Le Samsung Campus a récemment lancé son appel à candidature pour sa troisième promotion. Après deux ans de formation au code, nous avons voulu savoir quels étaient les premiers retours d'expérience des étudiants en deuxième année.

En septembre 2014, le Samsung Campus ouvrait ses portes. L’objectif : fournir une formation de développement web et d’applications mobiles à des jeunes de 18 à 25 ans non bacheliers et passionnés d’informatique. L’école est gratuite puisque Samsung en finance la totalité. L’entreprise ne gère cependant ni le recrutement ni l’encadrement pédagogique. Ces volets sont laissés entre les mains de ZUPdeCO — une association qui œuvre pour l’égalité des chances — et l’école d’informatique EPITECH.

Quelles sont les raisons qui poussent l’entreprise sud-coréenne à proposer une formation gratuite à des étudiants ?  « Cela fait partie de la démarche d’engagement sociétal menée par la compagnie en Europe. L’un des axes prioritaires est la formation de jeunes pour favoriser l’emploi », explique Florence Catel, directrice de l’engagement sociétal de Samsung Electronics France. D’autant plus que le métier de développeur souffre d’un cruel manque de main-d’œuvre. Le géant de la tech ne garantit donc pas l’embauche à la sortie de l’école mais promet de belles opportunités professionnelles.

Le Samsung Campus a lancé récemment son appel à candidature pour constituer sa troisième promotion de cinquante élèves. Ceux qui veulent tenter leur chance ont jusqu’au 18 septembre inclus pour déposer leur dossier sur le site de la formation. Aucune connaissance en code n’est pré-requise. Pour que la candidature soit retenue il faut remplir trois critères :

  • avoir entre 18 et 25 ans ;
  • ne pas être bachelier ;
  • avoir une inclination pour le monde informatique.

Une fois le dossier envoyé, le candidat reçoit un document qui l’invite à suivre un parcours déterminé sur Code Academy. Florence Catel raconte que celui-ci « permet de savoir si le code est quelque chose qui lui plait ou non ». À l’issue de ce parcours, le jeune doit réaliser un mini site web de quatre pages qu’il doit ensuite présenter devant un jury et passer un entretien.

Si ses compétences et sa motivation sont jugées satisfaisantes, il peut intégrer la piscine de trois semaines. Il s’agit d’un stage de pré-sélection très intensif qui permet de donner un aperçu ce à quoi ressemblera la formation. « La motivation est donc un point clé. La première année, c’est 1 600 heures de formation. La deuxième est en alternance. Cela demande une grosse implication et beaucoup de travail », affirme Florence Catel.

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Bien qu’elle soit intensive et éreintante, la formation, baptisée « Web & Apps Coding  », semble avoir eu un effet positif sur les étudiants actuellement en deuxième et dernière année et agit comme un ascenseur social. Samir, 23 ans, recevra son certificat dans quatre mois, en septembre. Avant de candidater au Samsung Campus, il a notamment été livreur de pizza. Aujourd’hui, il est en contrat d’alternance dans une agence de communication financière. « En candidatant, mon objectif c’était d’avoir un métier, un vrai métier, solide » confie-t-il.

Christophe, lui, a 25 ans et est également en deuxième année. Après une période scolaire « chaotique » il a travaillé pendant plusieurs années en tant qu’animateur pour les enfants. « Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas le genre de travail qui me passionnait. Du coup je me suis posé les vraies questions sur ce que je voulais faire plus tard  » témoigne-t-il. Son intérêt pour l’informatique et sa passion pour les jeux vidéo l’ont ainsi poussé à se tourner vers cette formation, même s’il n’avait aucune connaissance en code. Il est actuellement en alternance au sein d’un site d’actualité. Son rêve : travailler pour Blizzard.

« Pour moi, c’est une renaissance. Avant je n’avais rien et je suis là aujourd’hui », témoigne Samir. À tous les potentiels futurs candidats, l’étudiant n’a qu’un seul conseil : « foncez, il ne faut pas hésiter  ». « Il faut avoir envie de réussir car on passe nos journées sur le campus et on travaille encore chez soi  », précise Christophe. 

Un encadrement rapproché

Les deux étudiants interviewés se sentent tous les deux épanouis par cette formation. Ils mettent notamment en avant l’encadrement rapproché des intervenants qui leur a été bénéfique.

L’équipe pédagogique est présente sur place tous les jours pour aider les étudiants en cas de besoin. À part cela, les similitudes avec l’école 42 fondée par Xavier Niel sont nombreuses et évidentes. Florence Catel tient tout de même à nuancer en précisant qu’au Samsung Campus, le développement est plus axé sur web que sur les logiciels.

Néanmoins, les deux formations insistent l’une comme l’autre sur l’autonomie des étudiants, fonctionnent par réalisation successive de projet et ont été créées en partant du même constat : le manque important de développeurs dans le monde professionnel.

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Alors que la fin de la formation se dessine, Samir affirme qu’il se sent bien prêt à intégrer le marché du travail. Il observe d’ailleurs que les débouchés sont nombreux et qu’avec ses compétences de développeur, il est devenu facile de démarcher les entreprises. « On obtient rapidement des rendez-vous », ajoute Christophe. Et sur le lieu de travail, les étudiants sont beaucoup sollicités pendant leur alternance.

La formation proposée par le Samsung Campus est l’une des 171 premières à avoir été labellisées par la Grande école du numérique. Pour l’instant l’école délivre un certificat. Elle doit former au moins trois promotions avant de pouvoir faire les démarches qui lui permettraient de décerner un diplôme. Mais ce détail ne devrait pas représenter un obstacle dans la recherche d’emploi des étudiants.

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