Google savait-il pour la collecte des réseaux Wi-Fi ? C’est la question que pose ouvertement un avocat américain, en s’appuyant sur une demande de brevet datant de 2008 et comportant plusieurs éléments liées à la géolocalisation et à la collecte et au traitement des données Wi-Fi. Des propos que conteste farouchement Google.

Et si la collecte des données privées issues des réseaux Wi-Fi par les Google Cars avait été préméditée ? C’est l’hypothèse formulée par un avocat de l’Oregon, Brooks Cooper, qui affirme que l’enregistrement illicite des adresses MAC et des noms de réseaux (SSID) n’est absolument pas due au hasard ou à un banale erreur de programmation d’un ingénieur. Et la preuve, selon l’avocat, est à chercher directement dans une demande de brevet (.pdf) déposée en 2008 par Google. Des allégations immédiatement contestées par la firme américaine.

À Wired, l’avocat a été très clair : « à ce stade, nous pensons qu’il ne s’agit pas d’un accident« . Il suffit selon lui de se référer à une demande de brevet qui décrit une méthode augmentant la précision des services géolocalisés – services qui pourraient permettre par exemple à des publicitaires de connaitre exactement la position d’un téléphone portable ou de n’importe quel autre dispositif nomade.

Des déclarations démenties par Google. La porte-parole de la firme, Christine Chen, a expliqué dans un e-mail que le brevet en question « est complètement sans rapport avec le code utilisé pour collecter des informations Wi-Fi avec les voitures de Street View« . Et d’ajouter par la suite qu’effectivement, cette demande de brevet porte bien sur un système de géolocalisation.

Mais toutes les demandes de brevet n’aboutissent pas nécessairement à un produit fini. Google dispose de « brevets sur de nombreuses idées que nos ingénieurs peuvent exploiter. Certains d’entre eux se transforment en produits ou services, alors que d’autres non« . En clair, la preuve de Brooks Cooper n’en serait pas une, puisqu’il ne s’agit que d’un embryon de concept.

L’affaire a causé un certain émoi du côté des CNIL européennes, chacune demandant à Google de fournir instamment les données recueillies pour les analyser. Devant la fronde, la firme américaine a accepté de renseigner les régulateurs qui en feraient la demande. Par ailleurs, à l’occasion d’une interview dans le Financial Times, Eric Schmidt a affirmé qu’une enquête interne serait menée, afin de contrôler la politique de l’entreprise en matière de confidentialité et de gestion des données liées à la vie privée.

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