cette procédure n'empêche aucunement le gérant de te poursuivre en justice, et il pourra même utilisé la sanction que tu as reçue (ou encore mieux, la tractation que tu as accepté) comme preuve de ta culpabilité.

Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
Alors, au lieu de défendre le téléchargement illégal par tous les moyens, j'aimerais que vous vous engagiez davantage pour promouvoir le téléchargement légal. Il existe, il a une offre qui est vaste, qui va du gratuit au franchement cher en passant par du bon marché, avec tous les styles de musique, avec toutes les qualités d'artistes. Non, le téléchargement légal, ce n'est pas seulement iTunes et ces tarifs prohibitifs tout comme la musique, ce n'est pas seulement Universal et Obispo.
Offre vaste ? Elle ne représente même pas 10% de ce qui est disponible de façon illégale. La grande majorité de cette offre est hors de prix. À l'heure actuelle, une grande partie de cette offre n'est disponible qu'avec DRMs, limitant ce que l'on peut en faire. Sauf exception, la qualité de ces offres est déplorable (au mieux on atteint du MP3 192), alors qu'on obtient une bien meilleure qualité par voie illégale.
Et on ne défend pas le téléchargement illégal par tous les moyens, loin de là, on défend avant tout les libertés individuels et les droits de l'homme. On défend également l'évolution du modèle économique de l'industrie, et la dépénalisation du téléchargement (cela va de pair), car il permet d'une part un accès plus large à la culture, et d'autre part est un formidable outil marketing accessible en particuliers aux indépendants, et leur permettant de se débarrasser partiellement du joug des majors.

Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
Tant que le téléchargement illégal sera toléré, il sera impossible au téléchargement légal de prospérer. Alors, s'il vous plaît, consacrez votre énergie à défendre et à promouvoir les sites, les artistes et les producteurs qui font du bon boulot pour le téléchargement légal au lieu de trouver des arguments pour les éventuels cas où il se pourrait qu'un voisin fasse une intrusion illégale dans votre réseau.
Tant que l'offre légale ne proposera pas au minimum la même qualité, la même variété, et les mêmes possibilités (pas de DRMs, possibilité de lire ce qu'on a acheté sous tous les OS et sur tous les matériels) que le téléchargement illégal, le téléchargement illégal ne disparaîtra pas, quand bien même on détruirai toutes les libertés des citoyens en essayant de l'éradiquer. Tant que les prix ne baisseront pas, le téléchargement illégal ne fléchira pas. Tant que l'industrie "culturelle" crachera sur son public, sur ceux qui la font vivre, le téléchargement illégal ne fera que se renforcer.
Si un jour on éradique le téléchargement illégal, les ventes de l'industrie "culturelle" n'augmenteront pas plus pour autant. Les études statistiques indépendantes et sérieuses (qui indique la provenance de leur chiffres et leur méthodologie) le montrent : le téléchargement illégal a un effet statistique nul sur les ventes.

Numémé, le 01/01/1970 - 01:00
Encore une fois, l'immense majorité des téléchargements illégaux s'arrêteront dès le 1er ou le 2e avertissement.
Et tu réitères cette affirmation sans plus d'étude pour la soutenir, quand bien même on t'a demandé ce qui te permet de l'affirmer... Ça ne la rend pas plus vraie.
jetez un coup d'œil la dessus
c'est un peu hs mais c'est une bonne nouvelle
l'amendement 138 est loin d'être mort
http://www.pcinpact....ozy-albanel.htm
hé spqr13: ta solution c'est une grosse arnaque. C'est la solution des mecs qui ont envie de télécharger à gogo mais en ce donnant bonne conscience genre "je respecte le travail des artistes".

Je reprends tes hypothèses:
40 euros/mois..ok..les autres vous êtes prêt à payer ça ?? les 40 euros c'est obligatoire pour tous les titulaires d'accès internet ou c'est juste pour ceux qui veulent télécharger ??

20 millions d'internautes..euh..non désolé on est à 18 millions. La culture vient de perdre presque 1 milliard d'un coup.

Et précisemment ce fric c'est pour qui ?? comment tu le répartis ??
>Non. La loi dit que la contestation permet une procédure contradictoire dans laquelle l'internaute peut prouver qu'il n'est pas le responsable. On est bien en contradictoire, puisque les deux points de vue sont donnés, mais la charge de la preuve change de côté.

Des sources. Donnez-moi l'extrait de la loi qui explique ça. S'il vous plaît, je dois être particulièrement bête, mais je n'ai rien vu dans la loi qui dit ce que vous avancez. Alors s'il vous plaît, citez moi l'extrait.

>La présence de votre adresse ip sur les réseaux "de piratage" suffit pour hadopi.
Même chose. Montrez-moi l'extrait de la loi qui dit "présence d'une IP sur un p2p = avertissement".

>Si votre ip est générée aléatoirement, vous ne pourrez pas prouver un piratage.
Parce qu'en plus d'avoir été générée aléatoirement dans un track, elle a été inscrite dans les logs de mon FAI ?

>Il a vu la police débarquer chez lui, dans le cadre d'une enquête concernant la pédophilie.
Oui. Et alors ? Moi je connais un mec qui est resté en garde à vue parce que le témoin d'une agression a cru le reconnaître. Qui a dit que la police ne devait pas enquêter ?
Et si l'adresse IP de ton copain avait été valide, tu penses qu'il aurait été condamné sans que la police fouille son disque dur à la recherche de photos pédophiles ?
Oui, ça arrive à tout le monde d'être injustement soupçonné. Et alors ? Il faudrait que la justice n'intervienne que lorsque les faits sont avérés ?
C'est une question de bon sens : 1) on soupçonne 2) on enquête 3) on confirme ou on infirme
et il arrive qu'il y ait des innocent qui soient soupçonnés.
C'est comme le tribunal : certains trouvent intolérables qu'il y ait des gens qui soient injustement mis en examen, puis acquittés. Mais s'il n'y avait que des coupables qui arrivent devant un tribunal, les tribunaux ne serviraient plus à rien.

Donc, vous êtes en train d'expliquer que parce qu'il est éventuellement possible que cette loi entraîne des erreurs, il ne faut pas faire de loi. A ce compte-là, foutez toutes les lois de tous les pays du monde à la poubelle.
@Numémé

Mais pourquoi donc la CNIL a trouvé à redire à ce projet de loi si il est si bien que ça ?
D'ailleurs on leur avait gentiment demander de ne rien ébruiter car ils avaient rendu un jugement plutôt critique...

Peux-tu me dire puisque tu as lu cette loi, qui va effectuer les recherches pour le compte de sociétés privés ?
Eux même ??? Sous le couvert d'infrastructures ouvertes pour l'occasion (qui seront nommés/choisis par les représentants de l'état) ?
Qui va les stocker et qui va exploiter ses informations ?

Donc tu préfères qu'une nouvelle loi viennent empiéter sur des loi déjà en cours qui protègent nos libertés individuelles, tu dois avoir raisons toutes les lois précédentes ne servent à rien si les nouvelles ne les prennent pas en compte et dans ce cas là bienvenue dans un monde sans vaseline...

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