La saison 4 de Reacher s’est achevée le 16 septembre sur Prime Video, avec un score indécent de 66 millions de spectateurs en 28 jours. Douze jours plus tard, Amazon a signé le chèque de la saison 6, sans même attendre la diffusion de la saison 5. Avec six saisons commandées, Reacher devient la deuxième série scénarisée la plus longue de Prime Video, derrière Bosch et à égalité avec Invincible.
Pour Amazon, le calcul est simple. La saison 4 de la série adaptée des romans de Lee Child figure parmi les cinq saisons de séries originales les plus vues de l’histoire de Prime Video. Avec le spin-off Neagley, lancé le 16 septembre pour exploiter le filon jusqu’au bout, la multinationale s’assure un flux continu d’abonnements portés par une recette qui marche.
Une saison 4 fidèle à la recette
Il faut reconnaître à Alan Ritchson, qui incarne Jack Reacher, une présence physique incontestable. Tom Cruise, avec son mètre soixante-dix, n’avait jamais convaincu les lecteurs dans le rôle du vagabond stoïque au cinéma, dans Jack Reacher (2012) puis Jack Reacher : Never Go Back (2016). Ritchson, autour de 1,88 mètre, s’approche bien plus du colosse de 1,96 mètre décrit par Lee Child. L’adaptation de la saison 4 (Elle savait, Gone Tomorrow en VO), qui plongeait Reacher au milieu d’un complot mortel amorcé dans le métro de Philadelphie (le roman se déroulait à New York), a déroulé exactement les mêmes mécaniques que les précédentes : une narration sans détour, une distribution de baffes calibrée au minuteur et des dialogues réduits au strict minimum.
Sauf qu’à force de signer des renouvellements alors que le tournage de la saison 5 (Make Me, paru en France sous le titre Bienvenue à Mother’s Rest) bat son plein à Toronto, la série glisse vers le produit industriel. Peter Friedlander, responsable de la télévision mondiale chez Amazon MGM Studios, a beau saluer une « série vraiment iconique », Amazon cherche surtout à transformer un polar d’action efficace en feuilleton d’usine sans fin.
Une formule qui risque de s’user
En enchaînant les saisons et en étendant l’univers avec une première série dérivée, Prime Video risque d’user sa série avant l’heure. Le charme de Reacher reposait sur son côté western moderne épuré : un type solitaire débarque dans une ville, démonte le réseau criminel local à coups de poing et reprend son bus.
À vouloir transformer chaque roman de la saga en événement annuel standardisé, Amazon prend le risque d’anesthésier son propre public. Pour l’instant, les chiffres de visionnage donnent raison aux comptables de Seattle, mais l’enfilade de saisons produites à la chaîne pourrait bien finir par lasser même les fans les plus indulgents.
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