Aux Etats-Unis, Rick Keller avait introduit une loi visant à octroyer des fonds aux universités qui aideraient la RIAA à mener sa campagne de lutte contre le piratage. Les établissements américains sont partagés ; certains soutiennent sans broncher l’association, d’autres s’y opposent catégoriquement et ne donnent pas suite à ses courriers. Mais si il y en a une qui s’est particulièrement illustrée, c’est la Columbia University, une des universités faisant partir de l’Ivy League dernièrement visé par l’organisme. L’établissement ne s’est pas en effet juste contenté de faire suivre les plaintes de la RIAA, mais a carrément décidé de créer un département qui travaillerait (presque) pour le compte l’association !

« Columbia a annoncé son intention de créer un comité de propriété intellectuelle » explique le journal interne de l’université. Il s’agit « d’un bureau administratif qui fournira un soutien éducationnel à propos des lois sur le copyright et qui ouvrira au début de l’année sous la direction de Kenneth Crews, un enseignant renommé pour ce qui concerne ces questions. En plus de ça, l’université assume déjà une position active contre le partage de fichiers, demandant à tous les étudiants de signer un accord dans lequel ils déclarent ne pas utiliser Internet pour enfreindre la propriété intellectuelle et qu’ils acceptent de participer à la formation sur le sujet pendant le nouveau programme annuel d’orientation des étudiants. »

Bref, voilà de quoi réjouir les étudiants de l’établissement. La lutte contre le piratage est devenu un enjeu majeur dont ils subiront la propagande au même titre que si ils assistaient à une conférence sur les dangers de l’alcool au volant. Et tout ça, bien sûr, grâce aux deniers publics. Si l’on ne s’étonnerait pas de voir ce genre d’initiative pour des causes dont il est largement admis qu’elles méritent d’être défendues, il est pour le moins surprenant d’appliquer le procédé à un domaine où les avis sont largement partagés. Il faut dire que les Etats-Unis nous avaient déjà surpris par le passé en imposant par exemple aux établissements de présenter la thèse créationniste à côté de la théorie de l’évolution de Darwin. De là, rien d’étonnant à ce que les universités lancent des programmes à l’utilité vraiment douteuse.


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