La fièvre Radiohead touche aussi la France. Cela fait deux semaines consécutives que l’album est numéro un des charts, autant pour les albums physiques que numériques. Même chose pour l’Australie ou le Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, In Rainbows gagnait le top 5 avant de s’envoler finalement à la première place. Ayant claqué la porte d’EMI, le groupe s’était tourné vers l’indépendant XL Recordings pour commercialiser l’album dans les réseaux traditionnels. En France, c’est Naïve qui a recueilli le bébé. La maison de disque doit se frotter les mains, après l’échec du dernier Carla Bruni.

Le succès de Radiohead est donc incontestable. Reste à savoir le rôle qu’a joué la distribution gratuite dedans. Le groupe, abonné aux premières places, était-il de toute façon voué au succès ? Rappelons que si Kid A voyait naître le même engouement, la performance de Hail to the Thief était légèrement moins probante. Il paraît difficile de savoir dans quelle mesure l’opération a contribué ou non au succès de In Rainbows. Reste qu’il bat en brèche les suspicions des maisons de disque quant à la diffusion gratuite – notamment sur le peer-to-peer – des œuvres. Comment expliqueraient-elles sinon qu’In Rainbows réussisse à devenir la deuxième vente d’iTunes, alors même qu’il était diffusé gratuitement sur Internet quelques mois auparavant ?

Les modes de diffusion s’additionnent, gonflent le buzz. Ils n’apparaissent pas au détriment d’autres. Au plus ils sont nombreux, au mieux ils épouseront les différentes habitudes des consommateurs. Comme le remarquait Guy Hands, vouloir cantonner la distribution à une seule même solution pour tous est une erreur. In Rainbows en est la preuve.

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