Nous l’avons déjà dit récemment (avec un brin de provocation assumée) en nous félicitant de ce que le CD soit au plus bas depuis vingt ans… la réponse au « problème » du téléchargement illégal n’est pas dans la répression ou dans la vente de fichiers MP3, mais dans un retour à l’attachement à l’objet matériel. Contre le fichier volatile qui peut se cloner de disque dur en disque dur sans le moindre effort, l’industrie du disque doit réinventer le support et donner à nouveau la satisfaction de posséder chez soi un objet musical où l’effort créatif transpire et s’affiche.

Personne jusqu’à présent n’a trouvé la solution, mais beaucoup y travaillent. Le vétéran Neil Young en fait partie. En janvier, le très respecté chanteur canadien avait déjà indiqué qu’il abandonnait le CD pour passer au Blu-Ray. Sans donner plus de détails. On en sait aujourd’hui un peu plus.

Popularisé dans les années 1970 avec ses albums After the Gold Rush et Harvest, et pour sa présence dans le groupe Crosby, Stills, Nash & Young, Neil Young déteste le MP3, mais adore la technologie. Il explique au Financial Times qu’il travaille depuis quinze ans à trouver les bonnes technologies pour rassembler une collection complète de ses œuvres. Et Young estime avoir trouvé son dévolu dans l’alliance entre le langage Java de Sun et le Blu-Ray de Sony.

Sans entrer dans les détails, le musicien assure qu’il est actuellement en discussion avec des maisons de disques pour leur vendre une licence d’une plateforme alternative à iTunes, qui offrirait une qualité bien supérieure au téléchargement, et peut-être un renouveau pour les recettes de l’industrie. Une promesse qui ne doit pas laisser indifférent dans les bureaux des maisons de disques. Mais les contours de la « plateforme » sont très flous, d’autant que pour le moment, ce que prépare Young pour lui-même ressemble à ce que l’on a déjà vu avec les DVD audio et vidéo, qui devaient donner un second souffle à l’industrie…

Le chanteur compte en effet sortir un coffret de 10 disques Blu-Ray, soit environ 500 Go de données… uniquement pour les années 1963-1972. Loin d’être uniquement composé musique (qui devrait être logiquement remastérisé en 7.1 sans perte), le coffret proposera aussi des vidéos, des photos, des menus interactifs, des chansons indédites, des manuscrits, des interviews, et bien d’autres contenus. Certains contenus complémentaires pourront aussi être téléchargés sur le lecteur Blu-Ray… à condition d’avoir un lecteur compatible Profil 2.0 (BD Live). Beaucoup de bonnes choses en perspective, mais rien qui ne soit pas déjà prévu dans les spécifications techniques du Blu-Ray.

Il faudra donc encore attendre pour savoir ce que Neil Young met derrière le terme de « plateforme » qu’il compte vendre aux maisons de disques, voire aux studios de télévision…

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