Vous souhaitez découvrir les aventures emblématiques de Wonder Woman, l'héroïne culte à la riche mythologie, mais le nombre d'œuvres disponibles vous refroidit ? Suivez le guide avec cette sélection des ouvrages incontournables à découvrir avant ou après avoir vu le long métrage de Patty Jenkins.

Wonder Woman est un personnage bien plus complexe qu’il n’y parait. Née en décembre 1941 sous la plume de William Moulton Marston dans les pages d’All Star Comics, Diana est la première super-héroïne de son éditeur, DC Comics, à une époque où les femmes occupent encore une place bien trop minime dans la société américaine.

Depuis cette première mouture féministe,, la princesse amazone de Themyscira a connu de nombreux auteurs et dessinateurs, chacun doté de sa propre vision de l’univers. Éditeur de la licence DC Comics en France depuis 2012, Urban Comics a ainsi publié plusieurs œuvres de différentes périodes, signées d’auteurs importants comme George Perez, Brian Azzarello ou encore Grant Morrison.

En complément au film de Patty Jenkins actuellement en salle, voici les meilleurs comics à lire pour découvrir ou approfondir le personnage. 

La source d’inspiration du film   : Dieux et Mortels

Comment moderniser une héroïne née en pleine Seconde Guerre mondiale pour le rendre intelligible auprès des lecteurs de l’ère Ronald Reagan, au milieu des années 1980 ? C’est le défi relevé par George Perez et son co-scénariste Greg Potter avec Wonder Woman – Dieux et Mortels, où il entreprend de réintroduire l’amazone dans ce contexte nouveau tout en synthétisant plus de 40 ans d’histoires.

Si la dimension politique prime tout au long de la série, celle-ci s’ouvre sur une présentation des origines mythologiques de Wonder Woman, qui raconte la création des amazones, œuvre de Zeus et de l’Olympe pour survivre à une époque où les hommes ne prient plus les dieux grecs.

Des premiers jours de cette communauté entièrement féminine, en passant par la naissance de Diana à partir d’une sculpture en argile investie des pouvoirs divins, jusqu’à son parcours initiatique et son passage rituel lui donnant le titre de Wonder Woman, les 30 premières pages sont à l’image de cette série : la reprise synthétique des caractéristiques emblématiques du personnage pour lui conférer une nouvelle origine, dans un mélange improbable (mais réussi) entre guerre froide et mythologie grecque. Cette base est tellement solide qu’une bonne partie du film de Patty Jenkins s’en inspire directement. Un classique qui n’a pas vieilli.

Wonder Woman plongée dans le monde politique américain

Autre époque, autre ambiance : au début des années 2000, Greg Rucka succède à George Perez sur Wonder Woman. Avant d’hériter de la série, l’écrivain de polar qui s’est fait remarquer pour son travail sur Batman, avait déjà signé The Hiketeia, un récit long sur l’héroïne. Ces trois albums d’Urban Comics compilent les deux œuvres.

DansThe Hiketeia, Wonder Woman, ambassadrice de Thermalisera aux États-Unis, prend sous son aile une réfugiée de son île natale, qu’elle doit protéger face au système politique américain mais aussi face aux filles de la Gorgone.

On retrouve, dès ce premier essai, tous les éléments qui feront la force de Greg Rucka dans la série principale : le développement psychologique d’une Diana à la fois emplie d’espoir à l’idée de voir changer le monde des hommes et en même temps affectée par la cruelle incompréhension de ce dernier. Si le récit est loin d’être spectaculaire, il offre un face à face mémorable avec Batman et une réflexion intéressante.

La série régulière de Rucka, elle, oscille entre intrigues politiques et aventures face à des créatures mythologiques, mélangeant petit à petit les enjeux des deux mondes. Tout l’intérêt réside dans le développement des personnages, servis par des dessins globalement efficaces, notamment eux signés de Drew Johnson.

Que vous soyez amateur d’intrigues politiques ou curieux de voir une super-héroïne confrontée à la fois à des menaces médiatiques et fantastiques, le travail de Greg Ruck est un must-have.

L’amazone au lendemain du 11-Septembre

Avec sa collection Terre Un, DC Comics tente de briser de répétition propre aux récits de « nouvelles » origines des héros emblématiques en invitant des auteurs de prestige à moderniser des figures comme Batman ou Superman. L’illustre Grand Morrison s’est prêté au jeu avec Wonder Woman – Terre Un dès 2016.

En seulement 144 pages, le scénariste écossais développe sa vision du personnage tout en le faisant entrer pleinement dans le XXIe siècle. Le tout grâce à un récit dynamique, d’une richesse scénaristique inégalée, qui de l’émancipation des femmes du joug d’Hercule puis se penche sur le procès de Diana, qui a quitté la cité de l’Île du Paradis contre l’avis de sa mère. Une cité entre architecture greco-romaine et technologie futuriste, subtilement mise en image par Yannick Paquette dans un savant dosage entre découpage inventif et planches grandiloquentes.

Grant Morrison ancre sa réécriture des origines de Wonder Woman dans notre époque, celle du monde post 11-Septembre. C’est l’occasion d’évoquer la déconstruction du patriarcat tout en affirmant des positions progressistes, le tout en privilégiant clairement la réflexion à l’action — on dénombre à peine deux combats. Si vous cherchez un seul et unique album sur Wonder Woman, plus la peine d’hésiter : ce premier tome de Terre Un est indispensable.

Une amazone plus guerrière que jamais

En 2011, lorsque DC Comics relance toutes ses séries au numéro 1, Brian Azzarello — auteur des irrévérencieux 100 Bullets et Hellblazer — reprend Wonder Woman avec une idée bien précise en tête : dépoussiérer de fond en comble la mythologie de l’héroïne.

Dès le premier tome, il redéfinit l’origine de la princesse de Themyscira en lui offrant une véritable dimension shakespearienne, qui tient notamment à l’importance occupée par les filiations. Diana se retrouve ainsi dans la position de protectrice d’une jeune femme portant l’enfant de Zeus. L’héroïne, plongée dans une intrigue policière dont dépend le trône de l’Olympe, se révèle beaucoup plus guerrière, féroce et avenante que ses précédentes incarnations.

La réussite du run de Brian Azarello, des plus rafraichissants, tient aussi au dessinateur Cliff Chang, un jeune artiste qui s’affirme d’épisode en épisode, avec un style à la fois très fin, cartoon mais aussi grandiloquent, porté par des couleurs à la limite du pastel. On vous recommande chaudement cette série complète de 36 épisodes en 6 tomes.

Bonus : l’art de Wonder Woman

Il existe bien évidemment de nombreux autres auteurs et récits qui ont marqué l’amazone, mais ces 4 titres sont, à nos yeux, les meilleurs en France. Et comme Urban Comics ne fait jamais les choses à moitié, sort également ce mois-ci la magnifique bouquin Tout l’Art de Wonder Woman, écrit par Robert Greenberger.

Celui-ci revient sur toute l’histoire de l’amazone depuis sa création, en décortiquant sa mythologie et les processus créatifs qui l’ont construite depuis plus de 75 ans. Un art-book riche, aux textes des plus complets et passionnants, ponctués de dessins emblématiques voire de petites histoires de quelques pages — dont la toute première aventure de l’amazone, publiée dans les pages d’All Star Comics #8.

À lire sur Numerama : Les 3 comics à lire avant d’aller voir Les Gardiens de la Galaxie vol.2 au cinéma

Partager sur les réseaux sociaux