Kickstarter a demandé à un journaliste de réaliser une enquête sur le drone Zano, qui avait bénéficié d’une levée de plus de 3 millions d’euros de contributions en janvier dernier. Très peu de clients ont reçu leur drone, et la société s’est mise en faillite.

Il n’y a guère pire pour Kickstarter qu’une campagne de financement collaboratif qui cartonne et qui aboutit au final sur un produit défectueux, la fermeture du projet, et le non-remboursement des participants lésés. C’est pourtant ce qui est arrivé avec le drone Zano, qui ne s’est véritablement envolé qu’avec les 2,3 millions de livres sterling (environ 3,1 millions d’euros) collectés auprès de 12 075 contributeurs.

La société britannique Torquing Group avait en effet lancé ce projet de drone miniature présenté en janvier dernier, pas plus large que la paume d’une main. Doté d’une caméra HD pour réaliser des photos ou des vidéos aériennes en toute discrétion, le drone coûtait 250 dollars et avait connu un énorme succès, notamment grâce à une vidéo dont la version officielle a été supprimée de YouTube.

https://www.youtube.com/watch?v=q6UYFpdIDXc

Selon Gizmodo, les 600 modèles finalement livrés ces dernières semaines (sur un total de 15 000 commandes) ne répondaient pas vraiment aux promesses. L’appareil pouvait à peine voler, ce qui est assez gênant pour un drone.

Et surtout, la société s’est mise en liquidation quelques jours après que le CEO Ivan Reedman a annoncé qu’il se retirait pour « des raisons personnelles de santé et des divergences irréconciliables ». En conséquence, les clients ne devraient pas pouvoir récupérer leur argent, qui servira en priorité à payer les fournisseurs, les salariés et les éventuelles dettes sociales ou fiscales accumulées.

Enquête sur le Zano et sur Kickstarter

Kickstarter, dont le contrat le dégage de toute responsabilité en cas d’escroquerie ou d’échec des entreprises soutenues par les internautes, a réagi en demandant à un journaliste d’enquêter sur les raisons de cet échec, qui ressemble davantage à une mauvaise gestion et une R&D défaillante qu’à une volonté de partir avec la caisse.

« Kickstarter m’a demandé de raconter l’évolution du projet, du début à la fin ; de découvrir ce qui s’est passé sur les quelques 2 millions de livres sterling des contributeurs ; et de répondre aux questions visant à savoir si les créateurs de Zano auraient pu faire les choses différemment, ou s’ils ont fait des erreurs que les futurs projets de Kickstarter pourraient éviter », raconte le journaliste Mark Harris.

Il assure, en gras dans le texte, qu’il devra aussi étudier la responsabilité de Kickstarter et ce que l’entreprise aurait pu faire de mieux pour prévenir ce désastre, sans que son client n’ait son mot à dire sur le rendu final du reportage. Il devrait être publié dans le courant du mois de janvier 2016.

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