En 2010, Ridley Scott et Russell Crowe tentaient de réinventer le mythe de Robin des Bois à coups de batailles épiques, de débarquements maritimes et de géopolitique médiévale. Le résultat ? Un blockbuster massif, mais souvent jugé trop lourd et déconnecté de la poésie originale de Sherwood. Seize ans plus tard, le cinéaste prodige Michael Sarnoski (Pig, Sans un bruit Jour 1) s’apprête à relever le défi sous un angle radicalement inversé.
Pas d’armées de figurants en CGI, ni de discours hollywoodiens ici. Avec On l’appelait Robin des Bois, attendu en salles le 19 juin 2026, le réalisateur propose un voyage crépusculaire et ultra-réaliste centré sur les derniers jours d’un archer brisé par les regrets. Une proposition artistique forte qui s’annonce déjà comme le véritable choc médiéval de l’année.
Hugh Jackman en vieux briscard, l’anti-Russell Crowe pour Robin des Bois
Là où Ridley Scott filmait un Robin Longstride au sommet de sa force militaire, Michael Sarnoski s’intéresse à la fin de l’histoire. Il adapte une vieille légende méconnue sur la mort du héros, un hors-la-loi vieillissant caché dans les bois, qui compte les jours et fait face à la brutalité de son passé.
Pour incarner ce héros fatigué, Hugh Jackman troque son sourire hollywoodien pour une barbe hirsute et un regard lourd de remords. Un rôle physique et mélancolique qui rappelle immédiatement sa performance magistrale dans Logan. Face à lui, la formidable Jodie Comer (Killing Eve, The Last Duel) incarne Sister Brigid, une prieure face à laquelle Robin va devoir mettre son âme à nu.
L’anti-CGI, un tournage en 35mm et de vrais incendies
La grande force de ce projet, et ce qui risque de ringardiser définitivement la version de 2010 de Robin des Bois, réside dans son authenticité visuelle. Ridley Scott avait abusé des filtres numériques et des effets spéciaux ; Michael Sarnoski, lui, a banni les écrans verts.
Le film a été entièrement tourné en pellicule 35mm dans les décors naturels, froids et boueux de l’Irlande du Nord. Le réalisateur s’est inspiré de chefs-d’œuvre bruts comme La Source d’Ingmar Bergman ou Valhalla Rising pour dépeindre un Moyen Âge âpre où la survie est un combat quotidien. Bon, hélas, on retombe encore dans le travers du Moyen Âge lugubre sans couleurs, mais c’est le propos du film qui veut ça. L’artisanat est poussé à son paroxysme, pour une scène clé, les équipes ont construit une véritable cabane en bois et en métal capable de brûler pendant 15 minutes d’affilée pour les besoins de la caméra. C’est ce que rapporte le réalisateur au sein du média avclub.

Le projet intime d’un nouveau maître du cinéma
Derrière ce projet se cache surtout un film d’auteur déguisé en film d’époque. Écrit par Michael Sarnoski lui-même avant qu’il ne goûte aux budgets colossaux d’Hollywood, On l’appelait Robin des Bois est un film « pour lui », une œuvre sur la rédemption et le poids du temps qui passe.
En refusant le grand spectacle artificiel pour se concentrer sur la vérité des personnages et la beauté brute des paysages, Michael Sarnoski pourrait bien complètement faire oublier le film de Ridley Scott.
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