850.000 utilisateurs enregistrés pour SpiralFrog ; deux millions de visiteurs uniques rien que pour le mois de mars 2008. Ce sont ces chiffres qui font claironner à SpiralFrog être la troisième plateforme de téléchargement d’Amérique du Nord, derrière iTunes, Rhapsody, et devant Amazon.

Pour rappel, SpiralFrog est cette plateforme de téléchargement ayant proposé aux internautes nord-américains le catalogue d’EMI et d’Universal en libre téléchargement, avec DRM, et financé par la publicité. Jusqu’ici, le service ne semble avoir provoqué que peu d’émoi, et s’est bien plus distingué dans la presse par ses finances catastrophiques que par un réel engouement des consommateurs.

« En un temps relativement court, SpiralFrog a fédéré un grand nombre de fans de musique, en particulier dans les collèges et lycées » explique pourtant Joe Mohen, fondateur et directeur du portail. « Leur volonté d’expérimenter une nouvelle façon de découvrir la musique sans les risques associés aux sites pirates nous aide à grandir. La communauté publicitaire reconnaît la plateforme SpiralFrog comme un puissant medium pour délivrer un message. » Selon Mohen, le service gagnera la deuxième place d’ici la fin 2008.

Joe Mohen tape juste sur un point. Les jeunes auditeurs cherchent un moyen de découvrir la musique en minimisant si possible les risques liés au piratage. Là où il se montre en revanche peut être un peu trop optimiste, c’est quand il estime que sa plateforme se hissera fin 2008 juste derrière iTunes.

C’est d’abord ignorer la montée fulgurante d’Amazon, qui est la première plateforme américaine à proposer le catalogue payant des quatre majors sans DRM ; en fait, la plateforme que les observateurs considèrent comme la seule à pouvoir vraiment faire le poids face à iTunes.

Ensuite, Joe Mohen accorde trop d’importance au nombre d’enregistrements sur SpiralFrog. 850.000 inscrits suffit-il à se proclamer troisième plateforme de téléchargement ? Assurément non. Si SpiralFrog est parvenu à cette performance, c’est en grande partie dû à la curiosité des internautes. Il est certain qu’un grand nombre d’entre eux, ayant entendu parlé d’un service légal en libre téléchargement, aient voulu l’essayer. Il paraît peu probable qu’ils en soient pour autant restés fidèles, car sur SpiralFrog la publicité est tellement envahissante qu’elle fait fuire la plupart des utilisateurs.

Quoiqu’il en soit, la plateforme continue son bonhomme de chemin. Elle vient de signer un accord avec Warner/Chappell Music pour diffuser son catalogue d’éditions. « Nous recherchons perpétuellement de nouvelles sources de revenus pour nos artistes et compositeurs ; nous voulons soutenir les nouvelles méthodes de distribution » a déclaré Ann Sweeny, vice-présidente exécutive de Warner/Chappell. « Nous espérons que notre catalogue de chansons classiques et contemporaines élargira son audience grâce à la plateforme numérique de SpiralFrog. »

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