L’histoire est-elle en train de se répéter ? Un an après le triomphe du reboot de Superman, le tout nouveau DCU vient d’essuyer son premier crash industriel majeur. Avec un budget estimé à 170 millions de dollars, Supergirl a sombré ce week-end des 27 et 28 juin 2026, avec un démarrage catastrophique à 38 millions de dollars sur le sol américain.
Un revers cuisant qui ramène les fantômes de l’ère Zack Snyder et jette un grand froid sur la pérennité du plan de 10 ans échafaudé par James Gunn. Pourtant, au lieu de se recentrer sur ses icônes populaires et sécurisantes, le studio persiste à vouloir mettre en avant des figures de second plan. Selon des initiés d’Hollywood, la production d’un long-métrage réunissant Bane et Deathstroke est désormais érigée en priorité absolue, comme l’explique The Wrap le 29 juin. Une décision particulièrement risquée, pour ne pas dire incompréhensible, au vu de l’état actuel du marché.
Le syndrome « Sony Pictures » : des vilains sans héros
Prioriser un projet tel que Bane et Deathstroke aujourd’hui pose une question de pure logique narrative et commerciale : comment peut-on lancer un film entièrement dédié à deux des plus grands antagonistes de l’univers de Batman… avant même d’avoir introduit le Chevalier noir dans ce nouveau cycle cinématographique ? Le projet The Brave and the Bold, censé installer le nouveau Batman du DCU, fait du surplace, tandis que la concurrence interne fait rage avec le tournage de The Batman: Part II de Matt Reeves (prévu pour 2027).
En choisissant de braquer les projecteurs sur Bane et Deathstroke, DC Studios semble reproduire l’erreur tactique de Sony avec son Spider-Man Universe sans Spider-Man (Morbius, Madame Web). James Gunn fait le pari audacieux d’imposer un traitement à la Suicide Squad ou à la Peacemaker à des personnages majeurs, misant sur le fait que le public se déplacera pour des figures sombres et violentes.
Mais la réalité du box-office de Supergirl vient de prouver le contraire. Aujourd’hui, le grand public ne se déplace plus en masse pour des marques de super-héros secondaires ou des concepts de niche si l’histoire ne repose pas sur une formule imparable ou des stars de premier plan.
Une proposition déconnectée des attentes du public
L’échec de Supergirl a mis en lumière une réalité démographique implacable : l’audience des films de super-héros vieillit, se masculinise (59 % d’hommes et 65 % de plus de 25 ans) et montre des signes évidents de lassitude face aux formules interconnectées. Le public veut des piliers, des repères, pas une multiplication de récits satellites.
En plus de Clayface, un film d’horreur à petit budget (40 millions de dollars) attendu pour cet automne, l’ajout de Bane et Deathstroke à la liste des priorités encombre inutilement une franchise qui a désespérément besoin de consolider ses fondations. Sans réalisateur ni casting officiel à bord, accélérer le développement de ce thriller gorgé de testostérone ressemble davantage à une réaction paniquée pour rassurer les investisseurs après l’échec de Supergirl qu’à une vision artistique rigoureuse.
Alors que le très attendu Man of Tomorrow (la suite de Superman) devrait redresser la barre en juillet 2027, s’éparpiller dans des spin-offs de super-vilains sans attache globale est un luxe que le DC Studios de 2026 ne peut clairement pas se permettre.
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