Au Journal officiel a été publiée la nouvelle chronologie des médias. Elle est valide pour une durée de trois ans.

Ça y est : la nouvelle version de la chronologie des médias entre en vigueur. Un mois et demi après le compromis trouvé entre toutes les parties prenantes, les règles actualisées organisant la diffusion des films en France sont parues au Journal officiel dimanche 10 février.

Du fait de son importance dans le circuit de financement des longs-métrages, Canal+ apparaît comme l’un des grands vainqueurs de cette révision, qui n’avait pas bougé depuis 2009. Les fenêtres auxquelles la chaîne privée est soumise ont été rapprochées de la date de sortie des films en salle, de façon à pouvoir proposer des oeuvres dès 8 mois après leur sortie en salle, voire 6 mois après si elles ne font pas plus de 100 000 entrées.

Auparavant, Canal+ devait patienter un an dans le premier cas ou dix mois dans le second.

Canal+ // Source : Canal+

Plusieurs cas pour la SVOD payante

Concernant une plateforme payante de streaming comme Netflix, la situation devient par contre plus confuse puisque plusieurs hypothèses existent : si un service de vidéo à la demande par abonnement ne finance pas un film, il reste soumis à la règle habituelle qui l’oblige à patienter trois ans.

Par contre, il peut accéder à des fenêtres de diffusion plus rapprochées (30 ou 17 mois après la sortie en salle d’un film) en cas d’accord avec les organisations professionnelles du cinéma  et si certains engagements sont respectés (financement de la création française et européenne, valorisation des œuvres sur les pages du service, être à jour avec les règles fiscales, diversité des investissements, etc.).

Capture d’écran de Roma sur Netflix le 1er février 2019 // Source : Netflix

Là encore, ces deux dernières fenêtres peuvent réduites à 28 et 15 mois quand les films en jeu font moins de 100 000 entrées au cinéma.

Autrement dit, si Netflix veut profiter de fenêtres d’exploitation plus attractives, il lui faudra faire des efforts financiers et promotionnels plus conséquents que de produire une série TV comme Marseille — qui n’est de toute façon pas concernée par ce cadre.

Le géant de la SVOD saisira-t-il cette opportunité en échange de fenêtres préférentielles ? Cela reste à voir. La précédente de la chronologie, qui était loin de lui rendre la tâche facile, ne l’a pas du tout empêché d’arriver, en quelques années, à une place de quasi-monopole en France. Car le service n’a pas nécessairement besoin des films des autres : il produit en masse son propre contenu.

Résumé de la chronologie des médias (2019)

En résumé :

Fenêtre de diffusion Film Film de moins de 100 000 entrées
Vente et location (DVD, VOD, Blu-ray) 4 mois 3 mois
Canal+, OCS
8 mois 6 mois
Chaînes payantes 17 mois 15 mois
Chaînes gratuites (TF1, M6,…) 22 mois 20 mois
Plateformes de streaming gratuites 44 mois
Plateformes de streaming payantes 36 ou 30 ou 17 mois 36 ou 28 ou 15 mois

 

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