Avec Jurassic World Evolution, Frontier (Elite Dangerous, Planet Coaster) nous place dans la peau d'un gestionnaire de parc de dinosaures. Un jeu de gestion « consolisé » qu'il faut apprendre à aimer.

À première vue, tout le monde aime les dinosaures. Après tout, il apparaît difficile de ne pas tomber en admiration devant ces créatures fascinantes ayant disparu de la surface de notre planète il y a des millions d’années. Du coup, à chaque fois qu’ils réapparaissent quelque part (un film, une série, un jeu vidéo), c’est un peu l’hystérie générale. Frontier, studio derrière l’incroyable Elite Dangerous, a voulu apporter sa pierre à l’édifice avec Jurassic World Evolution. Non sans surfer sur la vague de la sortie du blockbuster Jurassic World : Fallen Kingdom dans les salles obscures, qui lui donne sa licence.

Produit dérivé

Jurassic World Evolution apparaît dès les premières secondes comme un pur outil de merchandising : le générique commence par la célèbre animation du logo Universal et, derrière, les développeurs déroulent les clins d’oeil, à commencer par les personnages aperçus dans les longs métrages (spoiler : il y a Jeff Goldblum qui reprend son rôle). À défaut d’avoir un mode histoire, le jeu de gestion respecte un univers connu de tous. À cela s’ajoute des qualités techniques très solides, entre beauté graphique et réalisme de circonstance. Mention spéciale à la modélisation des dinosaures, respectés à la lettre par rapport à leur version cinématographique (loin d’être la version scientifique, malheureusement). Et aussi à la bande son convoquant les thèmes bien connus de la saga cinématographique.

 

On ne va pas vous le cacher : les premières minutes de Jurassic World Evolution deviennent vite rébarbatives. Sur l’île de départ servant de tutoriel, il ne se passe pas suffisamment de choses pour donner envie de continuer. Il faut pourtant se forcer un peu malgré des mécaniques de gestion très, très simplistes. En bref, il s’agit de construire des bâtiments ayant une fonction particulière pour agrandir son parc et attirer toujours plus de monde pour gagner de l’argent.

La progression se fait selon trois caractéristiques : la sécurité, le divertissement et la science. Elles sont chacune régies par un personnage confiant tâches et missions en guise de guide. Elle se fait aussi en fonction du nombre d’îles auxquelles vous pouvez accéder : plus vous aurez de bâtiments clefs, limités à un par île, plus vous bénéficierez d’éléments avancés. Une logique à toute épreuve. C’est aussi pour cette raison qu’il faut absolument passer le premier environnement.

Un air de jeu mobile

De loin, l’interface ressemble à celle d’un jeu mobile. Elle est épurée au possible. Un sentiment sans doute imputable à l’existence de portages PlayStation 4 et Xbox One. Tout se passe sur le côté gauche de l’écran, avec plusieurs raccourcis pour accéder aux diverses constructions nécessaires à l’expansion du parc. Pour sûr, Frontier a pensé à tout : électricité pour alimenter les bâtiments (avec placements des générateurs pour couvrir les différentes zones), intempéries, usure. De ce point de vue, le studio n’invente rien, mais les éléments s’emboîtent bien sans que ce soit trop complexe à gérer.

Par rapport aux autres titres du genre (il y en a un paquet et couvrant plusieurs thèmes), Jurassic World Evolution mise sur son univers et ses dinosaures. Un argument infaillible pour faire mouche, surtout au regard du nombre d’espèces disponibles — pas d’espèces aquatiques et volantes en revanche. Pour faire naître un dinosaure, il faut d’abord veiller à avoir récolté suffisamment de fossiles pour atteindre 50 % de son génome. Et plus l’ADN sera complet, plus la bestiole sera de qualité.

Dès lors, le challenge vient avec le temps. Il faut clairement dépasser les premières îles pour voir des missions plus difficiles et des possibilités de gameplay et de construction bien plus poussées. Tout ce que vous recherchez est persistant : retourner sur la première île et recommencer à zéro avec tout ce qu’on a débloqué pendant le jeu est un vrai plaisir, beaucoup plus satisfaisant que la première rencontre avec le jeu.

Le paquet sur les dinosaures

Frontier a également implémenté un outil de personnalisation des dinosaures. Grâce à lui, il est possible de modifier les gènes pour changer leurs caractéristiques (merci les mutations). Soit de quoi jouer les Dr. Frankenstein. À l’inverse, les bâtiments ne peuvent pas être changés — simplement améliorés. On pourra néanmoins augmenter son bénéfice en jouant sur les prix des boutiques.

Frontier mise donc tout sur les dinosaures. Ce sont eux qui feront venir les visiteurs. En plus de séparer les carnivores des herbivores (très schématique), il conviendra de veiller à leur confort. Comment ? En modifiant les enclos de manière à répondre à leurs besoins. Certains préfèrent plus de végétation, d’autres veulent jouir d’un maximum d’espace. Pour agir sur le terrain, on dispose de l’opportunité de faire un peu de terraforming avec des outils faisant apparaître des arbres ou des lacs. Nous insistons bien sur le un peu tant les possibilités restent basiques sur ce point.

Si vos dinosaures ne sont pas satisfaits et pètent un plomb, ils n’hésiteront pas à bousiller la barrière pour semer la zizanie dans le parc. À cette bienveillance s’ajoutent les soins habituels (alimentation, maladie). Pour ce faire, on dispose d’unités d’intervention terrestre et aérienne pour remplir les bacs de nourriture, soigner et calmer les bestioles. Petite particularité : il est même possible d’incarner une unité avec une vue à la première personne, appareil photo ou fusil tranquillisant en main, un plus immersif non négligeable et rapprochant un peu plus le gestionnaire de son empire. Bref, oui, on nage dans un rêve de gosse… mais combien de temps Jurassic World Evolution saura-t-il nous tenir endormi ?

Jurassic World Evolution est disponible sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

En bref

Jurassic World: Evolution

Note indicative : 4/5

Sous ses airs de jeu mobile simpliste (merci l'interface), Jurassic World Evolution s'apparente à un produit dérivé assumé et plutôt très bien réalisé. Si les premières heures se révèlent fastidieuses, peu à peu, le gameplay révèle sa complexité et laisse entrevoir des possibilités de gestion plus perfectionnées qu'elles n'y paraissent. 

En prime, Jurassic World Evolution se paie le luxe de réaliser un rêve de beaucoup d'enfants devenus grands : la possibilité de créer et gérer un parc rempli de dinosaures. Un argument imparable qui plaide en la faveur de cette production signée Frontier. 

Top

  • Des dinosaures en veux-tu, en voilà
  • Très joli
  • Plus complet qu'il n'y paraît

Bof

  • Premières heures fastidieuses
  • Où sont les dinosaures aquatiques et volants ?
  • Mécaniques parfois simplistes

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